La symphonie arctique du narval…

On ne sait rien d’eux, ou presque. Ils portent un surnom mythique – les licornes de mer — et seraient classés comme menacés par les experts. Les narvals, dont la population mondiale s’élève à environ 80 000 individus, vivent exclusivement en Arctique et surtout, possèdent une corne mystérieuse.

Narwhal_(C)_Chris_Corwin-Flickr.jpg

Un individu sur 10 000 en posséderait même deux. « Cette incisive pointe à gauche dans la mâchoire des mâles. Nous ne savons pas trop à quoi elle sert et ne paraît pas essentielle », relève Marianne Marcoux, la doctorante en biologie marine de l’Université McGill.

Cette jeune exploratrice présentait la semaine dernière ces intrigants mammifères à 300 élèves dans le cadre de la Semaine du Son au Cœur des sciences de l’UQAM. Et à entendre leurs questions enthousiastes, les narvals les fascinent de la corne à la queue.

Les adolescents ont surtout été séduits par le style de vie de la jeune scientifique. Chaque été depuis quatre ans, elle fait son – gros — baluchon pour aller camper sur une falaise de la Terre de Baffin, en compagnie d’une collègue, d’un guide inuit et de deux chiens. « Pour nous avertir si les ours polaires s’approchent du campement. Il nous faut aussi nous entraîner à la carabine avant de partir. »

Il est seulement possible d’observer des narvals (Monodon monoceros) autour du Groenland, au large de la Russie et de l’Île de Baffin. À Bruce Head — un endroit désertique proche de Pont Inlet, au nord du 72e parallèle –, elle y a dénombré, l’été dernier, le passage de près de 8 000 licornes des mers en quatre semaines.

Chants de licornes

Les narvals appartiennent aux baleines à dents comme les épaulards. Ils vivraient près de 10 ans et s’avèrent capables de plonger jusqu’à 1 500 mètres pour pêcher les flétans dont ils sont friands. Dans ces sombres profondeurs, ils se servent de leur système d’écholocalisation – comme les chauves-souris – pour repérer leurs proies.

Comme d’autres baleines, les narvals chantent. Et ce chant, moins mélodieux que celui de la baleine bleue, passionne la chercheuse. « Il ressemble aux sons d’un rasoir, d’une perceuse et suivant leurs activités, ce sont de petits sifflements différents. Ils sont particulièrement présents lors des relations sociales des narvals », explique-t-elle.

Captés au moyen d’hydrophones, des micros sous-marins, ces chants lui permettent de mieux estimer la population de narvals présente dans la baie. Cette surveillance acoustique de la région s’avérerait aussi utile pour mieux cerner ces animaux mystérieux – par exemple, où vont-ils pendant l’hiver ? —, mais également pour étudier l’impact des changements climatiques sur les narvals.

La fonte des glaces, déjà amorcée au pôle Nord, libère de plus en plus le passage du nord-ouest pour la navigation. « La glace joue un rôle important pour son habitat et influence sa migration saisonnière », note-t-elle.

Les bateaux vont donc se retrouver de plus en plus souvent sur la route des narvals. Cela risque de multiplier les collisions entre narvals et navires, mais aussi de perturber l’environnement sonore essentiel à la survie des licornes des mers.

Pour en savoir plus :

Le projet de Marianne Marcoux sur le narval : whitelab.biology.dal.ca

Source : sciencepresse.qc.ca

 

Le cétacé du mois de décembre : la Fausse Orque...
La plus grande étude génétique jamais réalisée sur les baleines à bosse de l'hémisphère sud !

Laisser un commentaire