Vidéo – Au large du Touquet, il tombe nez à nez avec une centaine de dauphins… !

On commençait à s’habituer à croiser des phoques ci et là. Mais des dauphins… On n’y croyait pas ! Patrice Maillard, l’heureux veinard, en a côtoyé une centaine par pur hasard au large du Touquet et de Sainte-Cécile dimanche après-midi. Il nous raconte ce « moment inoubliable ».


« C’est incroyable. Je pensais rêver ! » Patrice Maillard, un Béthunois habitué de la base nautique nord du Touquet, se pince encore pour être sûr qu’il n’a rien inventé. Dimanche après-midi, alors qu’il rentre tranquillement de Boulogne à bord de son petit voilier jaune, il fait une rencontre tout à fait inhabituelle : il tombe sur un banc de dauphins, à un kilomètre à peine, au large du Touquet et de Sainte-Cécile.

« Souvent, par ici, on croise des marsouins avec des nageoires dorsales plus petites. C’est la première réaction que j’ai eue. Et puis je me suis dit : Nom d’une pipe, ce n’est pas l’aileron d’un marsouin ça ! »

Eh non, il s’agit bien de « grands dauphins » (lire ci-dessous), de belles bêtes de 3,50 mètres de long en moyenne, que l’on n’a franchement pas l’habitude d’apercevoir le long de nos côtes.

« C’est la première fois de ma vie que j’en vois. J’avais l’impression d’être sur une autre planète, raconte le plaisancier. Je me suis baladé de groupes en groupes pendant une heure… Je suis persuadé qu’il y en avait plus de cent, dans un rayon de deux cents mètres. Il y avait même de jeunes dauphins qui étaient avec leur mère. »

« Ils jouaient avec moi »

Le Béthunois prend la mesure de l’instant. Il traîne, discrètement, sans faire de bruit. « Après, ils jouaient avec moi. Limite, je pouvais même les toucher ! » Certains suivent son bateau, d’autres sautent au loin comme pour le saluer.

Patrice Maillard, qui navigue seul, a le réflexe de sortir son téléphone portable pour filmer ses improbables compagnons de voyage. « J’ai dû prendre vingt-cinq vidéos. » À l’approche de deux jets-skis bruyants, il multiplie les gestes pour leur demander de couper le moteur. La seule façon de profiter un peu plus du spectacle…
« Les dauphins ne semblaient pas faire une route organisée, le banc était composé de nombreux petits groupes qui allaient et venaient. Le tout se déplaçant vers le large. »

Une fois sur la terre ferme – et pas vraiment remis de ses émotions –, l’heureux chanceux a publié ses vidéos sur les réseaux sociaux. Avec un succès immédiat. « Quand j’en ai envoyé une à ma fille, elle m’a dit : Tu t’es perdu, j’ai vu les mêmes en Australie. » Il faudra peut-être s’habituer.

«Ce sont de grands dauphins, une espèce qui vit en groupe »

Quatre questions à Willy Dabin, ingénieur au Centre de recherche sur les mammifères marins, à La Rochelle. – Quelle espèce de dauphin a été observée dimanche par le plaisancier ?

« Ce sont des grands dauphins. C’est une espèce grégaire, qui vit en groupe. Généralement, soit on rencontre un animal seul, isolé, qui est alors malade ou va mourir. Soit on voit une unité sociale avec un groupe d’une dizaine de grands dauphins. Et dans ce cas, il y en a forcément d’autres qui ne sont pas très loin… »

– Est-ce courant de les apercevoir le long de nos côtes, dans la Manche ?

« Je ne veux pas trop m’avancer, mais des grands dauphins comme ça, évoluant en groupe dans le sud de la mer du Nord, je n’en ai pas souvenir (excepté un premier groupe de 40 dauphins, qui aurait été aperçu cet été au large du cap Gris-Nez, NDLR). S’ils font des incursions plus dans nos côtes, généralement c’est pour de la recherche alimentaire. »

– Faut-il y voir une installation des dauphins dans nos eaux ?

« On ne peut pas spéculer de quoi que ce soit. Pour l’instant, on a un point, ce sont ces vidéos. Il faudra voir ensuite. Toute observation est intéressante, les plaisanciers ne doivent pas hésiter à nous les remonter. Ainsi, on pourra dire s’il y a une évolution de fréquentation ou non. »

– Comment faut-il réagir dans pareille situation avec des dauphins ?

« Il faut respecter leur mode de vie, ne pas trop s’approcher, garder une distance d’au moins 50 – 100 mètres et surtout couper le moteur afin de ne pas les effrayer. S’ils veulent venir, ils viendront. Il n’y a que comme ça qu’on pourra les recroiser le long de ces côtes. »

En cas d’observation de dauphin ou de tout autre mammifère marin, il faut le signaler au Centre de recherche sur les mammifères marins (CRMM) de La Rochelle. Contact : 05 46 44 99 10.
Source :  lavoixdunord.fr (14.10.14)
Plus d’infos sur l’espèce & fiche pédagogique téléchargeable :
Le grand dauphin

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