Des milliers de dauphins, oiseaux, tortues, requins et grands poissons observés dans les eaux françaises… !

L’Agence des aires marines protégées et l’Observatoire PELAGIS (UMS 3462 Université de La Rochelle/CNRS) livrent les résultats de la campagne de Suivi aérien de la Mégafaune marine (SAMM). Cette campagne nationale, d’une ampleur inédite, apporte des connaissances scientifiques cruciales pour mieux connaître et protéger les oiseaux, les mammifères marins et l’ensemble de la mégafaune pélagique (tortue, raie, requin) dans les eaux territoriales et métropolitaines françaises.

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Les campagnes de Suivi Aérien de la Mégafaune Marine (SAMM) avaient pour objectif de produire un état des lieux de la distribution spatiale et de l’abondance relative des oiseaux et mammifères marins dans les eaux françaises métropolitaines. Les tortues marines, raies, requins et grands poissons visibles en surface ainsi que les activités humaines (pêche, trafic maritime, déchets) ont également été répertoriées. Afin de prendre en compte les effets de la variabilité saisonnière sur la distribution de la mégafaune marine, le programme a couvert deux saisons consécutives et distinctes durant l’hiver 2011/12 et l’été 2012.

Ce programme est une réussite et une première avec l’observation de 3 500 cétacés, 35 000 oiseaux, 500 tortues marines, 900 requins ou raies, 4 300 grands poissons dans les eaux des façades métropolitaines françaises (Manche mer du Nord, Atlantique et Méditerranée).

Les cétacés dans les eaux françaises

Au total 12 espèces différentes de cétacés ont été observées dans le golfe de Gascogne où le dauphin commun est majoritaire et seulement 5 en Manche où le marsouin représente plus des trois quart des observations.

Les scientifiques ont profité de ces observations pour estimer le nombre d’individus par espèces et secteur géographique. Dans le golfe de Gascogne, le nombre de dauphins communs et dauphins bleu et blanc est estimé à environ 290 000 individus en hiver, essentiellement sur le talus continental, et à l’ouest de la Bretagne et à près de 700 000 individus en été !

En Méditerranée, le globicéphale noir, la baleine à bec de Cuvier et le cachalot sont présents dans la région, et les faibles nombres d’observations ne permettent pas d’estimer leurs abondances respectives.

Les oiseaux marins dans les eaux françaises

Les observations d’oiseaux marins représentent plus de 95% des observations totales. Elles appartiennent essentiellement à sept familles : procellariidés, hydrobatidés, sulidés, phalacrocoracidés, stercorariidés, laridés et alcidés. Deux familles d’oiseaux aquatiques complètent la composition spécifique observée : les gaviidés et les anatidés.

Ainsi les oiseaux suivants ont été observés : Fulmar boréal, Petits puffins, Grands puffins, Océanites, Fou de Bassan, Cormorans, Grand labbe, Petits labbes, Sternes, Mouette pygmée, Mouette tridactyle, Mouettes rieuses / mélanocéphales, Goéland cendré, Grands goélands gris, Grands goélands noirs, Laridés, Alcidés, Macreuses et Plongeons.

C’est en Atlantique que la diversité et l’abondance des espèces est la plus élevée. Pour la plupart des groupes observés, les densités sont nettement plus élevées pendant la saison d’hiver, de même que la diversité spécifique (entre espèces).

La pertinence des Aires Maritimes Protégées

Cet inventaire est également l’occasion d’évaluer l’intérêt de chaque Aire Marine Protégée ( AMP ) présentes dans les eaux métropolitaines en termes d’enjeu de conservation en mer des espèces marines. Un site est considéré comme utile et sensé dès qu’il abrite au « minimum 1% d’une population nicheuse ou présente dans les eaux sous juridictions françaises » à au moins un moment du cycle de l’espèce concernée (Natura 2000).

En ce qui concerne les cétacés, les chercheurs indiquent que les « zones de protection actuelles ne sont globalement pas adaptées à la conservation des cétacés. » Pour autant, les parcs naturels marins (PNM), qui couvrent une plus grande superficie, sont « intéressants pour les cétacés. Ainsi, le golfe du Lion est favorable au grand dauphin l’été, aux globicéphalinés l’hiver. En Iroise, le PNM d’Iroise est important pour le marsouin commun en été où l’on retrouve 3,1% de la population nationale, et pour les petits delphininés en hiver (1%). Le PNM des Estuaires Picards et de la Mer d’Opale est intéressant pour le marsouin, avec 4,9% de la population nationale en hiver. Les parcs nationaux quant à eux représentent un enjeu pour les grands dauphins à Port-Cros dans son ensemble en été, pour les globicéphalinés dans le parc des Calanques dans son ensemble en hiver.

En ce qui concerne PELAGOS, le sanctuaire est très important pour le dauphin bleu et blanc, le grand dauphin, les globicéphalinés et le rorqual commun, en été et en hiver. » En ce qui concerne la protection des oiseaux, les sites protégés selon la Directive Oiseaux sont en majorité pertinents, sauf pour les « grands puffins et océanites pour lesquels le réseau existant est totalement inadapté ». Et, comme pour les cétacés, une plus grande superficie permet d’atteindre le seuil de pertinence pour la conservation en mer de tant d’espèces différentes.

L’impact des activités humaines visible en mer

Cette campagne aérienne a également été l’occasion d’avoir une vision plus globale des activités humaines : 2 500 bateaux ont été observés mais aussi 28 000 macrodéchets qui participent à la pollution quasi généralisée des océans en déchets . Ces macrodéchets étaient visibles d’avion, ils sont donc à différencier des micro particules de déchets, bien plus nombreux, mais qui sont difficilement observables à l’oeil nu.

Cette campagne montre à la fois la diversité, la fragilité d’une partie de la biodiversité marine « visible » mais aussi l’intérêt de mieux la connaître pour mieux la préserver. En effet, les eaux métropolitaines françaises abritent de nombreux animaux marins qui ne profitent pas toujours d’une protection adaptée.

Notes

Aux niveaux communautaire et international, les Etats Membres de l’Union Européenne se sont engagés à enrayer la perte de biodiversité et à valoriser le patrimoine naturel communautaire. Les objectifs européens en matière de protection de la nature et de préservation de la biodiversité prévoient notamment la mise en oeuvre d’un réseau de sites écologiques à l’échelle européenne. Ce réseau, identifié sous le nom de Natura 2000, repose sur les deux directives majeures « Habitats Faune-Flore » et « Oiseaux ». La Directive Cadre Stratégie pour le Milieu Marin (DCSMM, 2008/56/CE) complète ces deux dispositifs pour la mise en place de politiques de conservation ou de restauration des habitats marins inclus dans la Zone Economique Exclusive (ZEE).

Source


Rapport final – Suivi Aérien de la Mégafaune Marine en France métropolitaine – 11/2014


Auteur

Christophe Magdelaine / notre-planete.info

Source &  » Rapport final – Suivi Aérien de la Mégafaune Marine en France métropolitaine – 11/2014 » en téléchargement notre-planete.info  (04.12.14)


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