Élodie Largenton

Pendant six semaines, une équipe de scientifiques australiens et néo-zélandais a tendu l’oreille pour recueillir les conversations de ces mammifères géants dans l’océan Antarctique.
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Les chercheurs ont découvert que les chants pouvaient être captés jusqu’à 1 000 kilomètres de distance – ce qui équivaudrait à avoir une conversation avec quelqu’un qui est à Melbourne ou à Brisbane, alors que l’on se trouve à Sydney. Mike Double, scientifique australien qui a pris part à l’expédition : 
  « On les entendait depuis 750 à 1 000 kilomètres de distance. Leurs chants sont aussi puissants que ça. En fait, le son peut rebondir au sein des différentes couches de l’océan. Il se propage horizontalement et peut donc voyager à travers l’océan sur de très longues distances. »  La quête des chercheurs les a menés jusqu’aux confins de la mer de Ross, où ils ont vécu une expérience inouïe, entourés par des dizaines de baleines bleues, le plus gros animal vivant sur terre, menacé d’extinction. Mike Double :   « On voyait d’énormes souffles de baleines partout où on regardait. On les observait de la surface et on se disait « mon Dieu, elles sont immenses ! », et après on réalisait qu’on n’en voyait en fait que la moitié. Ce sont des animaux extraordinaires. »   Les scientifiques pensent que les baleines s’étaient rassemblées à cet endroit pour chasser des essaims de crevettes. Pour l’instant, ils ne comprennent pas pourquoi ces animaux échangent des messages à des distances aussi énormes, mais ils pensent que lorsqu’il s’agit d’alimentation, les appels sont de courte distance uniquement.

Lors de cette expédition de six semaines, les chercheurs ont enregistré plus de 40 000 chants de baleines bleues. L’un des objectifs de cette mission est de comprendre comment ces mammifères se remettent de décennies de chasse à la baleine en Antarctique. Il ne resterait plus que 2 300 baleines bleues dans l’océan, selon la Commission baleinière internationale. Mike Double :   « On sait qu’environ 360 000 baleines bleues ont été tuées dans la première moitié du XIXe siècle. On pense que l’espèce est en train de s’en remettre, mais c’est très lent, alors on essaie de voir si c’est vraiment le cas. »  Les scientifiques feront part de leurs premières observations lors de la réunion de la Commission baleinière internationale en mai prochain, à San Diego.

Source :  radioaustralia.net.au (12.03.15) Source photo :  wikimedia.org 

 

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