Antarctique : les deux grandes aires marines sanctuarisées malgré les réticences russes ?

ÉCOLOGIE – Deux des espaces marins les plus préservés de la planète, situés dans l’Antarctique, pourraient être classés en aires protégées à l’issue de la réunion annuelle de la Commission de conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique, qui s’ouvre lundi. Tous les regards sont braqués sur la Russie, principal frein à ce projet.

C’est l’un des derniers écosystèmes marins considérés comme intacts sur la planète. Une série de réunions importantes pour la préservation de l’Antarctique s’ouvre ce lundi à Hobart, en Australie. Les représentants de 24 pays et de l’Union Européenne sont en effet réunis au sein de la Commission de conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR) pour tenter de trouver un accord sur la création de deux Aires Marines Protégées (AMP) dans cette zone essentielle de l’écosystème marin mondial.

Le premier projet – soutenu par l’Australie, la France et l’UE -, concerne de vastes zones marines le long de la côte orientale de l’Antarctique, couvrant au total une surface d’un million de km². Le second, porté par les Etats-Unis et la Nouvelle-Zélande, se concentre sur la mer de Ross, côté Pacifique, sous juridiction néo-zélandaise. Cette zone de 1,25 million de km² deviendrait l’une des plus grandes aires marines protégées au monde après les 1,51 million de km² de la réserve de Papahanaumokuakea, à Hawaï, dont le passage en aire marine protégée a été annoncé fin août par Barack Obama.

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Un écosystème unique

La mise en place d’AMP vise à assurer la protection de zones encore globalement préservées de l’activité humaine, bien que le développement de la pêche notamment menace l’équilibre de ces espaces marins. Ils renferment divers écosystèmes parmi les plus diversifiés au monde et abritent une faune dense composée de mammifères marins, de pingouins et d’oiseaux marins. Ce sont également des lieux de ponte d’espèces de poissons essentielles pour le renouvellement des espèces. En outre, les eaux de l’Antarctique jouent un rôle majeur dans l’activité des courants marins profonds et la température des océans.

Le classement en AMP permettrait d’assurer la protection et la surveillance de ces zones, ainsi que de réguler la pêche. A ce titre, la 35e réunion annuelle de la CCAMLR doit se pencher sur la gestion durable du krill, ces petites crevettes dont la pêche menace l’équilibre de l’écosystème de l’Antarctique, dont il est l’un des piliers.

Lancés il y a près de cinq ans, ces projets d’Aires Marines Protégées bénéficient aujourd’hui d’un quasi-consensus. Seule la Russie, qui assure cette année la présidence tournante de la commission, s’oppose au projet, critiquant notamment leurs tailles. La Chine, réticente dans un premier temps, a finalement accepté lors de la précédente réunion de la commission, l’an dernier, l’idée de sanctuariser la mer de Ross.

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Les clés entre les mains de la Russie

A plusieurs reprises déjà, Moscou s’est opposé au projet, remettant notamment en cause la légitimité de la CCAMLR à définir des aires marines protégées. Un argument rejeté en bloc par les membres de la commission internationale et les associations environnementales. La Russie a notamment exprimé des craintes liées à ses activités de pêche aux abords de l’Antarctique. Mais les réticences russes pourraient également être nourries par la volonté du pays de prospecter les ressources en hydrocarbures et minerais du continent blanc, comme ses responsables l’avaient évoqué dès le lancement des discussions sur le sujet.

Au terme de cinq ans de négociations toutefois, Moscou pourrait revoir sa position. Les projets d’AMP en Antarctique ne prévoient en effet pas d’interdire la pêche, mais simplement de l’encadrer. Par ailleurs, l’étendue des zones concernées a été considérablement réduite, passant de 3 millions de km² à l’origine à 2,25 km² dans le nouveau projet. De quoi contrer l’un des principaux arguments des Russes.

Source : LCI, Nicolas Vanel, publié le 17 octobre 2016

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