Méditerranée : rorquals et cachalots contaminés par des substances chimiques

Le WWF a réalisé des prélèvements de peau et de gras sur 85 mammifères marins. Ces échantillons ont été analysés en partenariat avec l’Université Aix-Marseille. Selon l’étude, trois espèces : rorquals, cachalots et globicéphales sont touchées.

Selon une étude du WWF, le Fonds mondial pour la nature est une organisation non gouvernementale internationale créée en 1961, dédiée à la protection de l’environnement, des cétacés vivant en Méditerranée, comme le rorqual commun ou le cachalot, sont contaminés par des phtalates, substances chimiques présentes notamment dans le plastique, qu’ils ingèrent directement ou via leurs proies.

Les rorquals communs, les cachalots mais aussi les globicéphales noirs du sanctuaire Pelagos, une aire marine de 87.500 km2 dans le nord-ouest de la Méditerranée, présentent « une contamination significative », a déclaré Denis Ody, responsable océans et côtes au WWF France. « Si ces animaux, qui vivent au large, sont contaminés, ce n’est pas anodin, cela doit nous alerter« , souligne-t-il.

Les phtalates, utilisés surtout pour assouplir les matières plastiques, sont très présents dans notre quotidien, films plastiques, emballages, revêtements de sol, tuyaux, peintures. On les trouve aussi dans les cosmétiques, parfums, laques, vernis. Ils nuisent à la fertilité.

Le WWF a réalisé en 2016 des biopsies, des prélèvements de peau et de gras, sur 85 mammifères marins : 70 rorquals communs, 9 cachalots et 6 globicéphales noirs, dans le sanctuaire. Ces échantillons ont été analysés en partenariat avec l’Université Aix-Marseille, en recherchant la présence de dix phtalates particulièrement dangereux .

Selon l’étude, »L’ensemble des échantillons analysés montre des concentrations significatives en phtalates et les trois espèces (…) sont touchées. Un seul phtalate, le DNDP, n’a jamais été détecté. Le plus dangereux, le DEHP, occupe la deuxième place en termes de concentration, avec une valeur moyenne d’environ 1.060  microgrammes par kilo de matière sèche ».

Selon le WWF, qui présente ces résultats aujourd’hui dans le cadre de la Journée des océans, démontre que « s’il est urgent de nettoyer les océans de leurs plastiques, il est tout aussi prioritaire de prendre des mesures de réduction de la pollution par toutes les sources de contamination par les phtalates ».

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Source : france3-regions.francetvinfo.fr, le 08/06/2017

Photo : Clément Prandi

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