Top 10 des déchets qu’on retrouve le plus souvent sur les plages

Armé de votre harpon, masque, tuba, vous pensiez chasser la méduse. Mais sous l’eau, le rayon poissonnerie à laissé place à l’électroménager. L’échec est cuisant.. et votre sac plastique, vide. Les vacances commencent mal.Sélectionné et édité par Tristan Berteloot

L’été a enfin commencé ! Comme tous les ans, des milliers de vacanciers vont profiter des côtes européennes à la recherche de repos, de soleil et d’un coin de sable où poser leur serviette. De leur côté, les collectivités locales vont redoubler d’efforts pour proposer aux touristes des « plages propres ». Tous les matins, à l’aube, le grand bal des nettoyages mécaniques aura lieu sur les communes littorales. Le but : pas un déchet visible à l’horizon !

Sous nos pieds, du sable. Mais pas seulement…

Ces nettoyages systématiques des plages en été ne permettent pas aux citoyens de prendre conscience de l’ampleur de la pollution que subissent nos mers et nos océans. Chaque seconde, ce sont 206 kg de déchets plastiques qui sont déversés, et tous sont d’origine humaine. Le groupe d’experts des Nations Unies sur les pollutions marines estime que 80% des déchets aquatiques viennent de l’intérieur des terres. Ils sont jetés en amont, dans les villes ou villages, ou s’échappent des filières de collecte et arrivent dans les océans par les cours d’eau. Les 20% restants sont abandonnés sur les rivages ou sont rejetés directement en mer par les activités maritimes (transport maritime, plaisance, pêche, ostréiculture, activités nautiques…).

Tous les jours, avec les marées, ce sont des milliers de déchets qui viennent s’échouer sur nos plages et qui doivent être ramassés par les services communaux, souvent débordés par ces « trouble-fêtes ». Ces arrivages ne représentent pourtant que la partie émergée de l’iceberg. Sous l’effet des pluies, du vent et des courants marins, les déchets aquatiques peuvent également flotter jusqu’à des zones d’agglomérations. La majeure partie d’entre eux finiront par couler.

Afin de sensibiliser la population à la problématique des déchets aquatiques, Surfrider organise depuis 16 ans les Initiatives Océanes grâce à la participation de milliers de bénévoles. Cet événement permet à tous les citoyens de s’impliquer dans la lutte contre les déchets en organisant des opérations de sensibilisation autour de nettoyages de plages.

En 2011, 3.800 m3 de déchets ont été collectés à travers le monde, soit l’équivalent de 38 bus scolaires pleins à ras bord. (C) Chloe Yzoard2307.jpgLes champions des nuisibles

De cette expérience de terrain, voici les déchets les plus communément retrouvés dans nos océans et sur nos littoraux :
– Produits hygiéniques composés de plastique (coton tige, tampons, serviette hygiénique…)
– Bouteilles en plastique accompagnées de leurs bouchons et autres emballages alimentaires
– Petits morceaux de plastique en tout genre
– Cordages et filets de pêche
– Mégots
– Canettes d’aluminium et récipients en métal
– Polystyrène
– Cartouches de chasse
– Morceaux de verre
– Bois travaillé
– Vêtements, chaussures, etc…

Cette liste n’est pas exhaustive. Les déchets retrouvés diffèrent d’une plage à l’autre. Les trouvailles dépendant de multiples facteurs (façade maritime, couloir de navigation, présence de grande ville dans les environs…).

Mais les bénévoles trouvent parfois des déchets plus étonnants, preuve que certains pensent que l’océan peut servir de décharge. Pour ne citer que quelques exemples extravagants :

– des urnes funéraires,
– un coffre-fort,
– une cabine téléphonique,
– des caddys,
– presque toutes les pièces détachées d’une voiture,
– des machines à laver,
– des vélos,
– des scooters,
– des bennes à ordures.

Des tendances qui se confirment

Depuis de nombreuses années, l’océan est devenu le grand dépotoir de l’activité humaine. L’augmentation exponentielle des déchets aquatiques est directement liée à nos habitudes de consommation. Ainsi, la majorité des déchets que l’on retrouve est composée de plastique (entre 60 et 90%). Or, cette matière n’est pas du tout biodégradable. Par l’action du vent, de l’eau et du soleil, elle se morcelle en micros fragments. Du fait de leur flottaison, ces micros plastiques peuvent transporter sur de très longues distances des espèces invasives mais également une importante concentration de contaminants hydrophobes qui peuvent se révéler à terme dangereux pour la santé humaine. De plus, en se dégradant, le plastique libère un certain nombre de substances toxiques. Cette pollution d’un nouveau genre inquiète les scientifiques du monde entier et de nombreuses expéditions sont en cours pour étudier et analyser leur comportement dans le milieu.

Selon la fondation Algalita, dans certains endroits du globe, on trouve aujourd’hui 6 fois plus de micro-plastiques que de plancton pourtant à la base de la chaîne alimentaire. Cette triste constatation implique que nous finirons peut-être par trouver dans nos assiettes des poissons nourris au plastique.

Les déchets aquatiques ont des conséquences dramatiques sur la faune et la flore marine. Les spécialistes considèrent que plus de 250 espèces pourraient être menacées par ce fléau. Non seulement les débris marins provoquent des lésions pouvant conduire à la mort de l’animal, mais la majorité des espèces confondent de surcroît les déchets avec des proies et les ingèrent. Les autopsies pratiquées sur des animaux retrouvés mort mettent en évidence la présence d’une quantité incroyable de déchets dans leurs estomacs.

Les débris marins sont partout. On en trouve même dans des territoires isolés où l’homme n’a jamais mis les pieds. Penchez-vous lorsque vous serez à la plage et observez le sable. Vous verrez qu’il n’y a pas que des sédiments. On y retrouve également des minuscules fragments de plastiques et des petites billes transparentes, blanches ou de couleurs appelées « pellets » ou « larmes de sirène ». Ces billes sont utilisées par l’industrie plasturgique comme matière première pour la confection d’objets.

Les déchets aquatiques présents dans le milieu marin y resteront à tout jamais. Il est donc primordial d’éviter d’en introduire de nouveaux. Nous pouvons tous agir pour lutter contre cette pollution et sauver nos mers et nos océans. Adoptons des gestes simples : Réduisons notre consommation, Réutilisons et Recyclons ! Respectons, Repensons, Refusons !

Pour plus d’infos sur Surfrider et ses différents programmes : www.surfrider.eu
Source : leplus.nouvelobs.com  (19.07.11)Actualité récente en rapport :Une baleine échouée faite de déchets pour sensibiliser les vacanciers…  Hydrocarbures, phtalates, détergents : des analyses confirment la pollution chimique du bord de mer !  Dauphins et baleines digèrent mal les déchets en plastique des océans…  

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