Tahiti. Cétacés échoués : « Ce n’est pas la première fois que des globicéphales s’échouent à Hiva Oa »

Papeete, le 10 juin 2016 – Huit cétacés se sont échoués sur les plages de Puamu à Hiva Oa dans la nuit de lundi à mardi. Agnès Benet, docteur en biologie marine et fondatrice et Directrice de l’association MATA TOHORA nous explique la situation.

De quel type d’animal s’agit-il ?
Il s’agit d’un globicéphale. (Globicephala macrorhynchus) identifiable par son corps noir, sa tête carrée et son grand aileron dorsal à large base à l’avant du corps qui le distingue des cachalots qui ont un très petit aileron situé très en arrière du corps.

Quelles sont les raisons de cet échouage ?
Il est difficile de se prononcer sur la raison de cet échouage en masse sans être allé sur place et avoir réalisé de prélèvement ni d’autopsie. Il est intéressant de connaitre le contexte environnemental au moment des faits : pollution sonore ? les sonars militaires à basses fréquences ou les prospectives industrielles sont parfois responsables des échouages massifs.

Est-ce la première fois que cela arrive ?
Le référent de Mata Tohora à Hiva Oa nous indique que cette plage a reçu d’autres échouages dans le passé. Il nous signale également la présence d’un haut fond près de la pointe Mata Fenua et de forts courants ramenant vers la plage de Puamau.

 

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Consignes en cas d’échouage :

1. Prévenir la DIREN et la Municipalité afin d’organiser l’intervention ou prévenir l’association MATA TOHORA qui se chargera de communiquer avec les autorités compétentes (notamment en dehors des horaires d’ouverture).
Pour faciliter l’intervention, signaler le lieux exact, l’accessibilité et si possible prendre des photos et identifier l’informateur.

2. Si l’animal est mort :

Pour des raisons de sécurité et de salubrité publique, un périmètre de sécurité est aussitôt mis en place par les services techniques communaux.
En effet, les carcasses en putréfaction hébergent un réservoir bactérien important. De plus des micro-organismes pathogènes portés par les mammifères marins sont présents dans la salive, l’air expiré, le sang, les urines, matières fécales et les différents organes.
Des personnes référencées et habilitées réaliseront des prélèvements selon un protocole défini et tenteront d’identifier l’espèce et les causes de l’échouage, selon l’état de décomposition de l’animal.
Toute manipulation doit se faire avec des gants par des personnes habilitées.
Il est interdit de prélever les dents, les vertèbres ou autres parties de l’animal.

3. Si l’animal est vivant :

Faire attention à la caudale et aux projections provenant de l’évent. Les grands cétacés échoués sont capables de mouvements imprévisibles qui peuvent présenter un danger.
Ne jamais tirer ou lever un animal par ses nageoires.

Les bons gestes :
– s’assurer de la vivacité de l’animal en vérifiant le rythme cardiaque (1 à 3 respirations par minute ; celui-ci augmente avec le stress), l’émission de vocalisations (diminue avec le stress).
– examiner son état d’embonpoint (flancs et arrière de la tête creusés, saillies osseuses des côtes, etc) présence ou pas d’écoulement par les orifices naturels…
– sur le sable : positionner l’animal sur le ventre en faisant attention aux nageoires. Creuser des trous sous les nageoires pectorales (sur le coté).
– sur les rochers, l’animal pourra être laissé temporairement sur le flanc ou au mieux être placé sur un matelas.
– Maintenir la peau humide et la protéger du soleil à l’aide de draps ou de serviettes mouillés.
– Protéger l’évent et les yeux des projections d’eau ou de sable.
– Limiter le stress : Demander aux personnes présentes de parler à voix basse, d’éviter les mouvements brusques.
– Eloigner, en dehors du périmètre de sécurité, toutes personnes n’ayant pas d’intervention à faire autour de l’animal : Ne pas créer d’attroupement pour éviter le stress supplémentaire de l’animal.
– Eloigner les animaux domestiques en dehors du périmètre de sécurité.
– Procéder au renflouage :
La mise à l’eau est réalisable uniquement pour les petits cétacés.
Un matelas, un brancard et une embarcation faciliteront le transport vers la mer.
Si le poids de l’animal et le nombre d’intervenants le permet, procéder en soulevant l’animal en plaçant les mains sous le ventre, la tête et le pédoncule caudal.
Mais ne jamais lever par les nageoires.
Le trajet s’effectue à faible vitesse pour limiter le stress par le bruit et les vibrations.
Une fois à l’eau, soutenir l’animal jusqu’à ce qu’il retrouve un équilibre et des mouvements volontaires pour respirer hors de l’eau et nager.
Ne jamais agir seul. Pour des raisons d’hygiène, toutes les manipulations doivent se faire avec des gants.

 

Source : Tahiti Infos, 10.06.2016

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