Témoignage de Richard O’Barry sur la captivité des dauphins…

Traduit de l’anglais Quand vous voyez un spectacle de dauphins pour la première fois, ça a l’air d’être très drôle. Les dauphins sourient tout le temps, et ils rient aussi, à leur façon – comme nous le faisons. Le public applaudit ces merveilleuses créatures – tellement intelligentes, tellement débordantes d’énergie – réalisant des tours spectaculaires pour nous.RicOBarryJun09.jpg

Est-ce qu’on pourrait trouver mieux ?Eh bien, oui. Ça pourrait être mieux si c’était vrai. Le dauphin qui sourit et nous tous qui rions et nous amusons, tout ça tend à penser que c’est réellement ce qu’il se passe. Mais regardez mieux. C’est en fait un show business. Au premier regard, vous pensez que c’est réel et je ne vous en veux pas, parce que c’est magique, le théâtre est magique. J’ai travaillé pendant des années pour ce côté showbiz. J’ai aidé à capturer des dauphins pour le Seaquarium de Miami et je les ai dressés, créant de grands spectacles de dauphins sautant et traversant des cerceaux à la moindre instruction, faisant le clown. J’ai même dressé le plus célèbre de tous les dauphins, Flipper, qui a eu sa propre série télévisée et son film dans les années 60, que l’on peut encore voir dans certains pays. C’était un boulot génial et un challenge quotidien, rester au-devant des scripts et des dauphins qui jouaient le rôle de Flipper. Désillusion Ce n’est que vers la fin de ma carrière de dresseur de dauphins que j’ai admis qu’il y avait quelque chose d’anormal à utiliser des dauphins en tant que divertissement. Ils vivent une vie merveilleusement riche jusqu’à ce que l’on vienne les arracher à la mer, une vie en tant qu’espèce de plus de 60 millions d’années. J’ai travaillé pendant un moment sur le bateau de capture du Seaquarium de Miami, à aider à les capturer, en tapant et criant durant tout le processus. On les amenait sur la côte et on les envoyait dans un monde aliéné de fantaisies – pourquoi ? C’était mon travail. Si quelqu’un me payait pour le faire, alors sûrement, me disais-je, ce doit être un bon boulot. Je pensais vraiment que ce que je faisais était acceptable. Je m’étais même convaincu que les dauphins que nous capturions étaient chanceux parce que les humains allaient pouvoir s’occuper d’eux jusqu’à la fin de leurs jours. De plus, écouter les gens rire et taper dans leurs mains à chaque fois que les dauphins bondissaient hors de l’eau, ça devait bien valoir quelque chose, non ? J’aurais pu rester dans le business de captures et de dressage de dauphins et j’aurais pu en tirer énormément d’argent. Mais quand la série Flipper s’est terminée et que j’ai eu du temps pour penser à ce que j’avais fait de ma vie jusque-là, j’en avais des nausées. J’étais choqué et dégoûté de ce à quoi j’avais pris part. J’étais déterminé à ce que cela cesse. Je savais que ce serait difficile voire impossible. Si cela m’avait pris des années pour voir les dauphins comme ils le sont réellement, comment pouvais-je attendre le même changement de la part du public ? Bien sûr, j’étais payé pour croire que c’était normal. Mais d’un autre côté, je savais également comment étaient les dauphins en liberté. La plupart des gens qui se rendent à des spectacles de dauphins pensent que c’est un divertissement familial génial. Comment allais-je parvenir à convaincre quiconque que ce n’était qu’un mensonge, une ruse élaborée masquant la cruelle exploitation de ces créatures magnifiques ? Comme n’importe quel autre business, l’industrie du dauphin captif repose sur l’offre et la demande : tant qu’il existera des gens prêts à acheter des tickets pour voir des dauphins faire des bonds hors de l’eau, des dauphins continueront d’être capturés et dressés.

Mettre fin à l’exploitation des dauphins est d’atteindre les consommateurs. Si le public savait ce qu’il se passait réellement dans les coulisses, il se révolterait. En d’autres termes, plutôt que d’acheter des billets pour voir des dauphins faire des spectacles, il nous aiderait à les libérer.Obtenir la faveur de l’opinion publique, faire en sorte que les gens voient ce que nous voyons, voilà notre grand objectif. Et nous faisons des progrès en gagnant à certains endroits et en perdant à d’autres. Si les gens comprenaient notre message, ils se joindraient à nous. J’en suis convaincu. S’ils pouvaient réaliser que lorsque nous parlons « d’abus sur les dauphins », nous ne voulons pas nécessairement parler du fait qu’ils soient frappés ou négligés.

Être en captivité est abusif en soit. Pour un dauphin sauvage nageant librement, puis étant capturé et plongé dans un bassin aussi petit qu’une tasse à café, comment cela ne serait-il pas abusif ?

