Un petit rorqual a été aperçu mercredi, vers 11h, à Roscoff (29), par trois plongeurs. Le cétacé d’environ 10 mètres se trouvait dans le chenal.

Sami Hassani, chef du service mammifères marins à Océanopolis, explique que l’observation de ces espèces est plus courante aujourd’hui près de nos côtes, révélant une amélioration de la condition des espèces qui ont, semble-t-il, profité des mesures engagées depuis plus d’une vingtaine d’années pour leur préservation. Plongeur depuis trente ans, Yann Fontana avoue qu’il n’a jamais vu un rorqual aussi près des côtes. Craignant que l’animal soit égaré et qu’il s’échoue, les trois plongeurs de la station biologique de Roscoff ont immédiatement alerté la capitainerie du port et Océanopolis.
 Saguenay Fjord (C) Jenny & Jan_Flickr.jpgPas d’autres signalements

Sami Hassani indiquait, hier matin, que l’animal n’avait pas été signalé, pour l’heure, à d’autres endroits du littoral nord-breton et que, de ce fait, il n’avait pas dû s’échouer. Il précise que deux espèces de rorquals sont observées autour de la Bretagne : le petit rorqual, comme celui qui a probablement été vu par les Roscovites, et le rorqual commun qui peut atteindre jusqu’à 25m et que l’on observe généralement un peu plus loin de côtes, au-delà du plateau continental. Sami Hassani ajoute que la population de petits rorquals est celle qui a le moins souffert de la chasse à la baleine et qu’elle est abondante. De nombreux spécimens ont été observés en Mer du Nord et en Manche et il n’est donc pas si étonnant, à ses yeux, que l’on puisse en voir près des côtes bretonnes. Pour ce qui est du rorqual commun, le spécialiste brestois remarque qu’on en observe également de plus en plus, notamment dans le golfe de Gascogne. L’espèce bénéficie également, selon lui, des mesures engagées depuis les années 80 pour la protection des baleines. Les principaux risques pour ces espèces sont désormais les collisions avec des navires ou la pollution dont les effets ne sont pas encore totalement mesurés.

Un échouage par an

Sami Hassani constate, en tout cas, que le nombre d’échouages a tendance à augmenter sur les côtes bretonnes depuis quelques années, ce qui est positif à ses yeux car cela prouve aussi que la population augmente. «Nous avons, en moyenne, un échouage par an sur les côtes bretonnes, le plus souvent sur la côte atlantique mais il arrive également qu’ils se produisent sur les côtes de la Manche, comme à Kerlouan (29) il y a quelques années», explique-t-il.

Le retour de la baleine à bosse

Autre bonne nouvelle: le retour constaté de la baleine à bosse (mégaptère). «Nous avons eu deux observations cette année, dont une dans le secteur d’Ouessant», indique-t-il, ajoutant que de nombreuses observations ont été faites près des îles britanniques où l’espèce se plaît. «Il semble vraiment que les populations se reconstituent», se réjouit le scientifique qui en profite pour rappeler qu’un numéro de téléphone existe – joignable sept jours sur sept et 24heures sur 24 – pour signaler la présence d’un mammifère marin en difficulté ou égaré, près des côtes bretonnes(*).

* Tél.02.98.34.40.51.

Source : letelegramme.com  (23.09.11)

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