Trois dauphins retrouvés lestés au fond d’une calanque…

La méthode des cadavres lestés de béton est digne de la pègre marseillaise. Les pêcheurs étrangers sont montrés du doigt. L’endroit semble prédestiné à recevoir des cadavres. C’est au lieu dit «les Carcasses», dans les calanques de Marseille, que les cadavres de trois dauphins ont été retrouvés lundi dernier. Mais leur mort n’avait rien de naturelle : leurs dépouilles ont été retrouvées accrochées à une corde et lestées par des blocs de béton. La méthode rappelle plutôt celle des criminels marseillais. «Nous nous trouvions à -55 mètres quand notre attention a été attirée par des masses de couleur claire, aux formes inhabituelles, un peu en dessous de nous», raconte Fabienne Henri, une des deux plongeuses qui a découvert les corps. «En nous approchant davantage, nous avons distingué trois dauphins morts qui gisaient sur le sable. En les observant de plus près, nous avons constaté qu’une grosse corde était attachée à la queue de chacun des dauphins et les reliait à un corps mort», raconte-t-elle au quotidien de La Provence. Selon toute vraisemblance, il s’agit d’un pêcheur qui a pris par accident les trois mammifères dans ses filets et a décidé de se débarrasser des cadavres. Depuis longtemps, le responsable du groupe d’étude des cétacés en Méditerranée pensait que le lestage de cadavres de dauphins était pratiqué. «On peut raisonnablement penser que celui qui les a capturés a eu peur de les ramener à terre car cela aurait donné une mauvaise image de la profession, surtout par les temps qui courent», explique Frank Dhermain dans le journal marseillais. Surtout, cette découverte pose la question des pratiques de pêches utilisées. La pêche du dauphin est interdite et l’espèce est protégée depuis les années 70, mais les grands filets dérivants, pourtant prohibés, continuent de les tuer.

Protéger les animaux, mais sous conditions

Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances de la mort des animaux. Les pêcheurs marseillais jurent qu’aucun d’entre eux n’est responsable du décès des cétacés. Par contre, ils pointent les pratiques prohibées des bateaux étrangers. La découverte des cadavres est donc un élément important pour les autorités qui luttent contre les pratiques de pêche intensive. Les filets dérivants sont interdits dans les limites des eaux territoriales, mais au-delà des 12 miles, des bateaux-usines croisent et utilisent ces filets, qui tuent tous les animaux marins qui passent à leur portée. Les dépouilles des dauphins sont la preuve que les mesures prises jusqu’à présent sont inefficaces. Il faut faire vite : le dauphin commun, autrefois très présent dans la Méditerranée, a presque disparu et est devenu très rare à proximité des côtes. La calanque de Morgiou, où les dauphins ont été retrouvés, doit d’ailleurs faire partie du nouveau parc national des Calanques, destiné à préserver la faune et la flore en danger. Son ouverture, plusieurs fois annoncées, est repoussée en raison d’une opposition des habitants. L’enquête publique nécessaire à la création du parc doit commencer le 17 octobre. Source : lefigaro.fr (06.10.11)  Actualité récente en rapport : France : un arrêté pour protéger les mammifères marins !  Finistère : un troisième dauphin retrouvé mort à Névez…  

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