Le cachalot « empoisonne » la tribu…

Après l’échouage et l’excitation, viennent les odeurs et le ras-le-bol. A Hnaeu, la tribu ne peut plus sentir le cachalot. Et, malheureusement, elle va devoir prendre son mal en patience.

Dans les jardins toilettés avec soin, les fleurs ont un drôle de parfum, du côté de Hnaeu. « Vendredi, c’était terrible », se souvient une maman, assise sur une natte à l’ombre d’un arbre. Les vents de sud-est balayent l’odeur du cachalot en décomposition sur la tribu drehu, et ses habitants se pincent le nez. De plus en plus fort, depuis l’échouage surprise de l’animal mort un certain 22 novembre au matin. Des familles domiciliées juste en haut, en bordure de mer, plient même bagages lorsque l’air est trop chargé. La fermeture des fenêtres ne suffit pas. « Elles vont dormir ailleurs pour éviter la puanteur », note Denis, l’œil vissé sur la carcasse caressée par l’eau du platier. Il est vrai, l’île connaît des arômes plus délicats, celui de la vanille par exemple. Question gastronomie justement, « c’est la fin de l’année, ajoute l’homme moustachu, et les jeunes ont l’habitude d’aller pêcher les langoustes et le poisson par ici, pour nous ou les restaurants ». Les traditions sont bouleversées cette fois. « Dès qu’ils ont su qu’il y avait un cachalot mort, ils ont arrêté net ! C’est le bon sens qui prime ». Tout d’abord, pas question de s’esquinter la santé avec un quelconque microbe, surtout à la veille de fêtes. Ensuite, le cadavre dont la queue a déjà disparu, rameute des prédateurs marins : « Les requins, les enfants les voient ! Et la nuit, ça doit circuler ! » De toute façon, un arrêté municipal, pris le lendemain de la macabre découverte, interdit la baignade des pointes de Daussy à la Flotte, jusqu’à nouvel ordre. Soit. Les pêcheurs du coin tentent de trouver la ressource chère aux tablées généreuses en d’autres spots de Lifou, sur des sites près des tribus de Xodre ou encore Mu.


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« Les requins, les enfants les voient ! Et la nuit, ça doit circuler ! »

La bête, elle, est toujours là. « Nous avons étudié toutes les possibilités pour faire disparaître le cachalot », souligne Dominique Molé, le secrétaire général de la mairie, et ce, « en concertation avec la province et la gendarmerie ». Voie terrestre, maritime, aérienne… Trop dévastatrice, trop risquée ou trop coûteuse. Aucune ne s’est avérée satisfaisante. La nature fera donc l’ouvrage pour le moment. « Une méthode décevante », tape du poing un habitant. Conclusion, Denis et des camarades ont décidé de donner un coup de main à la nature, histoire que les jours à l’odeur fétide soient raccourcis. « On essaye de le brûler, pour diminuer la couche de graisse, lancent les gars de Hnaeu. On l’a déjà fait plusieurs fois avec de l’essence ». La peau du mammifère noircie par endroits témoigne des expériences. L’exercice sera long. La tribu a de la visite, pendant ce temps. Armés d’appareils-photos, des touristes seraient même venus de Nouméa pour voir le monstre. « Y’a toujours du passage !, constate Denis. Ça fait une attraction ». L’affaire n’est pas épouvantable pour tout le monde. Le cachalot s’est déjà fait piquer une bonne partie de ses dents.

Source :  lnc.nc 

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