Les baleines à bosse et les orques mènent une guerre mondiale sous-marine, et personne ne sait vraiment pourquoi

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Lorsque les orques partent chasser, les baleines à bosse font tout ce qu’elles peuvent pour protéger leurs proies, sans distinction d’espèce.

Les baleines à bosse semblent avoir une dent (ou plutôt un fanon) contre les orques. Depuis de nombreuses années, les scientifiques observent ce qui ressemble à une guerre sans merci entre ces deux espèces de cétacés.

Ici, ni de bataille rangée ni de coups de dents (les baleines à bosse en auraient été bien incapables), mais une grande part de zèle de la part des baleines.

Pour cause, ces dernières ont la fâcheuse tendance à s’interposer systématiquement entre les orques et leurs proies, même lorsqu’il ne s’agit pas de leur progéniture. Pourquoi se mêlent-elles de ce qui, manifestement, ne les regarde pas ?

Justicière des mers

Selon une nouvelle étude menée par l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) publiée dans la revue Marine Mammal Science, ces espèces de baleines pourraient jouer ce rôle de justicier des mers afin de dissuader les orques de s’attaquer à leurs petits. C’est en tout cas la théorie de ces scientifiques, basée sur de nombreuses observations de ce comportement animal dans plusieurs régions du globe, des eaux antarctiques à celles de l’océan Pacifique nord.

Dès 2009, le scientifique Robert Pitman avait pu observer lors d’une expédition en Antarctique un pod d’orques (un petit groupe) tentant de faire tomber à l’eau un phoque de Weddell en donnant des coups au bloc de glace sur lequel il s’était réfugié. Au moment où le pauvre mammifère allait finir sous les coups de mâchoires de ses prédateurs, une baleine à bosse est intervenue pour lui sauver la vie ingénieusement : ventre vers le ciel, elle était remontée à la surface de manière à soulever hors de l’eau l’iceberg où se trouvait son protégé. Lorsque ce dernier menaçait de glisser, le cétacé avait  même déployé ses nageoires pour lui permettre de remonter. Une fois les orques dispersés, le phoque avait pu rejoindre la terre ferme.

Altruisme chez les cétacés

Une autre de ces expéditions justicières a pu être filmée par les caméras de la BBC. Dans cette vidéo, on peut voir plusieurs baleines à bosse tenter de protéger une jeune baleine grise isolée de sa mère par les orques. Malgré tous leurs efforts et coups de nageoire infligés aux prédateurs, le cétacé succombe à ses blessures. Mais, zélées au possible, ces baleines à bosse sont restées à proximité du cadavre pour empêcher que les orques ne s’en nourrissent.

Un entêtement qui a donc poussé les chercheurs à s’interroger quant aux motivations réelles de ces géants des mers. Après l’analyse d’une base de données contenant les 151 observations de ce comportement animal recensées entre 1951 et 2012, ces chercheurs ont pu établir quelques statistiques. Ainsi, dans 87% des incidents reportés, les baleines à bosse intervenaient lorsque les orques commençaient leur chasse. Il semble alors clair que ces attaques menées par les orques provoquent une réaction de la part des baleines à bosse. Durant toutes ces années, ces dernières ont sauvé bien des espèces : otaries de Californie, môles, phoques communs et autres baleines grises. En effet, 89% des animaux auxquels les baleines ont porté secours n’étaient pas de leur espèce.

Intelligence complexe

S’agit-il ainsi d’altruisme ? Cette théorie n’est pas à exclure, mais n’explique pas tout. Selon les scientifiques, ces baleines à bosse agissent de la sorte de manière à dissuader les orques de s’attaquer à leurs petits. Sachant que les orques chassent les jeunes baleines de la même manière que leurs autres proies, les baleines à bosse adultes ne font pas la différence et prennent la défense de l’animal attaqué, bien qu’elles constatent qu’il ne s’agit pas forcément de leurs congénères. De cette manière, les orques y réfléchiront à deux fois avant de s’attaquer à leur progéniture.

Ces observations témoignent d’une certaine intelligence chez ces baleines à bosse, une vie émotionnelle intense qui n’avait jamais été constatée chez d’autres animaux que les primates.

De quoi réfléchir à la quête d’intelligence extraterrestre dont l’homme rêve depuis tant d’années. Avant de vouloir comprendre les petits hommes verts, nous pourrions commencer par les animaux qui peuplent la Terre et dont nous avons bien longtemps sous-estimé l’intelligence.

Source et capture d’écran : atlantico.fr, le 04/08/2016

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