Orques en captivité : l’effet «Blackfish» peut-il gagner Marineland ?

Une chute de 33% à la bourse de New York le 13 août dernier et un chiffre d’affaires en baisse de 5% au premier semestre 2014… Le documentaire Blackfish fait beaucoup de mal à Seaworld, groupe américain de parcs aquatiques.

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Une orque capable de «se venger»

Sortie en 2013, le film de Gabriela Cowperthwaite retrace la vie de Tilikum, la plus grande orque captive au monde avec ses 6,9 mètres de long et ses 5.400 kilos. Un mastodonte capable d’amuser le public lors de numéros comme de tuer par excès de colère. Tilikum a ainsi été impliqué dans trois attaques meurtrières, le premier dans un parc canadien, les deux autres dans des delphinariums de Seaworld, propriétaire de l’animal depuis 1992. Blackfish se penche sur les conditions de captivité de l’animal, particulièrement traumatisantes, et entend démontrer que l’orque serait capable de «se venger», lorsque l’homme contraint sa nature sauvage.

«Pas d’impact» à Marineland

En France aussi, Blackfishconnaît un certain succès. Sa diffusion sur Arte le 29 juin dernier a réuni près d’un million de téléspectateurs. La presse en a également beaucoup parlé. De quoi inquiéter Marineland ? Le delphinarium d’Antibes (Alpes-Maritimes) est le seul en Europe à avoir des orques. «Les chiffres n’ont pas été très bons en juillet, constate Bernard Giampaolo, son directeur. Mais cela s’explique davantage par la Coupe du Monde, la crise et le mauvais temps. Toute la Côte d’Azur a été touchée. Août est un mois tout à fait normal.»

Pourtant, pour Lamya Essemlali, présidente de Sea Sheoherd France, ONG de défense des créatures marines, Blackfishne vise pas seulement Seaworld. «Tout l’intérêt du documentaire est d’être le premier à montrer l’envers du décor des delphinariums, ces machines de communication qui vous expliquent que leurs orques sont les plus heureuses du monde et que l’animal est adapté à la vie en captivité.»

Des orques, Marineland en a six aujourd’hui. Cinq nées en captivité et l’une capturée au large de l’Islande en 1982. «Nous avons jamais eu un seul incident avec l’une de ses orques», assure Bernard Giampaolo qui ne jette pas non plus la pierre à Seaworld: «Ce sont de vrais professionnels, ils ont beaucoup contribué à une meilleure compréhension des orques.»

«Une espèce pas faite pour vivre en captivité»

Mais ces études scientifiques arrivent bien souvent à la même conclusion: «L’espèce n’est pas faite pour vivre en captivité», assure Christophe Guinet,chercheur au Centre d’études biologiques de Chizé, spécialiste des orques. A l’état sauvage, ce super-prédateur parcourt une centaine de kilomètres par jour, a des relations sociales à très long terme avec quelques individus et supporte très mal d’en être séparé.» «Sans parler du sonar, très utilisé par l’orque pour se déplacer, ajoute Lamya Essemlali. Dans un bassin en béton, il ne sert plus à rien.»

Que faire des orques déjà captives?

La capture d’orques est aujourd’hui interdite sur le territoire américain tout comme au large de l’Islande. «Mais en Russie, cela se fait encore, notamment pour alimenter le marché asiatique, observe Christophe Guinet. Un delphinarium ouvre chaque mois en Chine.»

Le nombre d’orques en captivité serait toutefois stable. Autour d’une cinquantaine. «La question est de savoir ce qu’on fait d’eux, demande Bernard Giampaolo. La majorité des delphinariums font des efforts pour améliorer leurs conditions de vie. C’est la seule solution possible.» Christophe Guinet confirme: «Ils mourront dans les mois qui suivent si on les remet dans leur état naturel.»
Source & liens complémentaires :  20minutes.fr (19.08.14) Source photo :  wikipedia.org 


Note de Réseau-Cétacés: le Marineland d’Antibes n’est pas le seul établissement en Europe à priver des orques de liberté, le Loro Parque (Tenerife, Iles Canaries, Espagne) en détient également.


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