Apnée – Plongées au bout de la mer…

On a besoin de rêver. Ils vont plonger pour nous. Au bout du monde, en apnée, aux côtés des baleines à bosse, des phoques léopard et autres orques des glaces. Deux sportifs de haut niveau s’apprêtent à rejoindre Ushuaia, en Argentine, pour gagner l’Antarctique et effectuer les apnées les plus sud.450px-Will2.JPG


On les savait complètement à l’ouest pour chercher à rester sous l’eau, sans respirer, jusqu’à six minutes. Cette fois-ci, dans moins d’un mois, c’est tout en bas du globe qu’ils partent plonger, au sein d’une expédition inédite. À sept sur un voilier, ils comptent rejoindre les côtes désolées du continent antarctique, en fin de saison australe. Après quatre ou cinq jours de navigation au départ d’Ushuaia, ils pourront enfin enfiler leur combinaison confectionnée sur mesure. Une seconde peau de 9,5mm d’épaisseur, vitale à cette latitude. Une carapace inhabituelle pour ces apnéistes, habitués à évoluer plutôt dans les mers chaudes, afin de favoriser le relâchement maximum du corps. Dans une eau entre 2 º et – 2 º, le rythme cardiaque va s’accélérer.

Un pompier et un marin-plongeur

Le froid va raccourcir la durée de leurs apnées. « Nous n’y allons pas pour battre des records d’endurance ou de profondeur façon Grand Bleu. Au contraire, nos plongées s’effectueront dans la plus grande sécurité, par 25m de fond maximum ». « L’un d’entre nous est médecin. Mais vu l’éloignement, on ne va pas tenter le diable pour autant ». « Nos apnées n’excéderont pas deux minutes trente. Nous plongerons à deux ou trois reprises, quelques dizaines de minutes par jour ». Laurent Marie, âgé de 32 ans, est pompier professionnel à Brest. Franck Daouben, 37 ans, est marin d’État, spécialisé dans les travaux sous-marins à la base navale brestoise. Les deux apnéistes confirmés font partie de l’incontournable GMAP (Groupe Manche Atlantique Plongée), le club brestois qui attire les meilleurs Français de la discipline. Suivis de près par l’entraîneur de l’équipe de France, les deux hommes se soumettent à un entraînement spécifique depuis des mois, à raison d’une à deux séances quotidiennes. Ils alternent ainsi plongée en piscine, en pleine mer, course à pied et vélo (en apnée) pour supporter les rigueurs du Grand Sud.

Hulot et Pelizarri avec eux

L’objectif est de se constituer un capital physique suffisant pour affronter les conditions extrêmes de l’Antarctique. Moins ressentir les effets du froid, repousser la fatigue et les agressions extérieures qui limitent les performances sous l’eau. En guise de coup de projecteur sur leur expédition, le 8 novembre dernier, Laurent Marie est descendu à l’endroit le plus profond de la rade de Brest (50m). Une apnée de santé à côté de ses 63m déjà réalisés en Méditerranée. Un détail à côté des hallucinants 126m de l’actuel record mondial (poids constant avec palme). L’objectif de ce voyage en Antarctique est surtout scientifique et pédagogique, dédié à la protection du milieu et à la sauvegarde de l’environnement. Nicolas Hulot a accepté, sans hésiter, de parrainer leur expédition. Aujourd’hui très impliqué dans la défense de l’environnement, l’immense Umberto Pelizarri, le rival et grand ami de Jacques Mayol, s’est également rallié à leur cause. Le parc de découverte des océans brestois, Océanopolis, leur fournira du matériel de prise de vue et le nécessaire pour effectuer des prélèvements de planctons uniques dans ce secteur.

Des images pour témoigner

La pépite de cette expédition bleu glacier sera à dénicher aux côtés des animaux marins. Sans bulles, libres comme l’eau, ces hommes-poissons joueront de leur discrétion pour se mêler aux habitants des lieux. On a envie de rêver. Ils ont promis de rendre compte de leur aventure, sans concession. « Nous rapporterons des images pour expliquer aux plus jeunes, notamment, que le moindre de nos gestes peut avoir des conséquences à l’autre bout de la mer ».

– L’Âme Bleue : 06.82.28.67.96 ou 06.65.55.81.00. Également sur Facebook


Source :

letelegramme.com (05.02.13)

Source photo :

commons.wikimedia.org

  

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