Procès public contre les massacres de Cétacés : compte-rendu de l’événement…

Réseau-Cétacés a participé au procès public contre les massacres de Cétacés, en tant que co-plaignant, le 22 février dernier, à Genève, devant la Cour Internationale de Justice des Droits de l’Animal. Celui-ci a été organisé à l’initiative de la Fondation Franz Weber ; nous profitons d’ailleurs de la rédaction de ce compte-rendu pour remercier la Fondation de sa remarquable initiative !

Voir : Les massacres de cétacés devant la Cour Internationale de Justice des Droits de l’Animal !

L’accusation porte sur les massacres de baleines et de dauphins commis par les Iles Féroé, la Norvège, l’Islande, le Groenland et le Japon. En effet, ainsi que la Fondation Franz Weber le souligne : de larges régions des océans considérés autrefois comme inépuisables, sont aujourd’hui stériles et la chasse et la destruction des grands cétacés – baleines et dauphins – se poursuit systématiquement et cruellement en dépit du moratoire décrété par la Commission internationale de la pêche à la baleine (IWC). Le procès s’argumente sur de nouvelles connaissances et informations, sur des témoignages de témoins oculaires et sur du matériel documentaire habituellement inaccessible au public.

Les accusés, quant à eux, ont brillé par leur absence… Mais qu’à cela ne tienne, la qualité des intervenants – ONG, éminents scientifiques, témoins oculaires etc… – et de leur discours ne laissait, de toute façon, aucun doute subsister sur l’inutilité et la barbarie des massacres.

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Dès le 23 février, un article – résumant de manière tout à fait correcte le déroulement du procès -paraissait sur LeMatin.ch : Cruelle, dangereuse, inutile. La chasse à la baleine et au dauphin n’a bénéficié d’aucune clémence hier devant la Cour internationale de justice des droits de l’animal à Genève. Présidée par Franz Weber, l’instance a reconnu coupables Hirotaka Akamatsu, ministre japonais de l’Agriculture, Lisbeth Berg-Hansen, ministre norvégienne de la Pêche, Jón Bjarnason, ministre islandais de la Pêche et de l’Agriculture, Ane Hansen, ministre de la Pêche, de la Chasse et de l’Agriculture au Groenland, et Jacob Vestergaard, ministre des îles Féroé de la Pêche et de l’Energie. Ces cinq responsables sont les représentants de pays qui pratiquent la chasse aux mammifères marins. Chaque année, 2000 grandes baleines sont tuées, ainsi que des milliers de petites baleines et de dauphins. Entre autres pour leur viande dont la Cour a rappelé la dangerosité pour l’homme. Les cinq ministres ont été condamnés pour violations des lois internationales, complicité et encouragement aux massacres des baleines et des dauphins, pillage d’un patrimoine naturel vivant et actes de cruauté commis sur des animaux appartenant à la faune sauvage protégée sur le plan mondial. 

Tout au long de l’audience il aura beaucoup été question des horribles conditions dans lesquelles les cétacés sont abattus. Les images ainsi que les récits d’experts et de personnes ayant assisté à des mises à mort ont glacé le public. Dauphins rabattus sur la berge à Taiji, au Japon, frappés, agonisant dans leur sang pendant de longues minutes avant d’être découpés ; baleines harponnées se débattant, les chairs déchiquetées, et hissées vivantes sur des bateaux en Islande ; globicéphales – des dauphins aussi connus sous le nom de baleine pilote – achevés au couteau sur les rives des îles Féroé. La liste des exactions donne la nausée. Philippe Roch, ancien secrétaire d’Etat à l’environnement, a souligné « la parenté entre l’homme et les mammifères marins qui possèdent des capacités intellectuelles et sensitives très élaborées ». Pour lui, « la limite que nous avons fixée pour le genre humain qui interdit le cannibalisme et la peine de mort doit s’étendre aux animaux physiologiquement et psychiquement proches de l’homme ». Glacialement mathématiques, les explications du vétérinaire britannique Andrew Butterworth ont fait froid dans le dos de l’assistance. Il a expliqué que dans la majorité des cas, les baleines n’étaient jamais harponnées à la tête mais dans des zones où la mort est loin d’être immédiate. Abdomen, thorax, muscles dorsaux, suivant l’endroit atteint, une baleine peut mettre 120 minutes à mourir. « Nous tolérons pour les mammifères marins des méthodes de mise à mort que nous n’accepterions pour aucune autre espèce au monde », a conclu le vétérinaire.

Soutien à l’Australie 

2010 étant l’Année de la biodiversité, la problématique de l’extinction de certaines espèces a été soulignée. Selon Ocean Care, une des quinze ONG présentes au procès, les données relatives à la population de baleines utilisées pour légitimer la reprise de la traque sont fausses. Les cétacés seraient bien moins nombreux que ce que prétendent les pays chasseurs. Les estimations de cachalots par exemple vont de 2 millions à 360 000 individus. Devant ces éléments, la Cour internationale de justice des droits de l’animal n’a pas hésité à énoncer son verdict. Elle a exigé l’extension du moratoire en vigueur pour les grandes baleines à tous les cétacés, demandé à toutes les nations maritimes de proclamer sanctuaire leurs côtes et prié l’Organisation mondiale de la santé de mettre en garde sur la consommation de produit de cétacés. Le tribunal a également appelé tous les Etats à soutenir l’Australie dans son action juridique contre le Japon dont des bateaux chassent la baleine en Antarctique. Dimanche, la Nouvelle-Zélande s’est dite prête à rejoindre l’Australie. La Cour mise sur pied par Franz Weber compte beaucoup sur l’opinion publique. Instaurée en 1979, l’instance organise des procès fictifs et ses jugements n’ont pas de force contraignante. Mais ses actions font parler. Et Franz Weber sait manier une arme qui peut faire plier bien des pays, dont le Japon : le gaiatsu, la pression extérieure.

Une chair remplie de substances toxiques 

Selon Sandra Altherr de Pro Wildlife, la chair de baleine et de dauphins est toxique. Maillons finaux d’une chaîne alimentaire complexe, les cétacés voient des substances toxiques s’accumuler dans leurs tissus, en particulier du mercure et du PCB. En 2002, des scientifiques ont trouvé dans des supermarchés japonais des traces de mercure 5000 fois supérieures aux limites autorisées. Ce qui n’empêche pas le gouvernement japonais de distribuer régulièrement des plateaux-repas gratuits contenant de la viande de cétacé ! Aux îles Féroé, dans les communes où la chair de baleineau (NB : il s’agit de chair de globicéphale) est distribuée, beaucoup d’enfants présentent des troubles neurologiques, selon des études médicales. Quant au Groenland, les enfants naissent avec un poids de naissance réduit.

Verdict intégral

Comme nous vous le disions précédemment, la qualité des intervenants et de leur discours nous ont permis de collecter des informations de grande qualité, que nous ne manquerons pas d’exploiter pour les actions à venir. A ce propos, nous espérons avoir prochainement la possibilité de diffuser ces informations sur le site. Ce procès a également été l’occasion de rencontrer et d’échanger avec nos homologues internationaux. Nous avons notamment co-signé un courrier rédigé à l’initiative de Ocean Care ; celui-ci demande instamment à l’industrie de la captivité de stopper tout commerce de dauphins issus des battues annuelles au Japon.

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Sanctuaire pour les baleines...