Paris : 10 millions de visiteurs épatés par la Grande Galerie de l’évolution…

PARIS – Longtemps considérée comme un lieu obscur encombré d’animaux empaillés poussiéreux, fermée durant près de trente ans, la Grande Galerie de l’évolution du Muséum a bien failli rejoindre les rangs des espèces disparues. Elle fête pourtant vendredi son 10 millionième visiteur.

Signe des temps, le terme « empaillé » n’est d’ailleurs plus du tout d’actualité, le polystyrène ayant depuis longtemps remplacé la paille à l’intérieur des animaux naturalisés. Vedette de la Galerie avec ses six mètres de long et ses impressionnants tentacules, Wheke (« calmar » en maori) est encore plus moderne. Ce spécimen de calmar géant, plus grand invertébré recensé dans le monde, a fait l’objet d’un traitement par « plastination », procédé consistant à remplacer les liquides contenu dans son corps par une résine plastique durcissante.

Contrairement à tous ses congénères, il peut donc être présenté tel qu’il vivait dans son milieu naturel, et non pas immergé dans du formol ou de l’alcool. Une première mondiale exposée à la Galerie depuis mars 2008.Boudée par le public et fermée durant près de trente ans, la Galerie revient de loin. A son inauguration en 1889 pour l’exposition universelle, quelques mois après la Tour Eiffel, la « galerie de Zoologie » remporte certes un vif succès, au point d’être surnommée le « Louvre des sciences naturelles ». Mais au fil des décennies les locaux vieillissent, de même que les collections s’entassant dans la Galerie, qui tient plus de l’entrepôt réservé aux passionnés que du musée destiné au grand public.

Endommagée par des bombardements de la seconde Guerre mondiale, elle finira par être fermée au public en 1965.Il faudra attendre 1986 pour que sa rénovation soit inscrite parmi les grands projets d’Etat, et 1991 pour que les travaux débutent effectivement.La métamorphose s’opère enfin en juin 1994, avec l’ouverture de la Grande galerie de l’évolution, qui présente les collections de zoologie sous l’angle nouveau et pédagogique de l’évolution de la vie. Rorqual bleu (C) Chloe Yzoard.jpg Les monumentaux squelettes de baleine australe et de rorqual bleu qui accueillent le visiteur au rez-de-chaussée ou la « caravane africaine » qui défile au premier étage sont désormais devenus emblématiques.Les 7.000 spécimens exposés ne représentent que 0,01% des collections du Muséum (environ 68 millions au total).

Une grande partie de ce fonds est conservé dans la zoothèque, sorte de « bunker » souterrain enfoui sous la Grande galerie. Une gigantesque réserve qui abrite 30.000 oiseaux, 5 à 6.000 mammifères de toutes tailles, 700.000 poissons, etc., tous préservés de la lumière naturelle et conservés à la température constante de 14 ou 15° C.Moins d’un an après l’inauguration par le président François Mitterrand, le cap du million de visiteurs était déjà franchi, puis 5 millions à l’été 2002.Le 10 millionième visiteur sera accueilli ce vendredi matin, en l’occurrence une classe de CE1.
Preuve du renouveau de la Galerie, les jeunes, en grande majorité âgés de moins de onze ans, constituent aujourd’hui près de la moitié de ses visiteurs
.Source : lexpress.fr  (26.11.10) 

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