Le Delphinarium de Harderwijk souhaite le maintien en captivité de l’orque Morgane…

Le 10 décembre dernier, le Delphinarium de Harderwijk, aux Pays-Bas, a annoncé que son équipe d’experts ne jugeait pas la jeune orque Morgane comme étant apte à être remise en liberté. Les dirigeants du delphinarium ont ainsi émis une recommandation de son maintien définitif en captivité au gouvernement hollandais, qui décidera du sort du cétacé.

La petite orque sauvage, dont l’âge est estimé entre 2 et 4 ans, avait été trouvée seule, errante et très amaigrie en mer de Wadden, au large du littoral hollandais. Le gouvernement hollandais avait alors autorisé l’équipe vétérinaire du delphinarium à la capturer le 23 juin, afin d’évaluer son état de santé.

Depuis, l’orque a retrouvé un poids normal et le delphinarium permet au public de la voir depuis le mois d’aout dans son petit bassin de soins. La saison habituelle d’ouverture du parc a même été étendue afin de permettre aux visiteurs de venir voir l’orque ; une espèce exhibée dans seulement 11 delphinariums internationaux. June 2010 (C) Erwin Winkelman_FLickr.jpgLe groupe Freemorgan, constitué de nombreux experts et scientifiques spécialistes de l’espèce, soutient qu’un effort de réhabilitation de l’orque en vue de son éventuelle remise en liberté devrait d’abord être envisagé avant de la condamner à une vie en captivité. Il a émis un rapport détaillant chaque étape du processus de réhabilitation dans un enclos en mer et souligne que ce processus permettrait d’obtenir des données scientifiques inédites pour la conservation de l’espèce.

D’après leurs connaissances, et citant les cas des jeunes orques Springer et Luna, deux membres de la population résidente de Colombie Britannique, Morgane devrait être capable de chasser pour se nourrir. L’analyse de ses vocalisations a permis de déterminer que Morgane faisait probablement partie de la population d’orques de Norvège.

Les experts rappellent que les orques ne peuvent pas être maintenues dans des conditions adéquates en captivité, de par leur taille, leur degré d’intelligence et leur structure sociale. Le stress subi par ces prédateurs en captivité, les spectacles, le bruit, l’ennui et l’absence de prédation de proies vivantes sont les facteurs contribuant à l’immuno-dépression et à une mortalité « trois fois plus élevée chez la population captive par rapport aux populations sauvages » soumises aux aléas de la vie en mer et ne disposant d’aucun recours aux soins vétérinaires en cas de maladie. Ainsi 156 orques ont déjà trouvé la mort en captivité depuis les premières captures de l’espèce pour son exhibition au public.

Le groupe d’experts souligne également que la décision du delphinarium de Harderwijk n’est pas neutre du fait que l’entreprise vit de l’exhibition de cétacés captifs. L’intérêt des parcs marins pour la jeune femelle, au potentiel reproductif considérable, est conséquent car elle apporterait un patrimoine génétique « neuf » aux programmes de reproduction de l’espèce en captivité pratiqués par SeaWorld aux USA, le Loro Parque en Espagne, le Marineland d’Antibes en France et le Kamogawa Sea World au Japon. Outre le potentiel reproductif, les orques rapportent énormément d’argent aux delphinariums et la valeur d’une orque en âge de se reproduire est de 10 millions de dollars.

Source : freemorgan.com   (15.12.10) Site internet pour la réhabilitation et remise en liberté de Morgane : freemorgan.com
Infos en lien :
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