Accepterez-vous de manger du faux poisson pour sauver l’environnement… ?

Nos habitudes alimentaires dépeuplent les océans et, plus généralement, impactent de manière dramatique l’environnement. De nouveaux substituts au poisson font leur apparition dans les restaurants, mais il n’est pas sûr que nous soyons encore prêts à les adopter.


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Atlantico: Pour pallier la disparition de certaines espèces animales, comme le thon rouge, des restaurateurs remplacent le poisson par des aliments à base d’algues ou de légumes ayant le même aspect physique que le thon. Pour protéger nos espèces animales et préserver notre environnement, sommes-nous condamnés à manger du « faux poisson » ? Au vu des richesses de la mer, en a-t-on réellement besoin ? Et serions-nous prêts à arrêter d’en manger ?

Bruno Parmentier :On a mangé dans le monde 160 millions de tonnes de poisson en 2013, contre 18 millions en 1950 ! Soit maintenant 21 kilos par terrien et par an, dont près de 35 par Français. Pour cela, on a pêché 90 millions de tonnes et élevé 70 millions de tonnes.Croire qu’on peut prélever une telle quantité sans s’occuper sérieusement du renouvellement, et sans dépeupler la mer, est une opinion bien naïve !Le poisson de mer est en fait tellement menacé qu’il est en fait proche d’être condamné, à commencer par des espèces comme le thon rouge !

Il nous reste donc deux solutions : élever des poissons, ce que nous avons commencé à faire (enfin pas nous les Français, essentiellement les Chinois et les pays du sud-est asiatique), ou baisser notre consommation ! Depuis 2013, on mange plus de tonnage de poisson d’élevage sur cette planète que de bœuf. Mais pour des espèces géantes et carnivores comme le thon, l’élevage est difficile, et peu durable car il faudrait pêcher énormément de petits poissons pour nourrir les thons élevés.

Reste donc à réduire notre consommation, ce qui ne satisfait guère l’amateur de sushi, traditionnel (comme le japonais) ou récemment converti, comme quelques Français urbains. Ceux qui sont « accros » à cette excellente nourriture en ont tellement envie qu’on en vient donc à leur proposer des substituts, comme pour les drogués finalement. Pourquoi pas en effet ! Si ces substituts nous apportent le plaisir que nous recherchons, en nous aidant à moins piller notre planète si fragile, pourquoi écarter a priori cette solution ?

C’est pareil pour la viande ! Le restaurant chinois Tien Hiang par exemple, à Paris, propose toute une carte de plats de « poulet, bœuf ou porc », qui semblent plus vrais que nature, bien qu’ils soient préparés à partir d’une base végétale, la « protéine de soja texturé ». On y vit une expérience fort intéressante, comme de nombreux articles de presse l’ont relaté.

Comment est-ce qu’on fabrique du « faux poisson » ? Ce dernier a-t-il les mêmes qualités nutritives ?

On travaille une matière première riche en protéine, qui est souvent le soja, mais aussi d’autres, telle que la tomate utilisée par le chef californien James Corwell ; on lui donne la texture désirée (poisson, viande, etc.), puis on rajoute certains additifs qui apportent le goût, et des sauces. Les qualités nutritives ne sont évidemment pas exactement les mêmes. Et il y aura inéluctablement des problèmes un jour avec certains additifs… mais il y en a aussi actuellement avec le poisson, souvent bien chargé en mercure, cadmium, DDT et autres vue la pollution de la mer, à tel point qu’il est fortement déconseillé aux enfants et aux femmes enceintes de manger trop souvent des gros poissons prédateurs carnivores comme l’espadon, la lotte, la daurade, le thon, le loup de mer, le brochet, le requin, etc., qui concentrent fortement ces poisons. En matière d’alimentation, rien n’est jamais définitif et les excès se payent toujours. Source & infos complémentaires :  atlantico.fr (29.01.15) Source  photo :  wikimedia.org 
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