La dramatique réaction d’un globicéphale face à la mort de son nouveau-né

La BBC a dévoilé un nouvel épisode de sa série phare Blue Planet II dans lequel les téléspectateurs ont pu assister à une scène dramatique : la réaction d’une mère globicéphale face à la mort de son petit à peine né.

Les cœurs se sont serrés dimanche soir lors de la diffusion d’un nouvel épisode de Blue Planet II sur la BBC. Si la série phare a habitué les téléspectateurs à découvrir les fascinants comportements et petits secrets des animaux, c’est une scène dramatique filmée en plein océan Atlantique que cet opus a dévoilé.

On peut y voir une mère globicéphale nager dans les eaux, emportant avec elle son nouveau-né mort. Le commentaire du célèbre David Attenborough n’a laissé aucun doute quant à la situation :

« Une mère tient son jeune nouveau-né. Il est mort. Elle refuse de le laisser partir et le garde avec elle depuis plusieurs jours ».

La scène n’a pas manqué d’émouvoir les téléspectateurs mais elle est loin d’être étonnante. Comme de nombreux cétacés, les globicéphales sont des animaux très sociaux qui tissent des liens étroits avec les membres de leur groupe. Les mères allaitent leur petit pendant deux ans minimum et continuent de s’occuper de lui pendant au moins cinq ans pour la plupart.

Tant qu’elles n’ont pas d’autres jeunes, leur progéniture peut même rester à leurs côtés pendant plus de dix ans. La perte d’un petit est donc une tragédie pour une mère, comme en témoignent les images filmées pour Blue Planet II.

Un lien avec la pollution ? 

Si elle a ému, la scène a néanmoins suscité de nombreuses critiques. En effet, cet épisode de Blue Planet II n’a pas fait que dévoiler les merveilles naturelles cachées sous l’océan, il a aussi dénoncé l’impact des activités humaines sur les écosystèmes sous-marins et en particulier celui de la pollution.

Ce n’est plus un secret : nos océans abritent aujourd’hui une quantité préoccupante de plastique directement issu des déchets de notre quotidien. Une contamination qui se couple à d’autres sources de pollution qui menacent la vie sous-marine et inquiètent de plus en plus les spécialistes. Ce phénomène pourrait-il être responsable de la mort du petit globicéphale ?

C’est ce que suggère le commentaire de David Attenborough associé à la scène :

« Aujourd’hui, les globicéphales doivent partager leur océan avec le plastique. Il est possible que son petit ait été empoisonné par son propre lait contaminé. Chez les prédateurs comme eux, les substances chimiques industrielles peuvent atteindre des niveaux létaux »

Il a poursuivi :

« Et le plastique pourrait faire partie du problème. Alors que le plastique se décompose, il se combine avec d’autres polluants qui sont consommés par de nombreuses créatures marines »

Si ces derniers faits sont avérés, certains téléspectateurs ont relevé que rien ne semblait prouver que la mort du petit soit lié à cette pollution.

Sensibiliser oui, mais sans « fake news »

Malcolm Hudson, professeur assistant en science environnementale à l’Université de Southampton, faisait partie des téléspectateurs. Après la diffusion, il a jugé sur Twitter que la scène était « discutable », appelant la BBC à dénoncer le problème de la pollution avec « des preuves » et non du « battage médiatique ».

Interrogé par The Daily Mail, il a expliqué :

« Ma première réaction est que je ne voulais vraiment rien dire parce que c’est un problème très important et c’est vraiment très bien qu’ils diffusent des images émouvantes, des messages puissants qui pousseront les gens à penser aux déchets plastiques dans les océans et mettre la pression aux décideurs pour provoquer des changements ».

 

« Mais le scientifique en moi disait ‘non, c’est mal’ […] Il n’y a aucun lien de cause à effet ici et je pense que c’est bien que la BBC essaie de sensibiliser à ce problème – et que c’est vital que nous y fassions face de façon urgente. Mais ici, c’est trompeur, c’est de la « fake news » », a affirmé le scientifique.

Le petit globicéphale n’est donc sans doute pas mort empoisonné par la pollution mais il n’est pas rare que des tortues, des requins et d’autres espèces soient blessées ou meurent après avoir été pris au piège dans des déchets qui dérivent à la surface. Selon un rapport publié en 2016, si rien n’est fait, il pourrait y avoir plus de plastique que de poissons dans les océans en 2050.

Source & vidéo : Maxisciences – Publié le 23 Novembre 2017
Photo de une : Pixabay

 

 

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