La pêche profonde ne respecterait pas les avis scientifiques…

Selon une étude publiée par le journal Ocean & Coastal Management, la pêche industrielle dans les eaux profondes d’Europe ne respecterait pas les quotas de prélèvement fixés par la communauté scientifique.

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Dévoilés il y a quelques jours, les résultats de cette vaste étude menée entre 2002 et 2011 par l’équipe de Sebastian Villasante, spécialiste espagnol de l’économie appliquée aux océans, montrent que les captures dépassent les quotas fixés pour 50% des espèces pêchées. Plus encore, dans 60% des cas, les quotas fixés par les lois de la pêche industrielle pour les espèces profondes sont déjà supérieurs aux recommandations scientifiques visant à assurer la survie des espèces européennes.

L’exploitation des espèces profondes (à l’instar des requins et autres petits squales, murènes, et lingues en particulier) se trouve «en dehors des limites de sûreté biologique», selon le Conseil international pour l’exploration de la mer (CIEM). «Dans les cas d’excès, les captures sont en moyenne 3,5 fois plus élevées que le quota décidé, explique Sebastian Villasante, mais parfois, elles sont jusqu’à 28 fois supérieures au quota approuvé par le Conseil de l’Europe». Les résultats indiquent également que l’expansion en profondeur des flottes européennes entre 1950 et 2006 est deux fois plus importante que celle des flottes mondiales. Les navires de pêche de l’Union européenne ont augmenté de 78 mètres la profondeur moyenne de leurs opérations de pêche, tandis qu’au cours de la même période, les flottes mondiales ne l’ont augmenté que de 42 mètres. Une telle expansion conduit donc, nécessairement, à un plus grand nombre d’espèces capturées accidentellement, sans réel intérêt pour la pêche industrielle. Cette pêche de masse en profondeur capture aussi, de manière intentionnelle ou non, des poissons pouvant atteindre une longévité exceptionnelle : pêchés en pleine croissance, ces animaux n’auraient pas la possibilité d’atteindre l’âge de reproduction. C’est le cas de l’empereur qui peut atteindre 120 ans, du grenadier (70 ans), de la lingue bleue et de la morue (25 ans) ou encore du sabre noir (15 ans). Un règlement proposant de refondre la gestion des pêches profondes, et surtout d’interdire le chalutage profond, proposé par la Commission européenne le 19 juillet 2012, est actuellement en débat au sein du Parlement européen. (Source: Villasante S, Morato T, Rodriguez-Gonzalez D, Antelo M, Österblom H, Watling L, Nouvian C, Gianni M, Macho G. (2012). Sustainability of deep-sea fish species under the European Union Common Fisheries Policy. Ocean & Coastal Management). Source : nautisme.lefigaro.fr (05.10.12)

Source photo : wikimedia.org  
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