Le rorqual commun sort la tête de l’eau

L’UICN a procédé à la mise à jour de sa liste rouge des espèces menacées ce mercredi 14 novembre et pour certaines espèces, comme le gorille des montagnes, les nouvelles sont plutôt bonnes. Le rorqual commun – Balaenoptera physalus – fait également partie de ceux-là avec une population mondiale doublée en 50 ans.

Environ 100 000 rorquals communs matures en 2018

Les mesures de protection mises en place pour le rorqual commun sont une réussite ! L’espèce est passée de la catégorie « en danger » à « vulnérable » à l’extinction. Le nombre exact de Balaenoptera physalus est difficile à estimer mais des projections semblent indiquer que sa population est en augmentation et a même doublé pour atteindre aujourd’hui environ 100 000 Balaenoptera physalus matures.

L’espèce avait fait l’objet d’une importante chasse commerciale pour sa graisse et son huile de la fin du XVIIIème siècle à 1976, date où la chasse à la baleine a été internationalement interdite. Toutefois, l’UICN précise que des captures se sont poursuivies dans l’Atlantique Nord jusqu’en 1990 et que l’Islande et le Japon semblent poursuivre de manière irrégulière et illégale cette pratique sans toutefois que cela n’empêche la croissance de l’espèce. Une croissance somme toute relative, les baleines ayant un faible taux de reproduction avec la naissance d’un petit généralement tous les deux ou trois ans. Il faudra bien longtemps au rorqual commun pour recouvrer une population mondiale équivalente à celle précédent sa chasse. On estime qu’en 2018, la population mondiale équivaut environ à 30 % de l’effectif de 1940. Mais le constat est là, la fin des captures a permis à l’espèce d’être à nouveau en augmentation.

Bonne nouvelle pour une sous-population de la baleine grise

Autre cétacé concerné par la mise à jour de la liste rouge UICN, la sous-population occidentale de la baleine grise, Eschrichtius robustus. Bien que l’espèce ne soit pas considérée comme menacée, sa sous-espèce de l’Ouest était classée en « danger critique d’extinction » jusqu’ici. Elle est à présent transférée dans la catégorie « en danger d’extinction » en raison de l’augmentation de sa population dans l’Ouest du Pacifique et particulièrement près de la Russie. L’institution internationale précise d’ailleurs dans son communiqué qu’un mémorandum de coopération concernant les mesures de conservation de la population de baleines grises de l’Ouest a été signé par le Japon, la Fédération de Russie, la République de Corée, les États-Unis et le Mexique, cinq pays de son aire de répartition, ce qui aurait permis à l’espèce d’aller mieux aujourd’hui.

Après la chasse, de nouvelles menaces se profilent

Mais si ces deux cétacés ont pu – en partie – se reconstruire grâce à l’interdiction de la chasse, d’autres menaces pourraient freiner leur croissance. En tête de liste, les collisions avec les navires et l’enchevêtrement dans des filets de pêche. Le rorqual commun est la seconde espèce la plus grande au monde après la baleine bleue et l’une des plus rencontrées lors des collisions en mer. L’extraction d’hydrocarbure offshore et le réchauffement climatique sont d’autres perturbations qui pourraient causer dans l’avenir de sérieux dégâts aux deux espèces. En Méditerranée, par exemple, les scientifiques ont mesuré que lors des naissances de rorquals communs, la température de l’eau est toujours comprise entre 15 et 18 °C. L’augmentation de quelques degrés pourrait pousser les cétacés à renoncer à se reproduire ou à différer les mises-bas. Des conséquences qui remettraient en cause les efforts et les résultats de ces dernières années.

Source : Espèces menacées – Publié le 15 novembre 2018
Photo de une : Pixabay

 

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