[ 🇬🇧 Traduction ] Le Dolphin Project de retour à Taiji

Quand Ric O’Barry, fondateur et directeur du Dolphin Project, assista pour la première fois à la chasse au rabattage pratiquée par les pêcheurs de Taiji, au Japon, il se donna pour mission d’exposer au monde la cruauté exercée sur les dauphins. Il ne pouvait alors décrire cette cruauté que par l’expression « à couper le souffle ». Des visions et des sons qu’aucun être humain ni aucun dauphin ne devrait endurer ont pris d’assaut ses sens. Et cela continue toujours quinze ans plus tard…

Baie de Taiji, au Japon : des dauphins se débattent face à la brutalité employée pour les forcer à se soumettre. Crédit Photo : DolphinProject.com

 

«Aussi longtemps qu’il y aura des dauphins à Taiji, le Dolphin Project sera là pour eux» – Ric O’Barry

De septembre à mars, « officiellement » 1940 dauphins de différentes espèces telles que des Grands Dauphins, des dauphins bleus et blancs, des dauphins de Risso, des dauphins de Gill, des globicéphales, des fausses orques, des dauphins tachetés pantropicaux, et deux nouvelles espèces pour cette saison, à savoir des dauphins à bec étroit et des dauphins d’Electre, seront sujets au harcèlement, aux blessures, à la capture et à la mise à mort, tout cela au nom de la cupidité. Lors de ces battues, beaucoup plus de dauphins seront tués sans jamais être comptabilisés.

Des dresseurs, travaillant main dans la main avec les chasseurs, sélectionneront pour la captivité un nombre non révélé de dauphins, qui ont été « pré-vendus » à des parcs marins du Japon ou d’autres pays. C’est un processus violent au cours duquel les dauphins lutteront pour leur survie, face au bruit assourdissant et désorientant des moteurs des bateaux, face aux filets et au déchaînement de maltraitance. Une fois prisonniers, ils subiront une diète et un dressage stricts qui les préparera à leur expédition vers des parcs marins et des delphinariums, pour une vie captive.

Taiji, au Japon : Grands Dauphins en état de panique qui sont emprisonnés dans les filets. Crédit photo : DolphinProject.com

De nombreux progrès ont été réalisés depuis l’attribution en 2010 de l’Oscar du Meilleur Documentaire au film « The Cove ». De plus en plus de citoyens japonais ont pris conscience des terribles massacres perpétrés à Taiji, avec la participation d’activistes locaux au Japan Dolphins Day, ainsi qu’à d’autres rassemblements pacifiques. Malgré le déni gouvernemental, la preuve a été apportée, à l’occasion de plusieurs analyses, que la viande de dauphin est contaminée au mercure et aux métaux lourds, la rendant impropre à la consommation humaine et animale. Les établissements adeptes de la captivité deviennent de plus en plus impopulaires, aux Etats-Unis comme ailleurs dans le monde, et dans certains lieux la reproduction en captivité a été prohibée.

Taiji, au Japon : Les Grands Dauphins subissent un régime et un dressage éreintants. Crédit Photo : DolphinProject.com

Malgré une incarcération de 19 jours, en janvier 2016, ayant débouché sur l’expulsion de Ric O’Barry du Japon*, l’empêchant de se rendre à Taiji, l’équipe des Cove Monitors du Dolphin Project sera présente durant les six mois de la saison annuelle de chasse au dauphin. Nous documenterons et diffuserons les chasses au rabattage aux yeux du monde via des retransmissions en live, sur les réseaux sociaux et les blogs, en exposant pourquoi le monde continue à condamner la cruauté barbare déployée dans la baie.

* L’équipe de juristes du Dolphin Project travaille d’arrache-pied pour faire annuler l’ordre de déportation.

Dauphins de Risso guidés vers leur mise à mort. Crédit Photo : DolphinProject.com

Cette folie doit cesser. Ensemble, nous y mettrons un terme.

C’est pourquoi une partie de l’équipe de Réseau-Cétacés se rendra au Japon, dans la baie de Taïji, dès le début de l’année 2018.

La décision relative à ce déplacement sur le terrain n’a pas été facile à prendre car il s’agit d’une réalité difficile à affronter… Pour autant, il nous parait important de franchir ce pas pour :

– renforcer les équipes des Cove Monitors du Ric O’Barry’s Dolphin Project. Plus nous serons nombreux à postuler, mieux la saison de chasse sera documentée.

– afin que notre statut de « témoins directs » donne plus de poids à nos mots afin de convaincre l’opinion publique et les autorités compétentes d’oeuvrer pour la protection des dauphins au Japon, et pour la fin des spectacles de cétacés dans les parcs.

– grâce à ce séjour sur le terrain, créer une vague de solidarité en France (et en Francophonie :-)) en relayant l’info, en temps réel et en français, après avoir convaincu des célébrités de nous relayer via les réseaux sociaux.

– informer les médias francophones en temps réel de ce qu’il se passe à Taïji.

 

© Traduction (hors partie relative à Réseau-Cétacés) : Fanny Trifilieff & David Delpouy pour Réseau-Cétacés

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Source : Un article de Cara Sands – Publié le 29 Août 2017 sur le site du Dolphin Project
Crédit photo de une : Ric O’Barry’s Dolphin Project

 

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