L’appétit de la baleine expliqué par un organe sensoriel novateur…

Les rorquals, ou baleines à fanons, possèdent un organe sensoriel impliqué dans leur comportement alimentaire qui pourrait expliquer leur gigantisme : en une gorgée, le rorqual commun engloutit jusqu’à 80 mètres cubes d’eau, qui, filtrés, lui apportent 10 kilos de nourriture.     

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Des chercheurs dont les travaux sont publiés mercredi dans la revue « Nature », ont découvert un organe sensoriel qui coordonne leur mécanisme alimentaire complexe. Cette famille de mammifères marins regroupe les plus grandes baleines, la baleine bleue et le rorqual commun, ainsi que les baleines à bosse, et, plus petites, les baleines de Minke. 
Ces cétacés possèdent à la mâchoire supérieure des fanons, des lames de corne laissant dépasser des poils, qui leur permettent de filtrer l’eau. Pour se nourrir, ils plongent, mâchoire grande ouverte, engloutissant des milliers de litres d’eau en quelques secondes, tandis que les plis de leur gorge se dilatent comme un accordéon. Ils ferment alors les mâchoires et rejettent l’eau à travers les fanons qui retiennent les petits poissons et le krill, plancton formé de petits crustacés. 
De la taille d’un pamplemousse   Les chercheurs ont travaillé sur des carcasses de rorquals et de baleines de Minke capturées dans le cadre de la chasse commerciale en Islande, qui a repris en 2006, avec des quotas définis chaque année par le gouvernement. Des images de tomographie à rayons X des imposants spécimens leur ont permis de découvrir, à la pointe du menton de l’animal, logé dans le tissu ligamentaire qui joint les deux mâchoires, un organe sensoriel de la taille d’un pamplemousse. 
« Nous pensons que cet organe sensoriel envoie des informations vers le cerveau, afin de coordonner le mécanisme complexe d’alimentation, qui implique la rotation des mâchoires, l’inversion de la langue et la dilatation des plis de la gorge », a expliqué le paléobiologiste Nick Pyenson (Institut Smithsonian, Etats-Unis). 
« Cela aide probablement les baleines à percevoir la densité des proies » lorsque qu’elles plongent pour se nourrir, a-t-il ajouté. « En termes d’évolution, l’innovation de cet organe sensoriel a un rôle fondamental dans l’une des méthodes d’alimentation les plus extrêmes des créatures aquatiques », a pour sa part estimé le professeur de zoologie Bob Shadwick (Université de Colombie-Britannique, Canada). 
« Il est probable que cet organe sensoriel – et son rôle dans la coordination du mécanisme d’alimentation – soit responsable du fait que les baleines revendiquent le statut des plus grands animaux vivants sur la planète », a-t-il ajouté.
  Source :  7sur7.be  (24.05.12)      

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