Un voilier percuté par une baleine : la vidéo…

Voir la news précédente en rapport : Afrique du Sud : un voilier percuté par une baleine…  Cette incident soulève naturellement des commentaires… RC répond donc à certaines de vos interrogations :  Des incidents similaires ont ils déjà eu lieu ?  Cet incident n’est pas un cas isolé bien qu’il soit peu fréquent. En 2003, une baleine à bosse (Megaptera novaengliae) atterrit sur un bateau en Australie, causant d’importants dommages, notamment au niveau du mât. D’après les experts locaux, lors de cet incident, la femelle aurait été séparée de son petit par le bateau, et l’aurait défendu. Voir : animal.discovery.com   Seul un incident mortel aurait été reporté au Japon, en 2007. Une baleine à bosse, visiblement irritée, renversa un bateau de sa queue et un des pêcheurs qui était à bord périt noyé :
Voir : liveleak.com et la vidéo ci-dessous.

  La baleine franche est-elle agressive ? Un facteur extérieur a t-il pu générer à un tel comportement ?

La baleine franche n’est pas une espèce agressive, et le terme d’« attaque », utilisé par certains médias, est erroné. Cette baleine fait partie d’une population d’individus qui se retrouvent chaque année sur un site de reproduction en Afrique du Sud et qui sont ciblés par les plaisanciers et entreprises de whale-watching. Les baleines sont particulièrement vulnérables durant cette période, au cours de laquelle une quantité d’énergie importante est investie à des fins de reproduction, qui garantiront le renouvellement des générations et la survie de l’espèce. Les femelles donnent naissance à leurs petits, particulièrement vulnérables et sensibles, les baleines socialisent et les accouplements ont lieu. Les manifestations comportementales durant cette période comprennent les sauts, ainsi que l’exhibition de la caudale hors de l’eau en position verticale, des pectorales ou du museau. Les petits jouent et fortifient leur tonicité musculaire en sautant hors de l’eau.

En conséquence, cet accident est le résultat d’une présence imprudente de ce bateau en pleine zone de reproduction de la baleine franche australe, alors qu’un spécimen exhibait un comportement typique en cette période et sur ce site. La baleine a accidentellement percuté le bateau, qu’elle n’avait probablement pas vu. Ces imposants cétacés ont une bonne perception de l’espace sous l’eau, mais réduite en plein air, surtout durant un saut, et particulièrement s’il s’agissait d’un voilier émettant peu de son en surface et que la baleine n’a pas entendu. Les baleines à fanons ne possèdent pas le « sonar » des cétacés à dents (cachalots, dauphins…) et leur vue est assez mauvaise hors de l’eau.

Cet incident soulève surtout la question de la gestion des bateaux sur les aires de reproduction d’espèces sensibles, et du harcèlement dont les baleines peuvent être victimes lorsqu’elles s’exposent aux embarcations en s’approchant des côtes. Une enquête a d’ailleurs été ouverte afin de déterminer si les plaisanciers respectaient les limites d’approche légales, établies à une distance de 300 mètres de distance, afin de garantir la tranquillité des cétacés. Dans ce cadre, les déclarations des témoins de l’incident sont collectées par l’équipe d’Alan Boyd, responsable du Deparment of Environmental Affaires for marine protected areas and protected marine species.

Si les baleines n’avaient pas un caractère naturel si pacifique, les incidents seraient beaucoup plus fréquents, certainement plus meurtriers pour les humains comme pour les cétacés, et ces activités seraient probablement plus strictement régulées.

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