Une série d’échouages massifs de cétacés inexpliqués en Nouvelle-Zélande

Deux colonies de globicéphales noirs, aussi appelés dauphins pilotes, se sont échouées en Nouvelle-Zélande en moins d’une semaine. Un grand cachalot et une dizaine d’orques pygmées ont aussi péri dans le secteur cette semaine.

La série noire continue. Plusieurs dizaines de globicéphales noirs (entre 80 et 90) se sont échoués jeudi sur une plage de Chatham Islands, en Nouvelle-Zélande. Si quelques dizaines ont réussi à repartir en mer, une cinquantaine d’animaux sont morts.

Ce nouvel événement survient moins d’une semaine après une autre triste découverte faite par un simple randonneur dimanche dernier sur une plage de l’île de Stewart, au sud du pays. Près de 150 globicéphales noirs étaient échoués sur le sable, dont une moitié était encore en vie. Il y en avait presque autant que l’île compte d’habitants ! Ce petit territoire reculé abrite en effet un unique village, Oban, de moins de 400 âmes.

Mercredi, ce sont près de trente individus qui se sont échoués sur une plage de l’extrême sud-est australien avec une baleine à bosse.

Reconnaissables à leur couleur noire parfois teintée de brun, les globicéphales sont aussi appelés dauphins-pilotes. Présents en Méditerranée, dans les eaux froides de l’Atlantique et des océans Indien et Pacifique, ce sont en effet des cousins des baleines et du dauphin (ils appartiennent à la même famille des delphinidés). C’est l’un des plus grands cétacés à dents : à l’âge adulte, ces animaux mesurent généralement entre 4 et 6 mètres pour un poids allant jusqu’à 3 tonnes. Raison pour laquelle il lui est très difficile de retourner seul en mer en cas d’échouage.

De manière plus triste encore, c’est le caractère éminemment sociable de ce cétacé qui explique l’ampleur de ces échouages. Les globicéphales noirs vivent le plus souvent en groupe de 6 à 20 individus, mais ils se rejoignent régulièrement pour former de grands rassemblements de plusieurs dizaines de cétacés.

Il était malheureusement impossible de sauver les individus encore en vie. « La distance, le manque de personnel sur place et l’état des dauphins, nous ont amenés à faire ce qui était le plus humain : les euthanasier », explique Ren Leppens, haut fonctionnaire du ministère de la conservation sur l’île de Stewart.

Perturbation du champ magnétique

Dans cette partie du globe, les échouages sont fréquents. Les autorités recensent en moyenne 80 cas par an. La plupart du temps, un seul animal échoue à la fois. Dans la nuit de samedi à dimanche, un grand cachalot avait par exemple péri à Doubtess Bay, baie située sur la côte nord-est du pays. Mais les échouages groupés ne sont pas rares non plus. Dimanche, une dizaine d’orques pygmées se sont retrouvées coincées sur une plage de l’île du Nord. Deux étaient déjà mortes au moment de leur découverte. Les autorités tentaient encore ce mardi de remettre en eau les huit autres.

Les causes exactes de tous ces échouages restent souvent mystérieuses. Ils peuvent être dus à des maladies, à des erreurs de navigation, à la marée descendante, à une météo défavorable ou être provoqués par la peur d’être poursuivis par un prédateur.

Selon Willy Dabin, biologiste à l’université de La Rochelle et chargé de la coordination du suivi des échouages en France à l’Observatoire PELAGIS, « les échouages massifs ne sont pas rares dans cette zone du globe. Peut-être que nous sommes dans une zone où le champ magnétique est perturbé ce qui déréglerait le sens de l’orientation des globicéphales noirs. Il s’agit peut-être sinon d’une perturbation topographique. »

Les globicéphales noirs utilisent en effet les sons qu’ils émettent et qui leur reviennent pour se repérer en mer (l’écholocation). Les fonds marins en Nouvelle-Zélande pourraient constituer une zone acoustique particulière renvoyant des informations compliquées à interpréter pour le leader de la colonie qui dirige le reste du groupe.

Les globicéphales noirs, qui suivent leur leader, pourraient ainsi se tromper et se précipiter vers la plage en pensant s’engouffrer dans l’océan. Mais cela reste à démontrer.

Source : Le Figaro – Publié le 30 novembre 2018
Photo de une : Pxhere

 

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