Traduction : Une famille d’orques massacrée par des pêcheurs en Indonésie

En Indonésie, troquant leurs traditions ancestrales contre des hors-bords modernes, des pêcheurs du village de Lamalera, dans l’île de Lembata, ont illégalement tué une famille d’orques, composée d’un bébé et de ses parents.

Alors que sa chasse commerciale est interdite depuis 1986, ce village reculé a depuis longtemps une réputation d’adepte de la chasse à la baleine. Usant de méthodes traditionnelles, tels que de simples voiliers et canoës, les pêcheurs suivaient des croyances ancestrales, tout en respectant certains tabous séculaires alors qu’ils chassaient de grandes espèces marines, telles que les baleines, les raies Manta, et occasionnellement les dauphins. Les pêcheurs sont légalement autorisés à tuer deux baleines par an, cette chasse étant essentielle pour fournir à tout le village de la nourriture et de quoi subsister.

Une famille d’orques tuée illégalement à Lamalera, en Indonésie. Crédit : DolphinProject.com

Une famille d’orques tuée illégalement à Lamalera, en Indonésie. Crédit : DolphinProject.com

« Leurs pratiques ancestrales, intuitivement favorables à une pêche de subsistance, limitaient le nombre d’animaux capturés, et s’accordaient à respecter certains tabous, comme l’interdiction de chasser les cétacés lors de la saison des amours, les femelles gestantes, ou encore les plus jeunes, » explique Femke Den Haas, directrice de la campagne du Dolphin Project en Indonésie.

Aujourd’hui, la frontière entre tradition et exploitation s’est distordue, voire brisée. Les orques, la plus grande espèce de dauphins, sont tuées pour leur viande et leurs os, et les quotas d’animaux abattus importent peu. Les dents et autres os sont également commercialisés.

Les pêcheurs utilisent des hors-bords motorisés pour tuer illégalement une famille d’orques, à Lamalera, en Indonésie. Crédit : DolphinProject.com

Femke Den Haas explique que « la Commission Baleinière Internationale (CBI) exempte le village de l’interdiction de la chasse à la baleine, ses pratiques étant présumées satisfaire, d’une manière traditionnelle, son autosubsistance. Cependant, avec une saison de chasse qui s’étend du mois de mai jusqu’à fin octobre, les bateaux motorisés sont aujourd’hui couramment utilisés, pour capturer des dauphins et d’autres cétacés à dents, des tortues de mer, des requins et des raies Manta. Ces chiffres élevés laissent supposer qu’ils commercialisent les produits de leur chasse. »

Le village de Lamalera est longtemps resté hermétique aux interventions externes, y compris à celles des fonctionnaires gouvernementaux. Cependant, de récentes visites de l’équipe du Dolphin Project en Indonésie ont ouvert un nouveau dialogue. Des initiatives de conservation, d’éducation et d’écotourisme ont été proposées afin d’aider le village par des alternatives économiques durables face à la chasse aux cétacés. Grâce à l’éducation et à la sensibilisation, le Dolphin Project est déterminé à soutenir un changement positif à Lamalera.

 

© Traduction : Léana Bağ & David Delpouy pour Réseau-Cétacés

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Source : Un article de Cara Sands – Publié le 13 Octobre 2017 sur le site du Ric O’Barry’s Dolphin Project
Crédits photos : Dolphin Project

 

 

 

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