vendredi 3 février 2012
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Aussi loin qu’il remonte dans ses souvenirs, Andrew Armour, 45 ans, se rappelle avoir vu des baleines croiser au large de la maison familiale. À mi-chemin entre la Martinique et la Guadeloupe, l’île de la Dominique a la particularité d’avoir toujours attiré les cétacés. Les 1 400 mètres de montagne volcanique qui dominent les vagues plongent 450 mètres plus bas pour rejoindre la plaque tectonique des Caraïbes. L’île verdoyante, couverte de six sortes de forêts tropicales, riche d’une flore et d’une faune remarquables, déverse au pied des tombants les éléments nutritifs qui entretiennent une vie abondante : crevettes, crabes, hippocampes, nombreux poissons de récif, tortues, raies. Et des baleines. Parmi elles, la plus grande des baleines à dents, le plus gros carnassier du monde : le cachalot. Pas une sortie en mer, pour le loisir ou la pêche, sans apercevoir le geyser d’un souffle, l’arrondi d’un dos ou la majesté d’une nageoire caudale signant le ciel avant de sonder dans l’océan.
Les cachalots mâles peuvent atteindre 18 mètres de long et peser jusqu’à 60 tonnes. Imaginez-vous nager à proximité de ces géants ! Ils sont là toute l’année à quelques encablures de la côte ouest de l’île. Les fonds relativement peu profonds ont sédentarisé des groupes de femelles qui peuvent y mettre bas en toute tranquillité. Elles plongent en apnée à 200 mètres, ou plus, pour se nourrir de calamars. Elles les localisent à travers l’eau sombre des abysses grâce à leur capacité d’écholocation. Comme l’orque et le dauphin, le cachalot émet des sons – en l’occurrence des séries de clics caractéristiques – qui sont réverbérés par tous les obstacles rencontrés. Ainsi, chaque proie est précisément localisée. Le fonctionnement de cette écholocation reste mystérieux, en particulier la réception des ondes. Les scientifiques pensent que la tonne de spermaceti contenue dans la tête du cachalot joue le rôle d’un sonar. Cette cire très fine, nommée ainsi car elle a longtemps été prise, à tort, comme la source du liquide séminal, a failli causer la perte des cachalots. Ils furent pourchassés jusqu’en 1982, date de l’interdiction de leur traque, à cause de cette substance qui servait à la fabrication de bougies, de produits cosmétiques ou d’excipient médicamenteux.
Fitzroy, le frère d’Andrew, est le premier à avoir compris l’intérêt de créer un tourisme d’observation des -baleines, en 1988, faisant de fait avancer leur protection. Andrew a suivi l’exemple de son frère et des guides pour les touristes et les plongeurs qui veulent approcher les plus gros mammifères vivants de la planète. Les cachalots évoluent au sein de structures sociales complexes et peu connues. Les Açores et la Dominique sont les seuls endroits où l’on peut étudier à l’année leurs interactions sociales. « La première rencontre avec un cachalot est un mélange unique de joie et de peur », confie Andrew en évoquant le jour où, étant à bord d’un petit bateau, il vit soudain à la surface de la mer d’énormes taches brunes foncer vers lui. Andrew ajusta son masque de plongée et mit « la tête sous l’eau pour voir les 90 % du corps » du géant. Il reçut en pleine poitrine les vibrations du puissant sonar, ciblé sur lui, et les clics qu’il émettait. En -relevant la tête, il découvrit autour de lui sept autres cachalots, beaucoup plus gros, soufflant à pleins poumons par leur évent. Et une puissante odeur musquée envahit l’air. Il se demanda alors « pourquoi rester sur le bateau plutôt que de plonger ? ». Depuis, c’est dans leur élément naturel qu’Andrew va chuchoter à « l’oreille » des cachalots.
En 2000, Rhona, la compagne d’Andrew, remarque un jeune cétacé blessé à la tête et à la nageoire dorsale se dirigeant vers leur bateau. « Tout ce que nous avons pu faire c’est le caresser. Depuis cet instant, dès qu’il aperçoit notre bateau, il vient vers nous avec une jeune femelle à ses côtés. » Comme il garde des cicatrices de sa mésaventure passée, le couple l’a baptisé Scar (« cicatrice », en anglais). Quand Andrew plonge, Scar le rejoint, se laisse caresser et gratouiller la couenne. Il y prend un plaisir manifeste, notamment quand Andrew ôte les parasites qui s’accrochent à lui et percent sa cuirasse : « On peut dire sans anthropomorphisme que Scar cherche l’interaction avec les humains, ce qui est rarissime chez les baleines. » Au bout de onze années de complicité, Andrew invite sans crainte des plongeurs à venir à la rencontre de Scar et sa bande. Tout en rappelant qu’ils sont en présence d’animaux sauvages. On n’est jamais trop prudent.
Par Gilles Luneau
Source & photos :
vsd.fr
(janvier 2012)
Plus d'infos sur l'espèce & fiche pédagogique téléchargeable :
Le grand cachalot
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Mayotte invite les plongeurs dans son Parc naturel marin...
Un dauphin, en état de décomposition avancée, a échoué dans la nuit de samedi à dimanche sur la côte de Dellys, à l’extrême Est de Boumerdes, a-t-on appris auprès de la wilaya.
