Vidéo – Gaël Gautier : dans le sillage des dauphins…

Rien ne prédisposait Gaël Gautier à faire rêver des milliers de personnes. Et pourtant, la magie opère chaque fois à bord de son bateau ancré depuis dix ans à Cancale. L’an dernier, près de 1.600 personnes ont embarqué grâce à son association Al Lark pour découvrir ce qui reste encore pour beaucoup du domaine du fantasme : les grands dauphins !


Etude des grands dauphins de la baie du Mont…par Supergalette

Gaël Gautier n’était pas, au départ, spécialement intéressé par les dauphins. « Mon père m’avait offert un livre sur eux mais je ne l’ai lu qu’à l’âge adulte ». Mais la nature était déjà sa passion. Après un BTS de gestion et protection de la nature, le jeune homme effectue un stage d’animation à la Maison de la Baie, en 2004, au Vivier-sur-Mer (35). C’est alors qu’il rencontre Yohann Avice qui a l’envie de créer une association de découverte en bateau du milieu marin. Très vite, le duo décide se spécialiser sur les habitants des baies de Saint-Malo et du Mont-Saint-Michel qu’ils croisent fréquemment : les mammifères marins.

Observer sans perturber

Pour subvenir à ses besoins, Gaël a travaillé, pendant cinq ans, pour les classes de mer à Saint-Briac-sur-Mer (35). « J?emmenais les enfants découvrir le littoral, la pêche à pied et l’été, j’étais bénévole pour Al Lark. Ça m’a formé ». Cette expérience, il la met au service de l’association qui vient de formaliser un projet pédagogique à destination des écoles d’Ille-et-Vilaine. « On est les seuls à proposer ça en Bretagne ». Dès 2006, l’animateur se forme auprès de Céline Liret, scientifique d’Océanopolis et spécialiste des grands dauphins de l’île de Sein (29). À présent, à bord du semi-rigide Tursiops (le nom scientifique du dauphin), Gaël est devenu intarissable. Armé de son appareil photo et de ses jumelles, il est rodé : d’abord une heure dans la baie et sa biodiversité, avec cartes et croquis ; vient ensuite l’observation. Chaque passager se voit confier un angle de vue. Le premier qui décèle au loin un piqué d’oiseau, un aileron ou un grand saut donne l’alerte. Dans 70 % des sorties, les mammifères sont au rendez-vous. L’association a édité un document à destination des plaisanciers pour leur expliquer comment observer les dauphins sans les perturber.

90.000 clichés

Tous les clichés sont répertoriés et analysés. Gaël Gautier en compte à lui seul 90.000. Les mammifères sont identifiés par matching (comparaison) des photos et grâce aux ailerons entaillés par des morsures. « Dans notre zone d’étude, de Granville (Manche) au Cap Fréhel (22), 300 dauphins transitent. On ne peut pas baliser un dauphin, tout s’effectue visuellement ». Le travail scientifique s’opère en concertation avec l’Observatoire Pelagis, basé à La Rochelle (Charente-Maritime). Al Lark s’occupe aussi des dauphins échoués et pratique les autopsies. Depuis quelques mois, Morgane Perri, biologiste marine, vient de rejoindre la structure. Gaël et Morgan souhaitent désormais développer les études éthologiques et proposer des conférences et expositions. Et si possible aménager un local. Al Lark fête ses dix ans ce mois-ci. Gaël, salarié depuis deux ans, est loin d’être blasé de sa mission de sensibilisation au milieu marin. « Le dauphin est un superprédateur, en haut de la chaîne alimentaire. C’est un très bon indicateur de l’écosystème ». En observant ses protégés, il veille aussi sur la mer.

17 janvier 1980. Naissance de Gaël Gautier à Combourg (35). À 8 ans, sa famille quitte Combourg pour s’installer à Cancale, qui devient alors le port d’attache de Gaël.

27 février 2004. Création de l’association Al Lark (« vers le large » en breton).

22.000 vues en 2013 sur le site internet al-lark.org

Source :  letelegramme.fr (11.03.14)

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