Le Fonds Tryphon naît de la mort du cachalot…

(Rimouski) La mort du cachalot Tryphon n’aura pas été inutile. Des équipes d’intervention d’urgence seront formées et spécialisées pour venir dorénavant en aide aux cétacés en difficulté dans le Saint-Laurent.

Le nouveau Fonds Tryphon financera ce projet mais aussi la réalisation de modules d’exposition composés, entre autres, de parties de la mâchoire et des dents du cachalot, qui seront placées en permanence dans cinq endroits stratégiques : au Biodôme de Montréal, à l’Aquarium du Québec, au Centre d’interprétation de la station de recherche de l’île Mingan, à Exploramer (Sainte-Anne-des-Monts) et au Centre d’interprétation des mammifères marins du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM) à Tadoussac.

«Il nous faut rehausser nos capacités pour des opérations d’urgence avec des équipes et du matériel spécialisés, ce dont on ne dispose pas de façon suffisante. L’équipe de recherche de l’île de Mingan a de l’expertise en intervention que nous voulons développer et exporter à d’autres équipes pour couvrir notre grand territoire marin», a expliqué mercredi Robert Michaud, coordonnateur du Réseau québécois d’urgence pour les mammifères marins.

Par exemple, des balises satellites pourraient être installées sur le dos des baleines empêtrées dans des cordages ou des équipes formées pourraient couper ces cordes à distance. Des programmes de prévention pourraient aussi être mis en place comme l’ont fait des équipes américaines. Cette année, 15 cétacés se sont pris dans des engins de pêche dans le Saint-Laurent. Quatre rorquals ont pu être libérés sans problème. Environ 1000 cétacés meurent chaque année dans le monde, pris dans des filets de pêche.

Quinze cas de baleines

«Depuis le printemps, on a été inondé d’appels téléphoniques. Habituellement, on gère de cinq à sept cas de baleines en une saison. Cette année, on est rendu à 15. Deux rorquals à bosse ont pu être dépêtrés, deux petits rorquals ont pu être libérés des filets. Il y en a encore un qui nage au large de Tadoussac avec des câbles sur son dos. On ne sait pas pourquoi il y a eu une telle augmentation. Peut-être qu’on a plus tendance à nous appeler»,  a souligné M. Michaud.

La municipalité de Rimouski a donné l’exemple mercredi en offrant 1000 $, déductibles d’impôt, au nouveau Fonds Tryphon, géré par la Fondation de la faune du Québec et qui vise à recueillir au moins 10 000 $ par année. Un panneau d’interprétation sera installé sur l’île Saint-Barnabé, où s’est échoué et a été enterré Tryphon, dont la décomposition a empêché toute autopsie. «Les modules d’exposition permettront aux gens de faire des dons à la protection et à la préservation des baleines, un produit d’appel touristique important dans la région», a souligné pour sa part Sandra Gauthier, directrice du site d’interprétation maritime Exploramer, à Sainte-Anne-des-Monts.

Source : LeSoleil (16.07.09)

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