L’atoll d’Aldabra aux Seychelles observe une diminution du nombre de baleines à bosse ; El Niño blâmé

 2016-11-10

De juillet à octobre chaque année, les alizés du sud-est donnent lieu à un attroupement de baleines à bosse dans l’archipel des Seychelles. Les baleines migrent vers le nord, vers des eaux plus chaudes, à des milliers de kilomètres des eaux froides de l’Antarctique qui est leur foyer, afin de s’accoupler et de se reproduire.

Mais cette année, des gardes de la conservation et des chercheurs basés sur l’atoll d’Aldabra aux Seychelles, l’un des plus grands atolls coralliens surélevés au monde, ont signalé que la saison s’est terminée par une forte baisse quant à la présence de baleines à bosse.

Selon la Fondation des îles des Seychelles (SIF), qui gère le site du patrimoine mondial de l’UNESCO, seules neuf observations ont été enregistrées cette année, la première observation ayant eu lieu plus tard que d’habitude le 13 août.

Le responsable de la communication du SIF, Rowana Walton, a indiqué à la SNA : « Ces cinq dernières années le nombre de baleines à bosse observées est passé de 20 à 60 observations par saison ».

« Avoir eu juste neuf observations cette année est une baisse considérable » a-t-elle ajouté.

Bien qu’aucun programme de surveillance ne soit en place, tous les membres du personnel du poste de recherche du SIF sur l’atoll attendent avec impatience la saison des baleines à bosse, chacun espérant avoir la chance de repérer la première baleine de la saison. Beaucoup passeront leurs moments libres à balayer l’horizon avec des jumelles pour y voir les créatures majestueuses.

El Niño doit-il être blâmé ?

Les conversationnistes pensent que la diminution du nombre d’observations pourrait être due au récent événement météorologique El Niño en 2015-16, qui a élevé les températures océaniques à travers le monde, provoquant des phénomènes météorologiques extrêmes et décolorant les récifs coralliens.

Avec des températures de l’océan plus élevées que la moyenne, il est possible que le krill dont les baleines se nourrissent n’ait pas été aussi présent que d’habitude, obligeant les baleines à faire une migration plus courte ou même à renoncer à la migration.

Les cétacés géants, qui peuvent mesurer jusqu’à 16 mètres de long et peser jusqu’à 36 tonnes, se nourrissent de krill et de petits poissons dans le sous-Antarctique (et dans l’hémisphère nord, le sous-Arctique). Ils font ensuite le long et ardu voyage – jusqu’à 25 000 kilomètres – vers des eaux plus chaudes, y compris celles autour des côtes de l’Afrique de l’Est et de Madagascar et au nord des îles Seychelles, surtout autour des atolls des îles situées à l’est de l’archipel comme Aldabra.

« Si la nourriture est insuffisante, il peut être difficile pour les baleines de stocker l’énergie nécessaire pour faire une si longue migration », a déclaré Walton à la SNA.

Un impact mondial

Les chercheurs de baleines en Australie ont également noté une forte baisse des observations de baleines à bosse et des baleines franches australes au large de la côte sud-ouest, et les chercheurs prévoient de faire équipe avec des observateurs de baleines amateurs pour tenter de recueillir plus d’informations sur leurs habitudes migratoires.

Il semble que ce changement d’alimentation et de cycle de reproduction ne soit pas isolé dans l’hémisphère sud. Les baleines subarctiques de l’Alaska qui vont habituellement au sud jusqu’à Hawaï ont décidé de ne pas faire le voyage, les chercheurs baleiniers s’inquiétant de la non-apparition des baleines à bosse dans les îles du Pacifique.

Cependant, d’autres rapports indiquent que les baleines ont pu se nourrir beaucoup plus près de chez elles cette année, avec le SFGate de San Francisco signalant un afflux soudain de baleines à bosse entrant dans la baie pour se nourrir, et Times Colonist du Canada rapportant beaucoup d‘activité de baleines au large de la côte de la Colombie britannique.

Étant donné les difficultés rencontrées dans le repérage des baleines, Walton pense qu’il pourrait être possible que les baleines habituellement observées à Aldabra aient choisi de migrer vers une zone différente de l’océan Indien occidental cette année.

SIF travaille en collaboration avec d’autres partenaires pour voir si cela est réellement le cas.

« Nous travaillons actuellement avec une autre ONG, Megaptera, pour tenter d’identifier certaines des baleines observées dans la région de l’Océan Indien occidental. Si possible, des photos sont prises des nageoires dorsales des baleines à bosse lorsqu’elles sont observées à Aldabra », a déclaré Walton. « Ces nageoires peuvent être utilisées pour identifier des baleines individuelles et aider à créer une image de la population de baleines migratoires dans cette région ».

 

Source et capture d’écran : seychellesnewsagency.com, le 08/11/2016

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