Bretagne : dauphins morts – Un massacre volontaire peu probable…

Encore un dauphin découvert mort, vendredi, à Pouldreuzic, une blessure apparente près d’un oeil. L’association Sea Shepherd s’inquiétait récemment d’actes volontaires. Peu probable selon Sami Hassani, scientifique à Océanopolis.  Delphinus delphis (C) Proteccion civil chiclana_Picasaweb.jpgTrois dauphins, morts et lestés par 55m de fond, retrouvés début octobre dernier, dans la calanque marseillaise de Morgiou : l’information avait révulsé les amoureux de la nature. Peu après, des dépouilles de ces cétacés étaient de nouveau découvert, cette fois sur la côte sud-Finistérienne. La proximité de ces événements avait conduit l’association Sea Shepherd à dénoncer le braconnage illégal. Deux plaintes ont été déposées auprès du parquet de Quimper.

«Nageoires coupées pour démailler un dauphin»Vendredi, un nouveau cadavre de dauphin échoué à Pouldreuzic relançait les interrogations. Sami Hassani, chef du service mammifères marins et oiseaux de mer au sein d’Océanopolis, n’est guère convaincu par la thèse d’actes intentionnels. Les nageoires ou la queue parfois coupées ? «Un dauphin décède après 20 mn d’apnée. Il est souvent mort lorsqu’on remonte le filet. Pour pouvoir le démailler plus facilement, la meilleure solution est de couper les nageoires et la queue. C’est pour cette raison qu’on retrouve des cadavres mutilés». Des blessures, plus ou moins près de l’oeil, pouvant laisser penser à un harpon ? «Un dauphin commun pèse 80 à 90kg. Selon le type de filet, un tel poids déchire les mailles. Des pêcheurs se servent alors de leur gaffe pour le remonter à bord. Ça peut ressembler à un trou de harpon, d’autant qu’une fois rejeté à l’eau, les crabes et les oiseaux vont « grignoter » en priorité la blessure, et conforter l’idée d’un harpon».

Lutter contre la déprédationDes captures accidentelles semblent donc plus plausibles. «Je suis les échouages d’animaux marins depuis 15 ans. Une seule fois, il nous est arrivé de retrouver un phoque avec un harpon. C’était le fait d’un plongeur qui avait paniqué», se remémore Sami Hassani. Sur une moyenne de 150 animaux marins retrouvés chaque année sur les côtes bretonnes, «25% peuvent avoir des traces de captures accidentelles».

Il n’exclut cependant pas les pratiques «très marginales» de quelques illuminés allant en mer pour harponner un dauphin et récupérer un peu de viande. Il rappelle que l’espèce n’est protégée que depuis 1970. «Ce n’est pas vieux. Il y a longtemps eu une tradition de manger de la viande de dauphin et de marsouin». Reste que les captures accidentelles sont regrettables «et les pêcheurs ne les souhaitent pas», martèle Sami Hassani. Une réglementation européenne préconise, depuis 2004, des filets équipés de répulsifs acoustiques. Mais ça n’est guère probant. À la demande des pêcheurs, d’autres programmes, notamment «Ping-Iroise», associant Ifremer, le parc marin, les comités locaux des pêches et Océanopolis, ont été lancés. «Ping-Iroise» a fait naître un nouvel axe de recherches, pour travailler sur les captures accidentelles, mais aussi lutter contre la déprédation (le fait que les mammifères marins, essentiellement les phoques, viennent s’alimenter dans les filets ou les lignes des pêcheurs). Là encore, pas de solutions miracle, mais de nouveaux engins de pêche sont à l’étude.

Source : letelegramme.com  (25.11.11) Autre info en lien : Dauphins morts. Des captures accidentelles plus plausibles    Actualité récente en rapport :  Finistère – Deux dauphins morts trouvés à Bénodet et Concarneau… Finistère : un troisième dauphin retrouvé mort à Névez… Finistère Sud – Dauphins morts : l’ONG Sea Shepherd saisit le tribunal ! Bretagne, Pouldreuzic : un dauphin retrouvé mort sur la plage… Trois dauphins retrouvés lestés au fond d’une calanque…   

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