J’ai vu assassiner 189 dauphins…

La Vaudoise Emilie Richard vient de rentrer du Japon, où elle a lutté contre la chasse aux mammifères marins.

Un endroit où on n’aime pas être mais qu’il est difficile de quitter. C’est ainsi qu’Emilie Richard, 28 ans, définit la baie de Taiji, dans le sud du Japon. Coordinatrice vaudoise de l’association Sea Shepherd, elle y a passé quatre semaines pour combattre la chasse aux dauphins qui s’y déroule de septembre à mars. «J’ai assisté à cinq massacres lors de mon séjour, et je ne m’y habituerai jamais, témoigne la Vaudoise. 189 dauphins ont été assassinés sous mes yeux.»
  (C) Save Japan Dophins.jpgLa jeune militante de Sea Shepherd, une association fondée il y a 35 ans par le Canadien Paul Watson et qui se bat pour la défense des mammifères marins, a assisté presque chaque matin au départ d’une douzaine de bateaux de pécheurs. Une fois ceux-ci en position et les groupes de dauphins encerclés, les chasseurs commencent à frapper avec un marteau sur des tubes métalliques afin de désorienter les animaux et, ainsi, de les rabattre vers la baie.

La mort ou la captivité

La brutalité des mises à mort a choqué la Vaudoise. «Les pêcheurs poignardent les dauphins dans la colonne vertébrale puis ils insèrent un bâton en bois dans les plaies. Les coups que les animaux reçoivent ne les tuent pas sur le coup, mais les paralysent. Leur agonie peut durer jusqu’à quarante minutes.» Les plus beaux spécimens échappent parfois à la mort mais pas à un triste destin: la captivité. «La viande de dauphin constitue une partie des revenus des pécheurs, explique Emilie Richard. Mais la vente de dauphins pour la captivité reste la plus lucrative.» Selon Sea Shepherd, il existe un lien direct entre la captivité et les massacres: «Lorsque les chasseurs rabattent un groupe d’individus dans la baie, et que l’on voit arriver le bateau des dresseurs du centre d’entraînement de la ville, il est évident qu’ils viennent choisir de nouveaux pensionnaires qui amuseront plus tard le public des delphinariums.»

C’est après avoir vu le documentaire «The Cove: la baie de la honte» (2010) qu’Emilie Richard a choisi de rejoindre Sea Shepherd. Dans ce documentaire, récompensé par un oscar, le massacre des dauphins était filmé en caméra caché. Emilie, choquée, a alors quitté son job. Au Japon, elle a débuté comme bénévole début février.

Une mare de sang

Depuis le tournage de «The Cove», les pêcheurs se font discrets. «Des bâches sont tendues au-dessus d’une crique dans la baie, explique Emilie Richard. Cela leur permet de tuer les dauphins à l’abri des regards. Malgré ces efforts, j’ai vu la baie se transformer en mare de sang.» La mission des «Cove Guardian» (gardiens de la baie) est ainsi rendue plus ardue. Car si les membres de Sea Sheperd prônent l’action directe, ils refusent toute illégalité. A Taiji, ils documentent les massacres en prenant des photos et en tournant des films. Selon l’association, cette année, au 8 janvier, entre 371 et 435 dauphins ont été tués à Taiji. 45 ont été capturés. Ce qui renforce la volonté de lutte d’Emilie Richard. «Je ne pense pas pouvoir un jour oublier le sang, les tueries, les rires des chasseurs quand ils ôtent la vie de ces créatures magnifiques. Tant que ces massacres se dérouleront, je les combattrai.»

Source : lematin.ch  (09.03.12) Voir également: Les massacres de dauphins au Japon…   

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