Canada – Démystifier le métier d’observateur de mammifères marins…

Rivière-du-Loup – Avec les travaux de forages menés pour le compte de l’entreprise TransCanada à Gros-Cacouna, un site reconnu comme une pouponnière de bélugas, des observateurs du Réseau d’observation de mammifères marins (ROMM) ont été dépêchés sur place. Un métier à démystifier alors que École des Pêches et de l’Aquaculture du Québec en Gaspésie (ÉPAQ) est justement en période de recrutement.
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« Dehors toute la journée à ne rien faire, ça doit-être le fun! » Et pourtant, au-delà des préjugés et des jugements faciles, l’observateur de mammifères marins doit détenir certaines qualités et connaissances spécifiques. Après tout, son mandat est de faire respecter la réglementation associée à la surveillance de travaux maritimes et susceptible d’avoir des impacts sur les baleines et les espèces listées et protégées par la Loi sur les espèces en péril du Canada.

Le métier est méconnu, et pour cause, les observateurs marins sont peu nombreux. La formation d’observateur de mammifères marins (OMM) et d’opérateur de système d’acoustique passive (PAM) imposait jusqu’à tout récemment de s’expatrier hors du continent. Aujourd’hui le Québec est le seul endroit au Canada où cette formation peut être suivie.

« C’est le chemin qu’a suivi Stéphanie-Carole Pieddesaux, responsable scientifique du ROMM et enseignante à l’ÉPAQ. Elle a ensuite adapté la formation à notre réalité, à nos mammifères marins », souligne la directrice générale du ROMM, Esther Blier.

À ce jour, une quarantaine d’observateurs ont été formés. S’il s’agit bien souvent d’un travail d’appoint pour des biologistes ayant déjà une connaissance du Saint-Laurent, il est possible d’y œuvrer à temps plein, en acceptant à l’occasion des mandats à l’étranger.

« Aux États-Unis et en Europe, c’est un métier qui profite d’une excellente structure, qui a même son association, The Marine Mammal Observer Association (MMOA) », ajoute Mme Blier. Le ROMM qui a rempli de nombreux mandats d’observation, dont évidemment celui de Gros-Cacouna, emploie actuellement huit observateurs.

OBSERVATEUR

Alors, facile le métier d’observateur de mammifères marins? « Il faut avoir la capacité d’être attentif pendant de longues heures en regardant la surface de l’eau. Il faut pouvoir identifier les espèces observées. Il faut pouvoir connaitre et reconnaitre les comportements associés au dérangement et à l’évitement. Il faut aussi être capable de communiquer efficacement pour faire arrêter les travaux lorsque le permis délivré exige que les travaux soient suspendus tant et aussi longtemps qu’il y un mammifère marin dans une zone précise, et si ces directives ne sont pas respectées par l’entrepreneur, il faut alors aviser les autorités compétentes pour dénoncer les comportements fautifs. Tout ça, ce n’est pas donné à tout le monde ! », répond Mme Pieddesaux.

INSCRIPTION

Pour les personnes intéressées, la prochaine formation aura lieu à Grande-Rivière, du 20 au 27 octobre 2014. La période d’inscription bat son plein. Pour plus d’informations, contactez Véronique Nolet à developpement@romm.ca.


Source :  infodimanche.com (07.10.14)

Source photo :  wikipedia.org 
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