Pitcairn: un drone marin pour surveiller la nouvelle réserve marine

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La Grande-Bretagne crée une réserve marine protégée de 830 000 km carrés autour de l’île de Pitcairn. C’est le 2ème sanctuaire marin le plus grand du monde. 

L’annonce officielle a été faite jeudi par le gouvernement britannique à la conférence mondiale « Our ocean » (notre océan), qui s’est tenue à Washington.

 Les habitants de Pitcairn ont organisé une cérémonie de lever du drapeau sur leur île pour saluer la création de ce sanctuaire marin.

Ils sont enchantés, ils ont soutenu le projet dès le départ. Ils conservent leurs droits de pêche autour de l’île. Et ils tirent une vraie fierté d’être les propriétaires coutumiers de l’île et des eaux qui l’entourent », a déclaré Jonathan Sinclair, le haut-commissaire (équivalent de l’ambassadeur) britannique auprès du Samoa, de la Nouvelle-Zélande, et gouverneur de Pitcairn, sur ABC Radio Australia.

 Les habitants de Pitcairn espèrent aussi recevoir plus de touristes, attirés par la pureté écologique de la région. 1249 espèces vivent dans ce sanctuaire marin, dont deux qui sont uniques au monde – une espèce de poissons-écureuils et une de poissons-papillons.

Bien entendu, l’exploitation minière des fonds marins et la pêche industrielle sont prohibées dans cette nouvelle réserve marine protégée. De toutes les façons, les eaux de Pitcairn n’ont jamais attiré beaucoup de flottes de pêche industrielle.
Pour faire respecter ces interdits, il faudrait patrouiller ces 830.000 km carrés en bateau. Une mission très chère, et pas nécessairement efficace.

Depuis juin 2015, le gouvernement britannique a donc testé un dispositif pilote dans les eaux de Pitcairn, avec le soutien de l’ONG de protection de l’environnement Pew Charitable Trusts, et de la fondation de conservation marine suisse Bertarelli.

« Nous avons utilisé un drone marin de surveillance, financé par la fondation Bertarelli, explique Jonathan Sinclair. Il fonctionne grâce à une batterie solaire, et il patrouille l’océan à la recherche de bateaux. Grâce à ce drone et à une technologie satellitaire fournie par l’entreprise Catapult, et j’ai la joie de vous dire que nous n’avons pas découvert beaucoup de bateau, et certainement pas de bateau de pêche illégal. Parallèlement à ce système, la Grande-Bretagne a débloqué 35 millions de dollars australiens (2.8 milliards de francs CFP) pour développer de nouvelles technologies de surveillance. »

Ces 18 derniers mois, les annonces de sanctuarisation de morceaux d’océan se sont multipliées dans le monde, émanant entre autres des États-Unis, du Chili, des Palau, et de la Grande-Bretagne. Malgré cela, aujourd’hui, seuls 3% de la superficie des océans sont protégés. Nous sommes encore loin du compte, estime Seth Horstmeyer, le responsable du projet « Global ocean legacy », mené par l’ONG Pew Charitable Trusts :

« Nous venons d’avoir le congrès mondial de la nature, organisé par l’UICN (à Hawaï). Il a lieu tous les 4 ans, et il est très important, parce qu’il nous donne une feuille de route pour les 4 années à venir. Au congrès, 88% des représentants des gouvernements du monde entier qui étaient présents, et 94% de ceux des ONG, ont voté pour une motion qui recommande de protéger 30% des océans. Nous continuerons à travailler à convaincre les gouvernements qui sont encore réticents de créer des sanctuaires marins. »

Selon l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), protéger 30% de l’habitat marin d’ici 2030, c’est le minimum que nous devons faire « pour inverser les effets néfastes actuels, accroître la résilience au changement climatique et préserver à long terme la santé des océans », souligne l’organisation.

Source et capture d’écran : radioaustralia.net.au, le 19/09/2016

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