A l’écoute des échoués…

Mardi 9 février, un marsouin s’est échoué sur la plage de la Pointe de Capbreton. Le même jour, un autre dauphin trouvait la mort à Soustons-plage. Le Centre de recherches sur les mammifères marins de La Rochelle, le CRMM, publie chaque année les statistiques de ces décès de bord de mer et, en 2008, 111 individus ont perdu la vie sur le littoral landais.

Ce problème, Alexandre Dewez l’étudie depuis plus de douze ans. Il a participé à plus de 1 200 interventions sur les échouages de cétacés vivants et morts le long du littoral basco-landais. Conséquences : l’éditeur scientifique de métier et passionné de la faune marine présente aujourd’hui des pathologies pulmonaires chroniques. « À l’époque, nous travaillions dans de mauvaises conditions », résume-t-il, évoquant l’absence de masques et la découverte progressive de parasites contenus dans les corps échoués des mammifères marins, potentiellement contagieux pour l’homme. Retour sur 30 ans de recherches et de progrès.

À la fin des années 70, Alexandre fait partie d’un groupe de passionnés, souvent des bénévoles, tentant, sans beaucoup de moyens, de percer les mystères de ces animaux des océans. Il participe à la création du CRMM, en même temps qu’il travaille au sein d’un groupe d’études des cétacés en Méditerranée. Il se souvient encore aujourd’hui de sa rencontre avec Anne Collet, biologiste spécialiste des cétacés aujourd’hui internationalement reconnue.

Afin de mieux comprendre le phénomène des échouages, Alexandre crée le Gefma, le groupe d’études de la faune marine atlantique, à Capbreton, en 1996. Le siège est maintenant à l’écomusée de la mer. « Nous nous sommes entourés de biologistes, de vétérinaires et nous avons essayé de comprendre les causes de ces échouages. Nous avons commencé à effectuer des prélèvements sur tous types de delphinidés échoués. Nous recherchions des toxines dans les organes internes, déterminions l’âge grâce aux dents prélevées qui nous permettaient aussi de déceler d’autres toxines. »

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Le reflet d’un écosystème

L’équipe étudie les capacités de résistance à la pression et au froid, l’acoustique et, finalement, procède à des recherches sur les parasites. « C’est à cet instant que nous avons commencé à trouver des brucelloses. Les médecins connaissent les brucelloses terrestres, on en trouve chez les vaches, les cochons et les moutons, mais ils ne connaissent pas celles de faune sauvage et encore moins de mammifères marins. » Ces parasites peuvent être dangereux pour l’homme, provoquer de grosses fatigues jusqu’à la stérilité. Autre fait d’arme, l’association n’a pu que constater l’apparition d’échouages de marsouins communs, une espèce très étudiée, c’est un bio indicateur, le reflet de l’état d’un écosystème global.

Une équipe de bénévoles continue de sillonner le littoral. « L’expérience du Gefma sert aussi à donner envie aux jeunes de s’impliquer, de prendre le relais. » L’association a permis de mieux recenser les populations échouées, à réaliser des fiches sur la conduite à tenir en cas d’échouage, publie régulièrement les résultats des autopsies.

Grâce au travail d’Alexandre, de Jacques Farré, aujourd’hui trésorier, et de tous les autres, un plan de gestion des risques sanitaires aquatiques existe maintenant au niveau régional.

GEFMA   Source : sudouest.com  (17.02.10)

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