Polynésie – Non-respect des baleines = infraction !

Face aux mauvais comportements de certains observateurs de baleines, la direction de l’Environnement, le ministère ainsi que la gendarmerie ont tenu à rappeler les règles de base quant à l’approche des cétacés.

L’essentiel :

Aucune sanction n’est encore tombée quant aux mauvais comportements des observateurs de baleines

La gendarmerie rappelle que les contrevenants s’exposent à des poursuites pénales La Polynésie est depuis 2002 classée sanctuaire marin

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Le ministre de l’Environnement, Jacky Bryant, la gendarmerie représentée par le colonel Valentini ainsi qu’un docteur en biologie marine, Agnès Benet, ont tenu à rappeler aux plaisanciers ainsi qu’aux professionnels, la réglementation concernant l’approche des baleines. Actuellement, un programme cétacé mené par la Diren, la direction de l’Environnement, est mis en place. Il consiste à faire une campagne de communication sur l’eau et à terre, pour expliquer à tous, comment approcher les mammifères marins. Des règles de base sont de rigueur. “On est dans un sanctuaire marin depuis 2002 et ce sanctuaire est doté d’un règlement. Il y a un code de l’environnement. Mon rôle est d’expliquer aux personnes qu’il faut respecter les baleines. On a constaté depuis l’an dernier, un côté affect des personnes pour les baleines. De plus en plus de personnes approchent les baleines et certains outrepassent leur sécurité, celle de leur enfant et celle des mammifères marins. Ils veulent tellement être plus proches des baleines qu’ils oublient les règles”, explique Agnès Benet. Depuis l’an dernier, plusieurs comportements inappropriés d’observateurs de baleines ont été constatés. “Nous voulons aujourd’hui rappeler qu’il y a des sanctions lorsque l’on a un mauvais comportement vis-à-vis de ces mammifères. Il faut qu’il y ait une réelle prise en charge individuelle. Il est clair qu’on ne peut pas mettre un gendarme derrière chaque bateau mais nous allons mener des actions ponctuelles pour que chacun respecte les règles”, souligne Jacky Bryant. Il attire la vigilance des amateurs de baleines. À l’heure actuelle, si aucune sanction n’a été prise à l’égard du “whale watching” qui dérangeait les animaux, des contraventions pourraient tomber.

Sensibilisation et répression. L’observation des mammifères marins à des fins récréatives ou scientifiques est réglementée et nécessite une autorisation depuis mai 2002, date à laquelle a été créé en Polynésie un sanctuaire pour la protection et la sauvegarde des baleines et des mammifères marins sur 4 millions de km2, interdisant la mutilation, le harcèlement, la capture, l’enlèvement, la consommation ou la chasse à la baleine. Jacky Bryant rappelle qu’il convient de respecter les zones d’approches. Cette zone est de 300 mètres. “Le bateau ne doit pas être perçu comme un poursuivant, l’approche doit se faire selon une certaine trajectoire. Il convient également d’adapter la vitesse du bateau qui est limité à 3 nœuds. La distance de 30 mètres maximum des cétacés doit être respectée”, martèle la Diren. Du côté de la gendarmerie, on rappelle que certains comportements peuvent être poursuivis pénalement. La semaine dernière, quelques plaisanciers ont en effet eu des agissements déplacés vis-à-vis des baleines. “On enquête en ce moment, sur des personnes qui auraient fait un rodéo sur un baleineau. Il y a des images qui ont été prises. Cela est intolérable. Nous allons voir avec le procureur dans quelle mesure nous pourrons les poursuivre. Ce ne sont pas des comportements à avoir”, lâche le colonel Valentini. Et de poursuivre : “Il faut que chacun prenne ses responsabilités. Ce sont des infractions. Il est clair que si les choses ne s’amélioraient pas, après toutes les campagnes de communication, on sévira”. Aussi, une fois de plus, les autorités attirent l’attention des baigneurs sur la vigilance face aux comportements des animaux, sur les zones d’approche et les zones de prudence. “Nous avons vraiment de la chance de pouvoir accueillir ces baleines chez nous. Il ne faut pas tout gâcher. C’est une richesse énorme”, conclut Jacky Bryant. Dans tous les cas, la règle d’or est de garder une distance respectueuse et d’éviter d’importuner les cétacés. Il faut rester à 50 m, 100 m si un baleineau est présent, et un nageur ne doit pas approcher à moins de 30 m. Il est préférable de ne pas rester plus de 15 minutes. Approcher par l’arrière en visant un point à côté du groupe plutôt qu’en se dirigeant droit dessus, et ralentir (3 nœuds) à partir de 300 m pour suivre ensuite une route parallèle en demeurant sur le côté du groupe. Les évolutions du bateau peuvent surprendre les cétacés : la vitesse doit être constante (3 nœuds), les changements de cap progressifs, et il ne faut pas couper le moteur. Attention aussi à ne jamais encercler les animaux, ni bloquer un cétacé contre le récif ou la terre, ou séparer les membres d’un même groupe et surtout pas une mère et son petit.

Zoom Quelques règles…

L’approche des mammifères marins doit être immédiatement interrompue en cas de perturbation ou de changement de comportement de l’animal. Par exemple, un comportement de fuite ou d’agressivité (accélération, changement de cap, recherche d’éloignement de l’observateur) doit être considéré comme un dérangement. Notez qu’il faut s’abstenir d’approcher les cétacés qui se trouvent en phase de repos. • Les conditions d’approche des mammifères marins – Zone d’approche (300 mètres) : Cette zone d’approche est définie par une distance de 300 mètres autour du ou des mammifères marins. La distance de 300 mètres définit la limite extérieure de la zone de prudence, à l’intérieur de laquelle toute activité humaine obéit à des règles strictes. – Évolution du bateau dans la zone d’approche Dès le repérage d’un cétacé et quelle que soit la distance, une vigilance particulière et une vitesse adaptée sont de rigueur. D’autres animaux peuvent être présents dans le secteur. Le bateau ne doit pas être perçu comme un poursuivant, l’approche doit se faire selon une trajectoire d’abord trois-quarts arrière puis devenant progressivement parallèle à la route de l’animal. Lorsque le bateau atteint la limite de la zone de prudence (30 m), sa vitesse relative doit être réduite, moteur éventuellement débrayé, mais jamais coupé, de façon à rester manœuvrant. Après l’observation, le bateau doit quitter progressivement le site en adoptant une route signalant de façon précise son départ. • Zone de prudence Cette zone correspond à la distance minimale autorisée. Au maximum trois embarcations sont autorisées à naviguer dans cette zone. Ces embarcations doivent alterner avec les autres navires autorisés demeurant en attente dans la zone d’approche. Une coordination et un respect mutuel entre observateur sont nécessaires Lorsqu’un cétacé approche le navire, il est recommandé d’adopter un comportement de prudence : – changer de direction, – réduire de vitesse, – moteur mis au point mort, – éteindre les sondeurs, – éviter de créer des nuisances sonores. Quelques règles simples : – ne pas sauter du bateau, – pas de plongée en apnée directement sur les animaux, – pas de plongée avec des appareils respiratoires à circuit ouvert, – pas de nage en poursuite, – ne pas toucher les animaux directement ou à l’aide d’un instrument lorsque les cétacés s’approchent volontairement,

– ne pas crier, ni émettre de bruits parasites.

Source : lesnouvelles.pf (15.10.12)

Source photo : wikimedia.org
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