Disparition de Capitaine Crochet : pas de nouvelles… mauvaises nouvelles…

(Rivière-du-Loup) Les espoirs de revoir en vie Capitaine Crochet sont bien minces. Le rorqual commun de 20 mètres et de 60 tonnes qui s’est empêtré dans un casier de pêche au crabe au début de l’été n’a pas été revu depuis la mi-juin, moment où il avait quitté l’estuaire du Saint-Laurent à la recherche de nourriture. Selon le Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM), le fait qu’il n’ait pas été signalé n’augure vraiment rien de bon.
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«On dit généralement pas de nouvelles, bonnes nouvelles, mais dans ce cas-ci, c’est probablement le contraire», note le directeur scientifique du GREMM, Robert Michaud.  La femelle est arrivée dans le Saint-Laurent autour du 6 juin avec un immense casier de crabe solidement ancré sur la tête. Les efforts entrepris durant plusieurs jours pour la libérer ont été vains. «Lorsque Capitaine Crochet a disparu, il est parti en même temps que plusieurs autres rorquals communs, probablement pour chercher de la nourriture. Ces grands voyageurs parcourent de longues distances, et le retard de leur retour ne nous inquiétait pas outre mesure», note M. Michaud. Mais voilà, lorsque les autres rorquals communs sont revenus, Capitaine Crochet ne se trouvait pas parmi eux. «C’est à ce moment que notre optimisme a commencé à descendre, d’autant plus qu’une revue des prises accidentelles réalisées ces dernières années nous apprend que le taux de survie moyen à des incidents de ce genre est en moyenne de six mois pour des cas sévères. Celui de Capitaine Crochet est extrêmement sévère.» M. Michaud évoque la nature du gréement dans lequel la baleine s’est empêtrée. «C’est très gros, très lourd et même si l’animal pouvait ouvrir la bouche, nous sommes convaincus que ça pouvait réduire de façon assez spectaculaire sa capacité de plonger pour s’alimenter. Considérant ces faits, nous n’avons pas beaucoup d’espoir que Capitaine Crochet ait survécu à cette aventure.» Capitaine Crochet fréquentait le secteur du Parc marin du Saguenay-Saint-Laurent depuis 20 ans. Souvent, la baleine était la première arrivée et la dernière à partir. À quelques reprises, la femelle était accompagnée d’un veau. Pour les guides animaliers et les capitaines de croisières, son départ laissera certainement un grand vide, eux qui l’avaient ainsi baptisée à cause de son aileron caractéristique qui a la forme d’un crochet. Sensibiliser la population«Lorsque de tels incidents se produisent, la majorité de ces animaux vont couler. Le processus de décomposition le ramènera peut-être à la surface, quoique le poids de la cage ait probablement joué un rôle. Mais l’histoire de ce rorqual commun a été très médiatisée, et je crois que si des gens le voient, ils nous le rapporteront certainement!» conclut M. Michaud, en espérant que cela puisse sensibiliser la population. «Nos activités humaines ont un impact sur les animaux avec lesquels on partage le Saint-Laurent. Il faut considérer cela dans nos décisions. On parle d’exploitation gazière dans le golfe, mais nos connaissances relativement aux impacts réels que nos actions peuvent avoir chez ceux qui habitent le fleuve sont très limitées», termine-t-il. Source : lapresse.ca (21.10.13)

Voir également :
baleinesendirect.org 
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