Cinq mille baleines à bosse fréquentent le Pacifique Sud…

Le consortium de recherche sur ces mammifères s’est réuni en Slovénie.

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Autrefois, les baleines à bosse étaient nombreuses dans les eaux entourant les îles du Pacifique Sud pendant la saison de reproduction. Ces populations ont presque été exterminées par la chasse intensive qui a suivi la Seconde Guerre mondiale, et notamment la chasse illégale conduite par l’Union Soviétique. Plus de 50 ans après l’arrêt de la chasse commerciale, les chercheurs tentent de savoir combien de baleines à bosse fréquentent actuellement le Pacifique Sud et dans quelle mesure les populations se sont reconstituées. Les résultats de cette collaboration à long terme ont été intégrés dans la première évaluation globale des baleines à bosse d’Océanie, finalisée cette année au cours de la réunion de la Commission baleinière internationale (CBI) qui s’est tenue à Bled en Slovénie en mai dernier. En utilisant les données collectées par le consortium, le comité scientifique de la CBI a développé un modèle pour reconstruire l’historique du déclin des populations de baleines à bosse et de leur lente récupération suite à la chasse du XXe siècle.

La conclusion est la suivante, l’Océanie abritait plus de quatorze milles baleines à bosse par le passé, mais en 1966, leur nombre s’est trouvé réduit à moins de 1 % de cette valeur. Depuis lors, les populations de baleines de cette vaste région augmentent lentement et on estime qu’environ cinq mille baleines à bosse fréquentent actuellement le Pacifique Sud, soit 37 % du nombre d’animaux présents avant la chasse. À cause du faible taux de croissance observé, il faudra au moins une trentaine d’années de plus avant que ces populations ne retrouvent leur nombre originel.

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Une 3e sous-espèce : Megaptera novaeangliae australis

“L’évaluation globale des baleines à bosse confirme à quel point la population océanienne a été proche de l’extinction”, précise le Dr. Michael Poole, cofondateur et membre du consortium, ainsi que fondateur et responsable du Programme de recherches sur les mammifères marins basé à Moorea depuis 1987. “Suite à l’impact catastrophique qu’a eu la chasse illégale soviétique menée au début des années 1960, il n’y a probablement pas eu plus de quarante femelles matures qui ont survécu dans cette vaste région.”

Comprendre les spécificités régionales des baleines à bosse est crucial, comme l’a souligné une récente publication scientifique, menée par des membres du consortium, sur l’isolement génétique parmi les populations océaniennes. Cet isolement est si important que les auteurs ont proposé de reconnaître une troisième sous-espèce de baleines à bosse, Megaptera novaeangliae australis propre à l’hémisphère Sud.

Afin que la reconstitution des populations se poursuive, les membres du consortium ont travaillé avec le secrétariat du Programme régional océanien de l’environnement (Proe) et les gouvernements de la Polynésie française, de Nouvelle-Calédonie, Niue, des îles Cook, de Tonga et Samoa pour développer des mesures de gestion. Ces dernières incluent l’établissement de grands sanctuaires pour les baleines et dauphins, qui favorisent la reconstitution des populations et fournissent une opportunité de développement économique à travers les observations des baleines. Les nations du Pacifique ont récemment déclaré 2016 “Année de la baleine”, le consortium prévoit de conduire cette année-là de nouvelles études, afin d’estimer le statut des baleines à bosse.

Bon à savoir

International Fund for Animal Welfare (IFAW), l’Australian Marine Mammal Centre à travers le Southern Ocean Research Partnership (SORP), le Fonds Pacifique, le secrétariat du Programme Régional Océanien de l’Environnement (PROE) et le DIREN (ministère de l’Environnement) en Polynésie française ont participé au financement des travaux de recherche menés par le Consortium sur les baleines à bosse d’Océanie.

Pour plus d’information veuillez contacter un membre du Consortium Michael Poole, Ph.D
Email : michaelpoole@mail.pf
56 23 22 ; mobile 775 007

Source :  ladepeche.pf (19.06.14)

Source photo :  wikimedia.org 

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