Québec : l’île où l’on dépeçait les baleines…

(Québec) Située devant la ville de Trois-Pistoles, à quatre kilomètres du rivage, l’île aux Basques, une petite terre boisée de deux kilomètres de long sur un demi-kilomètre de large, doit son nom aux pêcheurs Basques qui l’ont fréquentée au XVIe siècle.

Tout comme les îles qui sont la propriété de Duvetnor, cette petite île sauvage est amoureusement protégée. Elle appartient à la Société Provancher d’histoire naturelle, qui s’en est portée acquéreur en 1929, dans un but de conservation. La Société Provancher possède également les Razades, deux îles minuscules situées à proximité. L’île aux Basques est consacrée Lieu historique national du Canada depuis 2001.

De la marina de Trois-Pistoles, le capitaine Jean-Pierre Rioux (maire de Trois-Pistoles) vous y mène en 15 minutes à bord de son bateau, le Léon Provancher. Vous ne pourrez toutefois vous aventurer seul dans l’Île, car il est obligatoire de suivre le guide. fin whale-- (C) headharbourlight_FLickr.jpgHabiles pêcheurs

«La présence basque au Canada se retrouve surtout à Terre-Neuve et au Labrador. Il est exceptionnel de la trouver dans l’estuaire du Saint-Laurent», explique d’emblée le guide Marc-André Lemay. C’est en 1584 que les pêcheurs basques débarquent pour la première fois dans cette petite île, qu’ils fréquenteront à plusieurs reprises jusqu’en 1630. Ces derniers vont chasser la baleine franche boréale à l’embouchure du Saguenay. Comme l’Île est à l’abri des vents dominants, les pêcheurs s’installent dans les anses sablonneuses pour y dépecer les baleines. Puis, ils font fondre la graisse des mammifères dans des fours pour en récolter une huile qui sert à éclairer l’Europe.

Trois de ces fours ont été retrouvés dans l’Île. Ils constituent un des attraits de la visite. Des fouilles archéologiques ont également permis de retracer une présence amérindienne dans l’Île, avant l’arrivée des Basques.

L’intérêt de l’île aux Basques ne réside pas seulement dans son aspect historique : l’Île est un morceau de nature protégée au milieu du Saint-Laurent. Lorsque le frère Marie-Victorin vient y recenser les plantes, il évoque dans ses écrits une petite forêt au centre de l’Île. Aujourd’hui, l’Île est boisée sur presque toute sa superficie. Elle est constituée d’une abondance de conifères, dont le sapin baumier, l’épinette blanche, l’épinette noire, et de quelques feuillus, tels le bouleau à papier, le peuplier faux-tremble… Elle abrite aussi une flore maritime où figurent salicorne, pois de mer, persil de mer et rosiers sauvages, qui prolifèrent sur ses grèves…

Le contour de l’Île se dessine d’un relief accidenté, où alternent grèves de galets et de sable. L’anse d’en Bas, avec sa petite baie toute ronde, est l’un des plus beaux endroits de l’Île. L’anse à la Canistre évoque pour sa part un épisode de la prohibition.

Paradis des oiseaux

L’île aux Basques est le paradis des oiseaux et des ornithologues. En tout, 229 espèces d’oiseaux y ont été répertoriées. On peut y voir des espèces aquatiques, telles les cormorans à aigrettes, le grand héron, l’eider à duvet, le goéland argenté et le goéland marin… Et des espèces terrestres, telles les mésanges, les sittelles, les roitelets, les troglodytes…

L’Île sert également de halte migratoire au printemps. On y observe alors les bernaches, les macreuses, les guillemots à miroir… On peut aussi y croiser à l’occasion quelques lièvres, renards roux, castors… Enfin, les moustiques et les maringouins semblent bien s’y plaire également (n’oubliez pas le chasse-moustiques)!

L’Île possède un petit étang d’eau douce en son milieu. Trois chalets rustiques sont disponibles pour la location… à la condition d’être membre de la Société Provancher d’histoire naturelle.

 Source : cyberpresse.ca  (31.07.10)

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