Tahiti – Sauvetage risqué d’une jeune baleine à Tautira

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Une jeune baleine a été secourue mercredi dans le lagon de Tautira où elle s’était retrouvée bloquée. Si les personnes qui l’ont aidé à reprendre le large ont eu le bon réflexe en prévenant les autorités, elles n’ont pas respecté les consignes et auraient pu blesser l’animal.

Mardi une jeune baleine a profité d’une vague pour franchir le récif de Tautira et rentrer dans le lagon. Il est probable qu’elle cherchait à se mettre en sécurité d’un prédateur mais l’endroit choisi n’était pas le plus approprié puisque pas assez profond. Les témoins de la scène ont prévenu la direction de l’environnement et l’association de protection des cétacés Mata Tohora. Mercredi, d’après un témoignage rapporté à la présidente de l’association, Agnès Benet, la baleine a été remise à l’eau par des habitants. Reste que si l’animal a pu retrouver le large en sortant par la passe, son sauvetage n’a pas été effectué en respectant les règles de sécurité. D’après un témoin, c’est en tirant sur les nageoires que les sauveteurs improvisés ont réussi à la sortir le jeune spécimen de ce mauvais pas. Une bonne intention malheureusement très risquée qui aurait pu gravement blesser l’animal. Mata Tohora profite donc de l’issue heureuse de cet incident pour rappeler les consignes en cas d’échouage d’un cétacé.

  • Prévenir la Direction de l’Environnement et la Municipalité concernée afin d’organiser l’intervention ou prévenir l’association Mata Tohora qui se chargera de communiquer avec les autorités compétentes (notamment en dehors des horaires d’ouverture).
  • Pour faciliter l’intervention, signaler le lieu exact, l’accessibilité et si possible prendre des photos et identifier l’informateur.

Si l’animal est mort :

  • Pour des raisons de sécurité et de salubrité publique, un périmètre de sécurité est aussitôt mis en place par les services techniques communaux. En effet, les carcasses en putréfaction hébergent un réservoir bactérien important. De plus des micro-organismes pathogènes portés par les mammifères marins sont présents dans la salive, l’air expiré, le sang, les urines, matières fécales et les différents organes.
  • Des personnes référencées et habilités réaliseront des prélèvements selon un protocole défini et tenteront d’identifier l’espèce et les causes de l’échouage, selon l’état de décomposition de l’animal.
  • Toute manipulation doit se faire avec des gants par des personnes habilitées.
  • Il est interdit de prélever les dents, les vertèbres ou autres parties de l’animal. 

Si l’animal est vivant :

  • Faire attention à la caudale et aux projections provenant de l’évent. Les grands cétacés échoués sont capables de mouvements imprévisibles qui peuvent présenter un danger.
  • Ne jamais tirer ou lever un animal par ses nageoires

Les bons gestes :

  • S’assurer de la vivacité de l’animal en vérifiant le rythme cardiaque (1 à 3 respirations par minute ; celui-ci augmente avec le stress), l’émission de vocalisations (diminue avec le stress).
  • Examiner son état d’embonpoint (flancs et arrière de la tête creusés, saillies osseuses des côtes, etc) présence ou pas d’écoulement par les orifices naturels…
  • Sur le sable : positionner l’animal sur le ventre en faisant attention aux nageoires. Creuser des trous sous les nageoires pectorales (sur le coté)
  • Sur les rochers, l’animal pourra être laissé temporairement sur le flanc ou au mieux être placé sur un matelas.
  • Maintenir la peau humide et la protéger du soleil à l’aide de draps ou de serviettes mouillés.
  • Protéger l’évent (les narines) et les yeux des projections d’eau ou de sable.
  • Limiter le stress : Demander aux personnes présentes de parler à voix basse, d’éviter les mouvements brusques
  • Éloigner, en dehors du périmètre de sécurité, toutes personnes n’ayant pas d’intervention à faire autour de l’animal : Ne pas créer d’attroupement pour éviter le stress supplémentaire de l’animal.
  • Éloigner les animaux domestiques en dehors du périmètre de sécurité.

Pour procéder au renflouage :

  • La mise à l’eau est réalisable uniquement pour les petits cétacés.
  • Un matelas, un brancard et une embarcation faciliteront le transport vers la mer.
  • Si le poids de l’animal et le nombre d’intervenants le permet, procéder en soulevant l’animal en plaçant les mains sous le ventre, la tête et le pédoncule caudal. Mais ne jamais lever par les nageoires.
  • Le trajet s’effectue à faible vitesse pour limiter le stress par le bruit et les vibrations.
  • Une fois à l’eau, soutenir l’animal jusqu’à ce qu’il retrouve un équilibre et des mouvements volontaires pour respirer hors de l’eau et nager.
  • Ne jamais agir seul. Pour des raisons d’hygiène, toutes les manipulations doivent se faire avec des gants.

 

Source et capture d’écran : radio1.pf, le 10/08/2016

 

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