L’autre partie, et pourquoi ils nous détestent

Les propriétaires de spectacles de dauphins et les gens qui y travaillent ont un énorme avantage. Pour les nouveaux parcs, beaucoup de gens aiment ce genre de spectacles. Ils sont amusés par le dauphin pitre qui fait des cabrioles. Ou alors, ils aiment le spectacle de domination sur l’animal, et plus l’animal est épatant, plus ils l’aiment. Il y a des risques qu’ils ne comprennent jamais. Mais beaucoup d’entre eux ont des idées partagées. Ils nous écouteront et écouteront leur coeur.

L’autre parti a beaucoup d’argent, des milliards de dollars. Cela fait partie du contrat, ils gagnent de l’argent et paient des taxes. Ce sont de bons citoyens. Ils font de la publicité, ils financent la chambre de commerce, et tout ce qui importe pour le gouvernement c’est que les spectacles de dauphins représentent juste un autre type de business imposable.

Mais c’est un business très lucratif auquel il faut s’opposer…

Puisque la plupart des gens est amusée de voir des dauphins exécuter des pitreries, la clé de notre campagne est de leur montrer que ce n’est pas amusant, mais que c’est en fait écoeurant. Si nous pouvions convaincre ne serait-ce qu’un tiers de ces gens qui se rendent à ces spectacles qu’il s’agit en fait d’une exploitation impardonnable, les spectacles s’arrêteraient demain. Pourquoi nous haïssent-ils ? Ils nous haïssent parce que si nous réussissons, ils disparaitront en fumée.

Apprendre sur les dauphins

En liberté, les dauphins ne portent pas de chapeaux pointus, ne sautent pas à travers des cerceaux, ne dansent pas sur leur queue, ne s’applaudissent pas avec leurs nageoires pectorales et ne poussent pas de petits cris comme la star de la série Flipper.

La majorité des dauphins tenus en captivité sont des grands dauphins : Tursiops. C’est-à-dire qu’ils vivent dans les eaux tropicales et tempérées du monde, pèsent entre 150 et 600 kg et peuvent grandir jusqu’à 4 m. Ils vivent au sein de groupes, composés de quelques individus (parfois même plusieurs centaines – les mâles restant principalement avec les mâles, et les femelles entre elles avec les petits) et peuvent nager jusqu’à 60 km par jour, en se socialisant, s’accouplant, se nourrissant.

Les cétacés sont divisés en 13 familles, qui sont composées d’environ 76 espèces. Quatre de ces 13 familles sont les baleines (cétacés à fanons, ou mysticètes), celles qui parcourent l’océan à la nage se nourrissant de plancton (les petits crustacés ainsi que le krill). Toutes les autres familles sont des Odontocètes, ce qui veut dire que ces cétacés ont des dents. Ils utilisent ces dents, non pas pour, (accessoirement – comme dans le cas des orques captives), mâcher, mais pour attraper. Une de ces familles, les Delphinoïdes, est composée de 31 espèces, dont l’orque, le dauphin commun, le marsouin ou encore le dauphin Tursiops (Tursiops truncatus), tel que Flipper. Quand on observe ces dauphins en spectacle, que voit-on ? Je vois un dauphin prêt à faire plaisir et exécuter tout ce que le dresseur lui demande. Uniquement parce qu’il a faim. Les dauphins font des spectacles parce que c’est à ce moment-là qu’ils sont nourris. Un dresseur apprend que les dauphins feront toujours ce qu’il leur est demandé de faire parce qu’ils ont faim. C’est la raison pour laquelle les dauphins sont nourris pendant les spectacles. Le dresseur siffle et jette le poisson à chaque fois qu’une tâche est réussie. Les dresseurs appellent cette méthode d’entrainement « renforcement positif » (C’est un phénomène qui augmente la fréquence d’apparition d’un comportement grâce à un « stimulus agréable »). Du point de vue des dauphins, en revanche, c’est du « déni de nutrition ». Si le dauphin a raté son tour et que personne ne siffle, cela signifie qu’il ne recevra aucun poisson en récompense. Les dauphins ne s’exécutent que parce que c’est leur seul moyen de rester en vie. Cette industrie représente la domination : nous forçons les dauphins à faire des « pitreries » qu’ils ne feraient pas en liberté, parce que nous sommes amusés par notre domination sur les membres sans défense d’une autre espèce. Cela enseigne aux plus jeunes qu’il est normal de manquer de respect à l’une des plus belles espèces de la nature.
La loi le permet uniquement parce que c’est censé être éducatif. Ces dauphins en captivité ne ressemblent en aucun cas aux dauphins qui vivent en liberté. Nous avons permis à l’industrie du divertissement non seulement de fausser une espèce en une parodie mais également d’en tirer profit. Que se passe-t-il pour les dauphins quand le spectacle est terminé et que le public est parti ? La plupart des dauphins croupissent dans leur bassin ou leur cage et attendent le prochain spectacle, le prochain repas. Site officiel de Richard O’Barry 

Source :  newspress.fr (08.06.14)
Source photo :  wikipedia.org 


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