Canada – Bélugas : donner d’une main, tuer de l’autre…

Par Monique Crépault le 21 novembre, 2014

En 1900, il y avait 10 000 bélugas dans l’estuaire du Saint-Laurent. Aujourd’hui, il en reste 880. Un déclin catastrophique dû aux conséquences de l’activité humaine sur leur environnement.
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Mais réjouissons-nous, on peut désormais se rassurer sur le sort de la baleine blanche du St-Laurent puisque l’honorable ministre provincial du Développement durable, de l’environnement et de la lutte aux changements climatiques a annoncé cette semaine qu’il venait d’en adopter un.

David Heurtel a pris 5000 $ dans son budget de ministre et l’a donné à un programme de recherche visant à assurer la santé du fleuve Saint-Laurent et de ses habitants. Wow.

On se souvient que le gouvernement conservateur aimerait beaucoup construire un port pétrolier à Cacouna, dans le Bas-Saint-Laurent, là où depuis 7000 ans naissent les bélugas du fleuve St-Laurent.

Le gouvernement trouve que c’est une bonne idée d’aller forer dans le port où naissent les bébés bélugas dont l’espèce est en voie d’extinction et d’y installer un oléoduc pour exporter le pétrole des sables bitumineux de l’ouest.

Le ministre qui vient de donner 5000 $ de sa poche de ministre pour la recherche sur la santé des bélugas est le même qui a accordé les autorisations de forer à Cacouna. C’est simple et il ne faut pas chercher midi à quatorze heures. Les bélugas se meurent parce qu’on a envahi leur demeure et qu’on continue à vouloir les envahir.

On aura beau faire tous les tests qu’on voudra, subventionner toutes les recherches qu’on voudra à coups d’adoption virtuelle, les bélugas vont continuer à dépérir tant qu’on ne laissera pas leur environnement tranquille.

Selon un récent sondage commandé par des organismes environnementaux, 71 % des 1006 Québécois interrogés ne veulent pas que l’on construise un port pétrolier à Cacouna.

Trois Québécois sur quatre ne veulent pas, mais certains sont indécis. Un résident de Cacouna résumait sa pensée récemment en réclamant des preuves tangibles que les bélugas disparaîtront si on va de l’avant avec le projet de port pétrolier à Cacouna.

Le problème, c’est que la seule preuve tangible sera la disparition du béluga à Cacouna. Il sera un peu tard, on en conviendra.

Trois Québécois sur quatre ne veulent pas d’un port pétrolier à Cacouna. C’est beaucoup. Est-ce que ce sera assez ? Je l’espère parce que le béluga ne peut pas se défendre…

Il ne peut pas mordre la main qui lui donne et le tue en même temps.
Source :  actualites.sympatico.ca (21.11.14)


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