Réchauffement climatique : pour les baleines, un festin de krill… peut-être éphémère…

Publiées le 27 avril dans la revue scientifique en ligne PLoS ONE, les conclusions d’une expédition américaine de six semaines dans les eaux antarctiques en mai 2009 et 2010 décrivent une modification importante du comportement du krill – et des baleines qui s’en nourrissent – à cause de la fonte de la banquise. Une explosion de vie à court terme, mais une grave menace à long terme.

Lors de l’automne austral en mai 2009, puis en mai 2010, des chercheurs de la Duke University ont effectué à Wilhelmina Bay, dans l’Antarctique, le suivi d’un super-banc de krill (petits crustacés) et des baleines qui s’en gavaient : ils ont mesuré la biomasse du krill à environ 2 millions de tonnes, et observé 306 baleines à bosse – soit environ 5,1 baleines par kilomètres carrés, la densité la plus élevée jamais enregistrée dans ces parages.

« Une telle agrégation incroyablement dense de baleines et de krill n’a jamais été vue auparavant dans ce secteur à cette époque de l’année », souligne le biologiste marin Douglas Nowacek. Mais ils ont également constaté que les petits fragments de glace flottante couvraient moins de 10 % de la baie.

Autour de la péninsule occidentale de l’Antarctique, le krill, consommé par de nombreuses espèces d’oiseaux et de mammifères marins, et péché par l’homme pour nourrir les saumons d’élevage, migre habituellement, à l’automne austral, vers les baies et les fjords riches en phytoplancton, où il hiberne sous le couvert de glace protecteur. Il y a une forte corrélation entre la quantité de banquise formée et la quantité de krill qui survivra à l’hiver long et rigoureux de l’Antarctique.

« L’absence de glace de mer est une bonne nouvelle pour les baleines dans le court terme, leur fournissant des festins de krill, lequel migre verticalement vers la surface de la baie chaque nuit. Mais c’est une mauvaise nouvelle à long terme pour les deux espèces, et pour tout ce qui, dans l’océan Austral, dépend du krill », conclut Ari S. Friedlaender, également chercheur à la Duke University. Antarctica(C) Christian Revival Network_Picasaweb.jpg

Source : maxisciences.com  (30.04.11)

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