Ce cétacé, pesant environ 300 kg et mesurant plus de trois mètres de longueur, a été retrouvé par des pêcheurs au niveau de la plage Abattoir près du port de Dellys, a précisé la même source.
Selon des spécialistes de la direction de la Pêche et des ressources halieutiques, il s’agit d’un dauphin, connu sous l’appellation scientifique de «Griseus » et appartenant à la famille des «Grampus».
Ce mammifère marin aurait trouvé la mort, a estimé la même source, il y a environ une vingtaine de jours, après s’être écrasé, vraisemblablement, contre un rocher ou un bateau sous l’effet de la houle provoquée par un vent violent.
Les services concernés s’attèlent à dégager le cadavre de ce gigantesque poisson, coincé entre des rochers, en vue de son enfouissement.
Quatre dauphins et un énorme thon avaient été retrouvés, en mai dernier, sur la plage d’Afir, près de Dellys, dans un état de décomposition avancé.
Source :
lexpressiondz.com
(02.02.12)
Note de Réseau-Cétacés : le dauphin de Risso (Grampus griseus) est un cétacé et non un poisson.
Plus d'infos sur l'espèce & fiche pédagogique téléchargeable :
Le dauphin de Risso
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Des militants écologistes ont déposé plainte jeudi contre le gouvernement américain au sujet de manoeuvres navales menées par l’US Navy au large de la côte Ouest du pays, qui selon eux mettent en danger les populations de mammifères marins, notamment d’orques.
Cette procédure, intentée contre le service national des pêcheries marines, cherche à empêcher la marine américaine de mener des exercices dans les “zones d’importance biologique critique” lors des périodes de chasse et de reproduction des animaux.
Selon les écologistes, les sonars utilisés par les bâtiments américains perturbent, voire causent la mort de certains cétacés comme l’orque ou la baleine bleue.
Les plaignants sont une coalition d’écologistes regroupés derrière l’ONG Earthjustice. Ils demandent au service national des pêcheries de revenir sur sa décision de 2010 autorisant la marine à conduire des manoeuvres de la côte californienne jusqu’à la frontière canadienne.
Un porte-parole de l’US Navy n’a pas souhaité réagir à ces informations. Le service national des pêcheries a indiqué ne pas encore avoir reçu d’informations quant à la procédure.
Source :
cetacesetfaunemarine.wordpress.com
(27.01.12)
Actualité récente en rapport :
Le tintamarre en mer, enfer des mammifères !
L'Observatoire Pelagis de l'Université de la Rochelle a annoncé que soixante-quatre dauphins ont été retrouvés sur la côte aquitaine. Les mammifères auraient été victimes d'une capture accidentelle par un engin de pêche.
Alors que des dizaines de dauphins viennent tout juste de s'échouer en Nouvelle-Zélande et dans le nord-est des Etats-Unis, c'est un nouveau drame que vient d'annoncer l'Observatoire Pelagis de l'Université de la Rochelle. Celui-ci vient en effet d'indiquer que soixante-quatre dauphins s'étaient échoués sur la côte aquitaine au cours de la semaine passée. "Deux tiers des animaux examinés par le Réseau National Echouage sont des dauphins communs, un tiers des marsouins et leur mort semble remonter à 10 à 20 jours", a expliqué à l'AFP Willy Dabin de l'Observatoire PELAGIS.
D'après les informations fournies, les dauphins auraient été poussés sur les côtes par le vent d'ouest. Mais contrairement aux échouages classiques, les spécialistes auraient ici bien identifié la cause du drame : les dauphins auraient été victimes d'une capture accidentelle par un engin de pêche. Si M. Dabin estime que le phénomène "n'est pas pour le moment d'une forte intensité", il n'est pas étonnant pour lui que ces espèces se soient retrouvées dans les engins de pêche industriels, remontant du golfe de Gascogne vers le Nord. En effet, ces bateaux sont à la recherche de bars, des poissons qui se nourrissent de la même chose que les dauphins.
L'affaire met ainsi en évidence le problème posé par la technique du "chasse pélagique en boeuf". Au cours de celle-ci, le filet est tracté par deux bateaux avançant parallèlement et saisit ainsi tout ce qui nage sur 90 mètres de large et 75 mètres de haut. "Pour autant, nous ne disons pas haro sur les pêcheurs", a relevé le spécialiste de l'observatoire dans la mesure où les captures accidentelles sont un problème "aussi pour les pêcheurs, éthiquement et techniquement", car les gros animaux détruisent les filets ou les engins des pêcheurs.
Une collaboration difficile avec les pêcheurs
Selon lui, il faut donc plutôt "aider à améliorer leurs outils et bien connaître dans quelles conditions se font les captures accidentelles, pour les limiter" bien que pour l'instant "les tentatives de modifications ou d'ajout technologique sur les engins n'aient pas donné lieu à des évolutions probantes". Par ailleurs, Wily Dabin a évoqué la difficulté de coopération avec les professionnels qui reste "globalement moyenne".
Notamment, les pêcheurs n'apprécient pas vraiment que des observateurs essaient d'embarquer avec eux, craignant qu'on "n'essaie de les empêcher de travailler". Mais "nous cherchons seulement à nous rapprocher d'eux afin de comprendre ces phénomènes et de trouver ensemble des solutions adaptées", a souligné le membre de l'observatoire.
Source :
maxisciences.com
(27.01.12)
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