Marseille : ils veulent tous leur système d’évitement des baleines…

Après avoir ouvert la voie au côté de La Méridionale en équipant à partir de 2010 les Girolata, Scandola, Kallisteet Monte d’Orodu système Repcet de géolocalisation des grands mammifères marins, la SNCM vient de décider d’aller plus loin en appareillant trois autres cargos-mixtes : le Jean Nicoli, le Paglia Orbaet le Pascal Paoli. Des navires dont la particularité est de desservir la Corse toute l’année et donc de naviguer dans la zone protégée du Sanctuaire Pélagos où le risque de collision bateaux-cétacés est le plus élevé. infographie-baleines.jpg

Les scientifiques ont constaté en effet que 6 % des animaux observés dans ce secteur présentent des mutilations consécutives à une collision et que 20 % de rorquals communs retrouvés morts ont été victimes d’une collision. Or Repcet permet à un équipage dont la route croise celle d’une baleine de relever la position de cette dernière et d’envoyer quasi instantanément l’information à tous les autres navires équipés du système afin qu’ils puissent éviter l’animal. De plus, la position de la baleine génère automatiquement autour d’elle « un cercle de vigilance » dont le rayon est calculé en fonction de la vitesse moyenne de déplacement de l’espèce concernée. Avec la décision récente de la compagnie Gazocéan (filiale de GDF Suez) d’équiper son gazier Global Energyet de la compagnie Someca Transport (filiale de CFT) d’en faire de même avec son cimentier Capo Nero, ce sont donc désormais dix grands navires de commerce croisant en Méditerranée occidentale qui vont contribuer à cette mission de surveillance et de préservation des grands mammifères marins. Bien que parfaitement au point depuis plusieurs années, Repcet avait connu une diffusion confidentielle jusqu’à cette rentrée 2013 et le Monaco Yacht Show où les promoteurs du système ont eu la bonne idée de le présenter. Il faut dire que pour une compagnie maritime, disposer d’un moyen d’évitement des baleines se révèle très valorisant en terme d’image. De plus, la nouvelle délégation de service public sur les lignes de la Corse exige que les navires qui desserviront l’Île de Beauté en soient dotés à partir du 1er janvier 2014. Un regain d’intérêt dont se félicite bien évidemment Pascal Mayol, président de l’association varoise Souffleurs d’Ecume qui a développé Repcet dans le cadre des activités du Sanctuaire Pélagos, en partenariat avec la société Chrisar Software Technologies, basée à La Seyne-sur-Mer, et le soutien de la Fondation Nicolas Hulot. Mais pour ce spécialiste des cétacés, « il faudrait au moins une trentaine de bateaux pour disposer d’un maillage efficace ». Estimant que le réseau Repcet ne peut se contenter des seuls relais fournis par les navires marchands, Souffleurs d’écume, Chrisar et Pelagos ont entrepris de démarcher la Marine nationale et la grande plaisance. « En faisant attention, concernant cette dernière, de ne pas remplacer un problème par un autre,souligne Pascal Mayol. Repcet ne doit pas servir à faire du repérage pour des activités de « whale watching » en signalant la présence de baleines à des bateaux touristiques qui se précipiteraient sur la zone pour les observer de près ». Repcet dont Souffleurs d’Ecume rappelle que les prix de l’installation et du fonctionnement sont inclus dans un abonnement global qui varie entre 300 et 350 € par mois selon les fonctionnalités choisies ; mettant en perspective les quelque 50 000€ que coûte en moyenne chaque jour l’exploitation d’un grand navire de commerce.
Source : laprovence.com  (27.09.13) Actualité récente en rapport : Méditerranée : 10 navires équipés pour épargner les cétacés…  

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