Il ne reste plus que 10 individus de marsouins du Pacifique : cette espèce risque de s’éteindre à jamais très rapidement

Le marsouin du golfe de Californie, ou marsouin du Pacifique (Phocoena sinus), localement appelé vaquita marine (ou simplement vaquita) est un petit marsouin vivant uniquement dans les eaux mexicaines, et il s’agit du mammifère marin le plus rare au monde. Malheureusement, à l’heure actuelle, il s’approche très dangereusement de l’extinction.

Selon un nouveau rapport, il ne reste que 10 de ces animaux, ce qui signifie que nous sommes presque assurés de les perdre pour toujours. Le marsouin du Pacifique mesure environ 1.50 m de long, et pèse en moyenne une cinquantaine de kilogrammes. Son corps gris est plus foncé sur le dos que sur le ventre, ainsi qu’autour des yeux et de la bouche. Ce mammifère n’est connu que depuis 1958, et vit dans le golfe de Californie, le bras de mer situé entre la Basse-Californie et le reste du Mexique.

Ces marsouins sont aujourd’hui en danger critique. En effet, ces cétacés sont les plus petits et les plus menacés de la planète. En 2017, il restait environ 30 individus. Mais aujourd’hui, ils ne sont plus que 10.

Dans un nouveau rapport, le Comité International pour le Rétablissement de la Vaquita (CIRVA) expose ses conclusions et appelle le président mexicain, Andrés Manuel Lopez Obrador, à prendre des mesures urgentes pour protéger cette espèce.

« Compte tenu de la gravité de la situation actuelle, nous vous écrivons pour vous demander de prendre des mesures immédiates pour sauver l’espèce de l’extinction », écrivent-ils. « La vaquita est au bord de l’extinction et, à moins que des mesures ne soient prises maintenant, l’espèce sera perdue dans quelques mois ou quelques années au cours de votre administration », ont-ils ajouté.

Malheureusement, la survie de la vaquita est menacée par la demande d’une autre créature qui partage son habitat : le poisson totoaba. Ces poissons sont en danger critique : ils sont capturés illégalement à l’aide de filets, pour leur vessie natatoire (qui se présente comme un sac à paroi mince et rempli de gaz. Il s’agit d’un organe des poisson osseux qui détermine la profondeur à laquelle le poisson flotte dans l’eau, et lui permet ainsi de se mouvoir à la profondeur souhaitée, tout en ajustant sa densité à celle de l’eau dans laquelle il vit), qui peut rapporter jusqu’à 46’000 dollars le kilogramme au marché noir. Elle est séchée et introduite en contrebande en Chine, par des groupes criminels.

Les vaquitas font partie des dommages collatéraux du processus de braconnage des poissons totoaba. En effet, ces derniers se prennent également dans les filets des braconniers. Bien que le gouvernement mexicain ait pris des mesures pour atténuer le déclin de l’espèce, comme la création d’une zone de refuge pour vaquitas, cela n’est pas suffisant pour enrayer les pratiques de pêche à l’origine de sa disparition.

« Nous soulignons que le seul espoir restant pour la vaquita est d’éliminer toutes les activités de pêche au filet maillant dans la zone où les dernières vaquitas vivent encore », écrivent les chercheurs. « Ce n’est pas une tâche impossible, car la zone à protéger n’est pas vaste », ont-ils ajouté en avertissant que la pêche illégale se développait, et que les auteurs de ces actes devenaient de plus en plus violents envers ceux qui retiraient les filets, soit les pêcheurs légaux et la marine mexicaine.

Malheureusement, il y a quelques jours à peine, le 12 mars 2019, les filets maillants illégaux ont fait leur première victime, alors que le groupe de conservation Sea Shepherd a découvert un vaquita pris au piège dans un filet à l’intérieur du supposé refuge à vaquitas.

« Le gouvernement mexicain les sauvera, et décidera s’il souhaite prendre des mesures plus fermes pour protéger les vaquitas de l’extinction. Si les mesures nécessaires ne sont pas prises, les vaquitas rejoindront la longue liste des espèces disparues dans l’histoire à cause de l’Homme », ont-ils expliqué. « Mais il y a encore de l’espoir. Les vaquitas produisent toujours des bébés et les animaux restants sont en bonne santé », ont-ils ajouté.

Source : Trust my science – Publié le 19 mars 2019
Vidéo de une : Youtube

 

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