Nouvelle-Zélande : le décès du dauphin ambassadeur Moko confirmé…

Suite à la parution dans la Presse de l’information selon laquelle le dauphin ambassadeur Moko aurait été retrouvé mort sur la plage de Matakana Island (Nouvelle Zélande), notre équipe a pris contact avec Dave Head, notre correspondant sur place. Les constations effectuées sur la dépouille du dauphin confirment qu’il s’agit bien de Moko…

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Voici le mail que Dave nous a adressé avant l’autopsie, le 13 juillet : « C’est avec une profonde tristesse que je vous informe que notre très cher Moko est probablement mort. Nous n’attendons que les tests pour en être certains ; mais le fait que le dauphin retrouvé mort présente les mêmes dents manquantes et les mêmes marques sur la dorsale, confirme de manière quasi certaine qu’il s’agit bien de Moko. On ne l’avait pas observé depuis environ un mois, ce qui nous inquiétait. Apparemment, il était parti de Whakatane pour Tauranga, un peu plus loin le long de la côte. Cet endroit ne me paraissait pas très sûr pour le dauphin, car il y a un grand port au trafic maritime intense et d’énormes estuaires qui laissent apparaître des bancs de sables à marée basse. Jusqu’à présent, la cause de la mort n’a pas encore été déterminée ; il était mort depuis environ deux semaines, quand sa dépouille a été découverte sur une île près de l’entrée du port de Tauranga.

Voici la fin d’une période magique avec Moko, comme avec beaucoup d’autres ambassadeurs avant lui. Pour beaucoup d’entre nous, c’est comme si quelqu’un de notre famille était parti et pour d’autres c’est encore pire. C’est une chance rare d’avoir pu se lier d’amitié avec un animal sauvage et ce dauphin était vraiment spécial. Il a touché de nombreux cœurs et je peux seulement espérer que ce qu’il a laissé derrière lui rendra les gens plus sensibles à la cause des cétacés et de toutes les créatures de nos océans.

Les moments que j’ai passés avec lui sont les meilleurs de ma vie et je lui en suis reconnaissant.

Nous espérons qu’il sera enterré à Mahia. La mise en place d’un mémorial n’est pas encore confirmée. »Dave nous a ensuite transmis, le 15 juillet, le rapport d’autopsie réalisée par Samantha Motion de Beacon :

« Le foie contenait un grand nombre de pigments dorés/oranges, il s’agissait de bile. Ce pigment était présent à l’intérieur des cellules ainsi qu’entre les cellules, probablement dans les conduits de circulation de la bile. Aucune autre analyse n’a pu être menée afin d’établir une pathologie du foie. Cette altération au niveau du foie est probablement due à la sécrétion obstruée de la bile et peut être reportée dans un nombre de pathologies du foie. Malheureusement, l’étendue de la dégénérescence post-mortem des tissus a empêché de déterminer de quelle pathologie du foie il s’agissait et son taux de gravité. Il est néanmoins possible qu’elle ait contribué à la mort du dauphin. »

Il n’y avait, en revanche, aucun signe d’infection au niveau des dents restantes ou de la mâchoire autour des dents abîmées et il est donc peu probable qu’il y ait un lien avec la mort du dauphin. »

Dave nous a fait part de sa propre analyse sur les causes possibles du décès de Moko : Il est peu probable que Moko soit mort de faim ou qu’il ait souffert d’une infection aux oreilles, car, bien qu’il ait perdu environ 8 cm de graisse au niveau du ventre durant les deux derniers mois, sa dépouille ne présentait aucun signe de maigreur. Nous l’avons également vu attraper et manger un grand nombre de poissons à Whakatane, donc son système d’écholocation et sa capacité à ingérer sa nourriture n’étaient pas altérés ; les dauphins n’utilisent en fait pas beaucoup leurs dents. Elles servent juste à attraper la proie, qu’ils avalent ensuite en entier.

Certaines personnes contrôlaient sa dentition aussi souvent que possible. Moko était sauvage et nous ne voulions pas le capturer. De plus, il est difficile d’anesthésier les dauphins car ils cessent de respirer – donc, à part le mesurer et surveiller son comportement, il n’y avait pas grand chose à faire. Il était le joyeux Moko qu’on avait toujours connu et nous n’étions pas vraiment inquiets à son sujet – il n’y avait vraiment aucun signe avant-coureur d’un éventuel problème grave et, de toute façon, nous n’aurions rien pu faire de plus le cas échéant.

Puisque apparemment il n’a pas été pris dans un filet ni été percuté par un bateau, nous pensons qu’il a pu s’échouer accidentellement dans le port de Tauranga, peut-être près de la mangrove d’où il était difficile de le voir. De nombreuses personnes le cherchaient, dont moi-même. Nous ne saurons probablement jamais ce qui lui est arrivé, ce qui est difficile à accepter.

Contrairement à ce que j’ai lu, ça ne faisait pas longtemps qu’il était là, et dès que Kristy et moi avons su, une heure plus tard nous étions en route pour voir si c’était lui et si on le manipulait avec respect.

Il devait avoir environ 6 ou 8 ans, car les dauphins âgés de moins de deux ans survivent rarement loin de leurs mères.”

Le 15 juillet, plusieurs centaines de personnes ont assisté aux funérailles de Moko sur l’Ile de Whakatane en Nouvelle-Zélande et lui ont rendu un dernier hommage… Il a ensuite été inhumé par les Maoris sur l’île de Matakana. Les experts ont conclu à une mort naturelle…

Moko 2.jpgSource : Dave Head &  euronews.net

Info précédente en rapport :

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Découvrez aussi le dossier-témoignage téléchargeable de Dave Head à propos de sa rencontre avec Moko : Moko le dauphin ambassadeur – Dave Head (2009)

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