Comprendre le chant des baleines avec l’acoustique passive…

Le chant des baleines est l’un des sons les plus complexes du règne animal. Pour en comprendre le sens, des scientifiques ont analysé le comportement corporel et la localisation du cétacé, ainsi que la période à laquelle il chante. Mais l’affaire n’est pas simple, car suivre une baleine et plonger rapidement le micro dans l’eau au moment opportun est impossible. La NOAA semble avoir trouvé une solution fiable : l’acoustique passive.

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Les baleines à bosse sont célèbres pour leur chant. À l’instar des baleines bleues de l’océan Indien, elles émettent des sons répétitifs à différentes fréquences, offrant ainsi le chant le plus complexe du règne animal. Les chants les plus connus et les plus documentés sont ceux des mâles. Ils émettent en continu durant la saison de reproduction, c’est-à-dire l’hiver dans les eaux tropicales. Mais ils chantent aussi à des latitudes plus élevés, et durant d’autres périodes de l’année.

Analyser le lien entre le chant des baleines et leurs mouvements est complexe. En effet, l’idée de suivre en bateau les animaux et de mettre à l’eau des micros dès qu’ils sont en vue, relève presque de l’impossible. Il y a quelques décennies, l’une des méthodes utilisées pour suivre le mouvement d’un seul animal était la télémétrie radio. Aujourd’hui, avec la télémétrie satellite et les technologies GPS, le suivi d’animaux individuels est plus facilement réalisable. Pour étudier le chant des baleines, ces méthodes nécessiteraient toutefois d’accrocher une balise sur chaque individu. Or, une équipe de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) a choisi d’étudier les baleines à bosse du Stellwagen Bank National Marine Sanctuary à l’aide d’une autre méthode : l’acoustique passive.

Suite à un projet basé sur un réseau de dispositifs d’enregistrement nommés Marine Autonomous Recording Units (Maru), des chercheurs fournissent pour la première fois une description détaillée du lien entre les mouvements des baleines à bosse et leur comportement vocal. Cette étude met en évidence l’intérêt d’un suivi acoustique passif, permettant de localiser le chant et d’observer les mouvements individuels, pour la surveillance et la gestion des mammifères marins. Cela n’avait encore jamais été fait pour le chant des baleines à bosse dans cette zone de l’Atlantique.

Les baleines à bosse ne chantent pas l’été

À partir 2007 et durant trois années, les chercheurs du NEFSC (pour Northeast Fisheries Science Center) de la NOOA ont relevé les bruits de l’océan dans le sanctuaire, qui est une zone d’alimentation au sud du golfe du Maine. Les baleines à bosse s’installent dans les lieux d’avril à décembre. D’après les enregistrements, dont l’analyse détaillée est publiée dans Plos One, ces cétacés chantent en diverses périodes : d’avril à mai, juste après leur migration printanière depuis les eaux du sud, et d’août à décembre, avant leur migration vers les eaux tropicales. Pendant l’été, les baleines restent dans le sanctuaire mais ne chantent pas.

Les données proviennent d’un réseau de dix unités autonomes déployées dans l’océan, chacune enregistrant en continu 24 h/24. Les dispositifs Maru peuvent être déplacés suivant la saison. Le chant des baleines à bosse a ainsi été enregistré à des périodes distinctes au cours du printemps et de l’automne. En outre, les chants étaient plus fréquents au printemps, et les occurrences ont augmenté de manière significative avant et après les périodes de migration.

L’acoustique passive : une méthode à plus large spectre

Au total, 43 sessions de chants d’une longueur variant de 30 minutes à 8 heures ont été analysées. Elles ont permis de suivre individuellement le chant des baleines et de l’associer à leur comportement. La plupart des baleines nageaient de façon active, en alternant mouvements lents et déplacements directionnels rapides. Dans un cas, deux chanteurs ont été suivis en même temps, ce qui suggère qu’une des baleines ait pu être influencée par le chant de l’autre.

Faire appel à l’acoustique passive permet de suivre les animaux à partir du son qu’ils émettent. C’est donc une technique non invasive. Les chercheurs pourraient par la suite utiliser la localisation acoustique passive pour évaluer la densité et répartition géographique d’une espèce.

Source : futura-sciences.com (07.05.13) 

Source photo : wikimedia.org   


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