Cortège funéraire pour un dauphin devant l’ambassade danoise à Paris…

PARIS – Le cadavre d’un bébé dauphin, enfermé dans un cercueil en bois, a été porté jeudi à proximité de l’ambassade du Danemark à Paris par des dizaines de manifestants qui veulent alerter sur le « massacre » de ces cétacés aux Iles Féroé.

Ce globicéphale a été ramené de cet archipel danois d’outre-mer par des responsables de la Fondation Bardot et de l’ONG Sea Shepherd, qui y ont mené cet été une opération sous couvert d’observation de baleines.

Le dauphin a été découvert dans un « cimetière » marin où avaient été jetés des dizaines d’autres cadavres de cétacés fraîchement tués lors d’un « grind », pratique ancestrale « extrêmement violente et cruelle », selon Christophe Marie, de la Fondation Bardot, membre de l’opération.

« Shakespeare a écrit dans Hamlet qu’il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark, et aujourd’hui, on a trouvé ce qui était pourri au Danemark, ce sont les Iles Féroé », a lancé Paul Watson, président de Sea Shepherd, lors d’une conférence de presse peu avant.

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Intervenant par téléphone, Brigitte Bardot a qualifié les Féringiens de « barbares qui tuent pour le plaisir de tuer ». « On n’a pas le droit à notre époque de laisser faire des massacres pareils alors qu’on nous rabat les oreilles avec l’écologie, la protection de la planète, des espèces et tout le fourbi », a-t-elle ajouté.

Chaque été, entre 700 et 1.000 globicéphales noirs sont tués selon les autorités des Iles Féroé. Ils sont rabattus par bateaux vers les côtes où les attendent des dizaines de Féringiens qui les tuent à l’arme blanche.

Cette pratique remonte à l’époque viking (800-900) selon les historiens, et de leur côté, les autorités assurent que leur chair constitue un complément alimentaire indispensable.

Mais selon les deux ONG, les importants taux de mercure relevés dans les globicéphales les rendent impropres à la consommation. Par ailleurs, les dizaines de cadavres retrouvés, souvent entiers, prouvent, selon elles, qu’ils n’avaient pas vocation à être mangés.

Situées entre l’Islande et l’Ecosse, les Iles Féroé appartiennent au Danemark, mais sont dotées d’un gouvernement autonome. Néanmoins, selon Paul Watson, le Danemark leur accorde des subventions et a donc les moyens de faire pression.

« Le Danemark protège ces pêcheurs avec sa Marine, le Danemark est complice de crime », a-t-il accusé. « Nous devons faire pression sur l’Union européenne au Parlement pour forcer le Danemark à respecter les lois européennes », a-t-il ajouté, faisant allusion à la convention de Berne sur la protection de la vie sauvage en Europe.


©AFP – 30 septembre 2010

Voir aussi : Les massacres de globicéphales aux Iles Féroé…

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