Canada : Le béluga retrouvé à Saint-Fabien n’a pas pu être transporté au laboratoire

La femelle béluga retrouvée morte sur la grève de Saint-Fabien-sur-Mer samedi par un citoyen, n’a pas pu être emportée à la faculté de médecine vétérinaire de l’université de Montréal à Saint-Hyacinthe pour une nécropsie, mais des prélèvements ont été effectués.

La carcasse était dans un bon état de préservation mais elle n’a pu être transportée à des fins d’analyses vers le laboratoire de Saint-Hyacinthe : « Il n’était pas possible d’accéder à la plage ni par bateau ni par machinerie. Nous avons donc procédé à un échantillonnage partiel, c’est souvent ce que nous faisons lorsque la carcasse n’est pas assez fraîche », explique Josiane Cabana, porte-parole du Réseau québécois d’urgence pour les mammifères marins.

La femelle béluga sera laissée sur la plage pour y subir le processus naturel de décomposition : « C’est le Ministère de l’environnement qui évalue la possibilité de laisser la carcasse en place. Comme elle est loin des habitations, elle ne constitue pas une nuisance. On place une étiquette sur le pédoncule, de cette façon si la carcasse est rejetée à l’eau et s’échoue à nouveau, on sait qu’on l’a déjà documentée. »

Une femelle de 3,49 mètres 

Hier (mardi) matin, un spécialiste de l’échantillonnage s’est rendu sur place pour récupérer des échantillons de peau, de gras, et de muscles qui ont été prélevés sur le flanc, et de foie pour y chercher la présence de contaminants. Une portion du crâne sur la mâchoire inférieure, une coupe des dents, a été effectuée pour déterminer l’âge de l’individu retrouvé. « Il s’agit d’une grosse femelle, et elle n’était pas gestante, même s’il s’agit de la période de mise bas des bélugas. Nous l’avons mesurée à 3,49 mètres de long de l’échancrure de la queue jusqu’au bout du rostre. Les femelles peuvent mesurer entre trois et cinq mètres », ajoute la porte-parole.

Des photos du béluga ont été prises, qui pourraient permettre, par des marques significatives, de le reconnaître : « Il existe un programme de photo identification dans le Saint-Laurent. On photographie les bélugas vivants qui ont des cicatrices ou des encoches dans les crêtes dorsales, et quand on retrouve une carcasse, on essaie de faire correspondre les photos avec l’individu retrouvé. »

Les analyses à l’automne pourraient permettre de déterminer la cause de la mort du béluga : « Toutefois, parfois, même avec une nécropsie complète, les chercheurs ne sont pas en mesure de tirer une conclusion sur la cause de la mort. Les blessures apparentes sont superficielles et pourraient avoir été faites après la mort, alors que la carcasse a été malmenée par les courants et les vagues », précise Mme Cabana.

10 carcasses depuis le début de la saison

La porte-parole indique que 10 carcasses de bélugas ont été retrouvées à ce jour depuis le début de la saison et qu’une autre carcasse, un veau cette fois, a été retrouvée lundi à Sainte-Félicité, près de Matane. « Les chercheurs sont sur le qui-vive en ce moment car nous sommes en période de naissances et depuis 2008, on a constaté un niveau élevé de mortalité chez les nouveau-nés. On a retrouvé plusieurs femelles mortes après ou pendant la mise-bas, ainsi que des nouveau-nés échoués vivants. »

Mme Cabana précise que par année, de 15 à 20 carcasses sont retrouvées. « Il y a des points chauds, où les courants dominants apportent les carcasses, comme Métis-sur-Mer, Saint-Fabien-sur-Mer, Bic, Sainte-Flavie, sur la Rive-Nord, également à Mont-Louis. »

Afin de permettre ces analyses, la porte-parole recommande aux citoyens de contacter la ligne Urgence Mammifères Marins (1-877-7 baleine ou 1-877-722-5346) le plus rapidement possible lorsqu’ils trouvent une carcasse.

Source : L’avantage – Publié le 26 Juillet 2017
Crédit photo de une : © Urgences mammifères marins
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