Échouage de mésoplodon en baie du Mont Saint Michel !

2016-10-26

Ce mardi 18 octobre, nous sommes intervenus en baie du Mont Saint Michel, du côté de la Manche (Dragey et Gênets), avec d’autres correspondants locaux du Réseau National Echouage pour un échouage vraiment peu commun.

En effet il s’agissait d’un animal de la famille des ziphiidés, également appelée baleines à bec. Groupe de cétacés pourvus de dents (contrairement aux baleines vraies qui ont des fanons) qui sont ce que l’on appelle des grands plongeurs.

Il s’agissait là plus précisément d’un mésoplodon de Sowerby (Mesoplodon bidens). Cette espèce est normalement absente de la Manche puisque présente dans les zones profondes où elle se nourrit de calmars et autres céphalopodes, ainsi que de petits poissons. Les ziphiidés sont parmi les cétacés qui peuvent plonger le plus profond et le plus longtemps avec environ 30 minutes d’apnée entre 200 et 1500 mètres pour le mésoplodon de Sowerby, mais plus de 2 heures et près de 3000 mètres pour le ziphius (Ziphius cavirostris) !!!

La Manche avec 53 mètres de profondeur moyenne et son maximum à 172 mètres n’est donc pas du tout un habitat habituel et adapté pour cette espèce. Depuis 1969, seulement 13 échouages de mésoplodon de Sowerby ont été enregistrés en France, aucun en Manche Occidentale. Le dernier échouage de cette espèce en Manche date du 7 août 2013 à Saint Marie du Mont (50), côté baie de Seine.

Dans le cas de cet échouage, il s’agissait d’une femelle adulte de 5 mètres qui s’est échouée vivante le dimanche 16 octobre et qui est morte au bout d’une heure. L’animal ayant été repris par la marée, il se trouvait dans les herbus quand nous sommes intervenus le mardi suivant. La nécropsie n’a pas permis de déterminer les causes de la mort de cet animal qui, de par sa présence en Baie du Mont Saint Michel (zone avec une très faible profondeur, en cul de sac), était, de toute manière, totalement désorienté.

Du fait de son aire de vie loin des côtes et de son comportement élusif vis-à-vis des bateaux, cette espèce relativement rare est difficile à approcher et donc à étudier. Cet échouage est une opportunité pour nous permettre d’en apprendre un peu plus.

Un grand merci à l’ensemble des participants : les correspondants du réseau national échouage (merci de nous avoir associés à cette nécropsie, nous les Bretons !), les intervenants locaux, les particuliers qui ont repéré l’animal et qui ont prévenu les autorités compétentes ainsi qu’à toute l’équipe de Pelagis pour leurs conseils avisés.

Et remerciements particuliers à la DREAL Normandie qui nous a récemment équipés de tenues et matériels parfaitement adaptés que nous avons pu mettre à profit lors de cette intervention.

Texte: Morgane Perri.

 

Source et capture d’écran : al-lark.org, le 25/10/2016

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